COP21 : Problématiques et enjeux

La COP21, c’est la 21ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui aura lieu cette année à Paris du 30 novembre au 11 décembre. L’objectif ? Y prendre des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique. Par conséquent, elle soulève de nombreux enjeux. En effet, les 196 parties de la COP21 (195 états et l’Union Européenne) se doivent d’agir pour la planète de manière concrète : ils doivent livrer leur contribution nationale d’atténuation ou d’adaptation.

Les mesures d’atténuation (des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique) comportent trois leviers : les économies d’énergie, le remplacement des ressources fossiles par des ressources renouvelables et la séquestration du carbone. Quant à l’adaptation, c’est la manière dont les Hommes vont devoir faire face aux conséquences du réchauffement climatique ; qu’il s’agisse des zones littorales menacées par la submersion ou de la gestion des ressources en eau, tous les États sont concernés. La France a d’ailleurs créé des plans nationaux d’adaptation au changement climatique. Les pays du sud, en revanche, plus menacés et plus pauvres sont moins bien armés face aux problèmes qu’engendrent et engendreront le réchauffement climatique. Les catastrophes naturelles et la rareté des ressources ne pourront qu’empirer leur situation économique déjà difficile. Là se situe un des principaux enjeux de la COP21.

Ainsi, la différenciation entre pays émergents et pays développés est au cœur des débats. Il s’agit d’équilibrer les efforts demandés aux pays. En effet, il y a d’un côté les pays émergents qui se plaignent que les pays développés leur demandent d’arrêter de polluer alors que c’est ainsi qu’ils ont construit leur puissance et de l’autre côté ces pays riches, qui ne souhaitent plus distinguer les pays développés des pays émergents dans la mesure où la Chine est le 1er pollueur mondial et l’Inde le 3ème. Le consensus semble donc plutôt difficile à trouver.

C’est pourquoi on surnomme la COP21 la « conférence de la dernière chance » ; c’est également parce que les précédentes COP n’ont pas abouti à grand-chose. Face à la réticence de chacun d’agir sous prétexte que le voisin fait pire se trouvent ces constatations, indéniables : selon le GIEC (le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), la température moyenne du globe a augmenté de 0,85°C depuis 1880. Une hausse de 0,3 à 4,8 °C est prévue à l’horizon 2081-2100 par rapport à la période 1986-2005. Ce réchauffement climatique s’accompagnera d’une augmentation du niveau moyen des mers de 26 à 98 cm d’ici la fin du siècle, ce qui provoquera la fonte des glaces, une augmentation des vagues de chaleur, des sécheresses, des pluies diluviennes… Sans compter la sécurité alimentaire qui sera de plus en plus menacée et l’extinction des espèces qui s’intensifiera.

Pour éviter des dégâts supplémentaires qui seraient irréversibles, il ne faut pas que la hausse de température globale dépasse 2°C supplémentaires. Pour éviter de dépasser ce seuil, les émissions de gaz planétaires doivent diminuer de 40 à 70% d’ici à 2050, et totalement disparaître d’ici la fin du siècle.

Cela peut sembler impossible à mettre en place, compte tenue de l’utilisation massive et croissante des énergies fossiles, responsables de 80% des émissions mondiales de CO2. De plus, les frais d’exploitation des ressources hydrocarbures devenant de plus en plus difficiles, les États ont tendance à subventionner les compagnies gazières et pétrolières. L’OCDE estime à 500 milliards de dollars l’aide annuelle des États à la production et consommation d’hydrocarbures, ce qui est 5 fois le montant des aides allouées aux filières renouvelables.

Sans ces subventions, le prix des énergies fossiles augmenterait, ce qui valoriserait grandement les énergies renouvelables et permettrait donc une diminution des émissions de gaz à effet de serre. Cette simple réalité ne semble pourtant pas aussi facile à appliquer ; en effet, les investissements de la Banque Mondiale dans les énergies fossiles ont augmenté de 32% entre 2012 et 2014 alors que ceux pour les énergies renouvelables n’ont augmenté que de 0,3%.

Il est évident que la transition énergétique est indispensable. Elle est néanmoins difficile à réaliser dans un monde où le pétrole représente la première source d’énergie au monde. Mais comme l’a souligné M. Pachauri, président du GIEC de 2002 à 2015, « Il y a un mythe selon lequel l’action climatique coûtera très cher, alors que l’inaction coûtera beaucoup, beaucoup plus cher ». En effet, les 196 États de la COP21 se sont engagés à consacrer 100 milliards de dollars par an à cette transition énergétique, ce qui peut sembler énorme mais ce n’est rien comparé aux 2000 milliards de dollars de coûts que le réchauffement climatique s’apprête à engendrer. Mettre fin aux subventions qui soutiennent la production d’énergies fossiles (le désinvestissement) aiderait déjà grandement à la réalisation des objectifs de la COP21…

N.B.

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