Vos Messages – 13 Novembre 2015

« Je m’apprêtais à finaliser l’article sur le match des Pointeurs quand j’ai appris ce qu’il se passait à Paris, sur la route pour rentrer chez moi à Lille. Au début, j’ai cru à un événement isolé avec une fusillade, puis deux puis trois… Ainsi l’inquiétude m’a gagné, pensant irrémédiablement à une attaque terroriste, en lien avec les bombes ayant été déclenchées à proximité du Stade de France. Les différents médias ont confirmé les craintes des français, une nouvelle attaque terroriste, dix mois après celle de janvier… Je ressens un poids en moi, pour mes proches, mes camarades, mon pays, qui sont touchés par cet événement. Je pense que nous sommes tous très affectés… La gorge nouée, un mal de tête ce matin en me levant à la pensée de ces attentats, mes plus plats sentiments vont aux victimes ainsi qu’à leurs proches ainsi qu’à mes camarades qui ont du être choqués tout comme moi par l’ampleur de cette tragédie. J’espère que ces massacres finiront un jour, en attendant, soyons forts dans cette douloureuse période. »

-Florian T.

« Fluctuat Nec Mergitur – Le bateau tangue mais ne sombre jamais. Avec ces mots en tête je me réveille et me rend compte que les horreurs de la veille sont bien réelles, et non pas un simple cauchemar. La devise de Paris se doit d’être notre devise à tous aujourd’hui et pour les jours à venir. Nous ne sombrerons pas dans la colère et la peur. Nous devons être uni face à ces résidus d’hommes. Ils ne représentent pas de religion. Ils ne représentent pas de pays. Ils représentent la bêtise humaine dans sa forme la plus développée. Ils veulent nous faire peur, nous terroriser. Ils sont peu, nous sommes des millions. Nous nous sommes relevé une première fois, nous nous relèverons une deuxième fois. La France tangue aujourd’hui, toujours plus de questions viennent se bousculer dans nos têtes. Pourquoi faire ça? Comment peut-on? Quelle sera la suite? Il faut être sur d’une chose. Soudés, nous les vaincrons, j’en suis persuadé. Fluctuat Nec Mergitur – Le bateau tangue mais ne sombre jamais. »

-Oscar K.

« Vendredi soir, une fois de plus, un drame a frappé Paris, a frappé la France et toutes les valeurs de liberté qu’elle porte, a frappé le monde et l’humanité. L’année 2015 a commencé sur les « attentats de Charlie Hebdo » et se termine –ou se poursuit, qu’en savons-nous ?– sur de nouveaux actes de barbarie en ce 13 novembre. Hier soir dès la première notification m’informant des attentats, j’ai allumé la radio et suivi le déroulement des événements. Le bilan des victimes ne cessait de s’alourdir, d’abord 18 victimes puis 20, puis, 30, 60 jusqu’à plus de 110. Les interviews des témoins à la radio étaient bouleversantes, des hommes, des femmes et des enfants qui se retrouvent forcés à se jeter au sol dans la rue pour éviter les nuées de balles, les terroristes qui criaient et achevaient les passants un à un, de sang-froid. Sortir un soir pour se détendre d’une longue semaine et se retrouver comme dans une situation de guerre, comme sur un champ de bataille mais où seuls certains ont les armes. Il est difficile de classer ses attentats par leur degré de violence et d’injustice, mais nous sommes dans deux situations différentes. En janvier, les journalistes et dessinateurs de l’hebdomadaire Charlie Hebdo étaient visé sous prétexte d’une atteinte à l’Islam et au prophète Mahomet, ce qui n’était bien sûr qu’un prétexte car aucune religion de ce monde ne prône le meurtre. Aujourd’hui, c’est encore pire, les victimes étaient de simples civils, des personnes sorties un vendredi soir dans Paris pour aller à un concert, au restaurant, fêter un anniversaire, etc. cela aurait pu être chacun de nous. Ces attentats étaient planifiés, synchronisés, tout était organisé pour faire un maximum de dégâts, pour tuer un maximum de personnes. Je tente en vain de comprendre les motivations de ces monstres. Il doit falloir une motivation pour être prêt à sacrifier sa vie dans un attentat. Mais lequel ? Une volonté de destruction ? D’anéantissement ? Comment un être humain peut-il souhaiter cela ? Ces attentats sont l’œuvre d’êtres inhumains, de personnes manipulées, aveuglées par une haine qu’on leur a injectée. Nous n’avons pas été attaqués par des humains mais par des idées et c’est ce qui rend encore plus difficile notre lutte car on peut arrêter un homme mais les idées sont volatiles. Comment agir ? Comment faire de la France un lieu plus sûr ? Les messages pour la France fusent du monde entier, les hommages aux victimes, les couleurs de notre République affichées sur les plus grands monuments du monde, les mobilisations, sur les réseaux sociaux, dans la presse. Le monde entier défend nos valeurs. Nous ne sommes pas seuls et nous finirons par gagner. Restons debout. Vive la France. »

-Léa G.

