Scandale de l’étiquetage des produits israéliens: une mini-crise diplomatique

Le 11 novembre dernier, à Bruxelles, la Commission Européenne a décidé de mettre en œuvre l’étiquetage des produits importés des colonies israéliennes des territoires palestiniens occupés depuis 1967, à savoir la Cisjordanie, le plateau du Golan et Jérusalem-Est. Selon le communiqué officiel, les 28 Etats membres devront, dorénavant, préciser la provenance des produits originaires d’Israël. Ainsi, les biens concernés devront porter une étiquette comprenant le mot « colonie ». Les produits visés seraient les fruits et légumes, le vin, le miel, l’huile d’olive ou encore les cosmétiques. Selon les estimations de la Commission, le tout équivaut à moins du 1% des échanges commerciaux entre l’UE et Israël, soit 154 millions d’euros. D’après l’Union Européenne, l’objectif n’est autre que d’informer le consommateur européen des produits qu’il consomme.

Mais la décision passe mal du côté israélien qui s’y oppose formellement. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a vite fait connaître son point de vue : selon lui, l’Union Européenne « devrait avoir honte » de cette décision. D’ailleurs il n’a pas hésité à faire référence aux souvenirs du nazisme et à l’antisémitisme en qualifiant cette action d’ « immorale ».

« Alors qu’il y a des centaines de conflits territoriaux à travers le monde, (l’UE) a décidé de s’en prendre seulement à Israël, alors qu’Israël combat le dos au mur contre une vague de terrorisme », a aussi regretté le premier ministre, alors en visite aux Etats-Unis.

Face à cet étiquetage, Israël craint que cette décision n’encourage le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanction) de plus en plus soutenu, et à l’encontre de l’Etat hébreu. Mouvement, qui lui, se réjouit de cette décision « qui montre que les gouvernements européens réagissent à l’opinion publique, aux campagnes de la société civile comme à l’intransigeance israélienne ». Mahmoud Nawajaa, coordinateur général du BDS palestinien, a ajouté que « mettre en place quelques étiquettes sur un petit nombre de produits israéliens n’est pas une réponse à la mesure des crimes de guerre israéliens continus ».

Mais du côté européen, suite à la suspension d’une série de discussions  en cours avec Israël concernant le Moyen Orient annoncé par la vice-ministre israélienne, Tzipi Hotovely, l’Union Européenne s’efforce d’atténuer la portée de sa décision, en insistant sur le fait que « c’est une question technique, pas une prise de position politique » et qui n’a rien à voir avec un boycott des produits israéliens. La décision reste aussi discutée et critiquée en Europe. « Au lieu de tout faire pour apaiser et chercher à résoudre le conflit israélo-palestinien, la commission européenne a pris une décision politique stigmatisante et humiliante qui va assurément tendre les relations de nos pays avec Israël et complexifier le processus de paix » a analysé Christian Estrosi, maire de Nice ; Les Etats-Unis, de leur côté, ont fortement incité l’Union Européenne à ne pas mettre en place la mesure.

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