« Vendredi soir ils s’en sont pris à nous, à chacun d’entre nous. En France ça nous a touchés, et ça nous touchera toujours. Mais nous ne sommes pas seuls. Partout dans le monde des personnes ont montré leur soutien, leur force. Ils ont montré que nous ne sommes qu’un, et que notre solidarité est plus forte que leurs attaques. Nous sommes chez nous et ne devons pas perdre espoir face à ces monstres. Nous devons pouvoir compter les uns sur les autres, rester unis et solidaires. Ils peuvent faire du mal autours d’eux, mais jamais ils ne comprendront à quel point nous sommes unis. Et jamais il ne nous ferons taire. Les terroristes ne gagneront jamais. »

-Soizic C.

« J’ai toujours aimé écrire mais je le fait rarement. La dernière fois que j’ai pris ma plume c’était le 7 janvier 2015, c’était nécessaire il le fallait. Je devais écrire ce que je ressentais, écrire que la liberté est une valeur qui restera ancrée dans le cœur des français, dans mon cœur. Je ne pensais pas devoir la reprendre dans ces conditions, encore. Cette fois je ne peux pas hurler ma foi en la liberté, en nos valeurs, car ce ne sont ni l’une ni l’autre qui ont été attaquées hier. C’est Paris, la France et le peuple français qui ont été attaqué. Ce sont des gens qui sortaient boire un verre, voir un concert, des étudiants, des parents, des frères et des sœurs qui ont été attaqué. Des civils. Qui ont été attaqués. Pour moi Paris ça a toujours été, avant tout, la ville de la poésie, la ville de tant de poètes ; Apollinaire, Jim Morrison, Allen Ginsberg, Baudelaire, pour ne citer qu’eux ; qui ont erré dans ces rues le soir, comme tant de personnes hier. Qui ont erré dans ces rues. Qui ont admiré la beauté de ces rues. Qui ont ris et qui ont vécus dans ces rues. Paris la belle. Ce sont ses rues remplies le soir. Gonflées par la musique. Enchantées par l’amour. Ce sont ses bancs où les amants s’enlacent et s’embrassent. Hier c’est cela qui a été attaqué, ensanglanté, souillé. Mais, il ne faut pas céder à la peur aujourd’hui, ni demain. Paris c’est la ville de l’amour, non pas de la peur et encore moins de la haine. Nous devons nous battre pour que Paris reste la ville des artistes, de la musique, de la peinture, de l’inspiration. Il faut, au lendemain de ce vendredi 13, que Paris chante plus fort son amour, exhibe d’autant plus sa beauté. Mais surtout, qu’elle crie de tous ses poumons sa rage de vivre. »

-Lucy P.

« Je vous prie d’avance d’excuser ces quelques mots d’égoïsme. Maladroits, et égocentrés, sortis d’un besoin irrationnel d’exprimer l’inexprimable. Analyser ce qu’on ressent, poser des mots sur des émotions paraît difficile, surtout lorsqu’on n’est maintenu éveillé que par la lumière bleue des banderoles d’informations d’une chaîne télévisée, par les bruits incessants du téléphone, ou par son silence, angoissant, qui vous enferme et vous retourne l’estomac, est difficile, impossible sur le moment. Et ça me paraît toujours affreusement compliqué maintenant, alors que j’ai toujours l’impression que tout ça n’est pas réel, tant la violence montrée, le choc et la douleur ressentis forment un mur entre la réalité et moi. Compter les moutons est impossible, pas quand cette inquiétude pour votre pays, pour cet endroit si familier qu’est Paris, pour ces gens qui vous sont pour la plupart inconnus mais qui sont, indéniablement, le fils, la fille de quelqu’un vous tord le ventre, alors on se contente de voir d’un air hagard le chiffre à l’écran grimper, de fouiller Internet à la recherche d’un vrai bilan, actualiser ce putain de direct qui n’est pas si direct que ça, mais de toute manière ça ne sera jamais assez rapide, pas dans ces moments là. Et on se sent terriblement seul, isolé. On est terrorisé, pas vrai ? C’est ce qu’ils veulent, de toute façon, et ils réussissent, toujours. Il serait inconscient de ne pas avoir peur, non ? On se dit rationnellement, que c’est toujours pire pour d’autres, mais on ne peut s’empêcher de se soucier des siens, de ceux à qui on tient, à ceux qu’on voudrait protéger par dessus tout. Alors on reprend le téléphone en main. On les visualise tous encore, pas vrai, ces petits messages inquiets qu’on a envoyé, à bidule qui devait aller boire un verre, à machin qui habite dans le coin, à cet ami qui a pour habitude d’errer dans ces rues le vendredi soir, à cette vague connaissance. Et on s’oublie, un peu. Jusqu’à ce qu’on vous réveille, qu’on vous rappelle et qu’on vous demande à vous, si ça va. Je ne me risquerais pas à analyser ce qu’il s’est passé, à partir dans des explications, tout a déjà été dit dans ce que j’ai pu lire, et bien mieux que ce que me permet ma pauvre plume. Je laisserais seulement un message de courage, en ayant pleinement conscience du vide de ces mots impersonnels. Mais si ce texte vous est d’une familiarité quelconque, quelqu’un l’aura fait à ma place, mieux que moi sûrement. Tout ça pour vous remercier, vous, oui toi derrière ton écran qui te demande ce que tu fais dans mon histoire de gamine, toi qui a passé un moment derrière ton écran à s’assurer que ton camarade de classe allait bien, qui a vérifié que le mec qui en TD d’économie s’assoit toujours près de la porte est bien rentré chez lui, qui a rassuré un ou une sciencespiste éploré(e) (nique le genre), mais surtout ceux qui sont restés debout tard, m’accompagnant dans ma solitude amère, en quête d’informations, qui ont vérifié que tous, moi comprise, allaient bien. En ayant conscience que la douleur est partagée par tous. Aux miens, en fait. Mais pas que. À vous tous, de celui qui a tenté une petite blague, peut-être un peu tôt, cherchant à donner un quelconque réconfort à celui qui s’est juste contenté de vérifier que l’autre était connecté. Parce que vous avez montré qu’au fond, on était tous là les uns pour les autres. Parce que maintenant j’espère que c’est pareil pour tout le monde, et pas limité à un seul IEP. À vous, Courage. »

-Dana S.

« C’était hier. C’était un simple vendredi soir. «Est-ce que tout cela s’est réellement produit ? », « Suis-je en plein milieu d’un cauchemar ? » : ce sont ces questions que j’avais en tête ce matin. Ce fut une longue et terrible nuit. C’est beaucoup de tristesse que j’ai ressenti face à tous ces événements. J’étais triste car j’apprenais la mort de tous ces innocents. J’étais triste car face à tout cela, j’étais impuissante. Comme beaucoup, je me suis très rapidement dirigée vers les réseaux sociaux, sur lesquels on trouvait des annonces de la part de Parisiens offrant un gîte, des publications et photographies d’hommage, de soutien,… Je me suis également tournée vers les médias, qui montraient à la fois l’avancée des événements mais aussi le soutien de la part des différents pays face à ce drame que la France a connu. Ces gestes me remplissent d’espoir… Ces gestes révèlent que les valeurs de l’humanité sont au dessus de tout ça. Nous vaincrons. Et ce, grâce à notre unité, grâce à notre fraternité et grâce à notre solidarité. Ce sont ces valeurs qui nous aideront à lutter contre cet obscurantisme et ce fanatisme. C’était un simple vendredi soir. C’est devenu un vendredi noir. »

-Inaisse C.

« Paris, le vendredi 13 novembre 2015, ne fut que violence, massacre, tuerie, carnage, horreur. Du sang, des corps. Et la mort. Partout. C’est tellement inhabituel que ça paraît irréel, et je dois avouer que j’ai mis du temps à réaliser ce qu’il se passait vraiment. Même voir le nombre de victimes grimper de minutes en minutes sur ma télé ne m’a pas fait prendre conscience de l’ampleur de l’événement. Pour cela, il a fallu que je vois cette vidéo, ce pauvre gars qui trainait désespérément le corps de son pote en criant, laissant une énorme trace de sang derrière lui. J’ai eu envie envie de lui répondre, de crier moi aussi. Hurler au meurtre, au scandale, à l’injustice. Ils tuent pour nous faire peur. Certes, j’ai peur. Impossible de le nier. Nous avons TOUS peur. Mais nous pouvons surmonter cette peur tous ensemble, en unissant nos cris de rage. Nous pouvons triompher grâce à la solidarité. Nous pouvons vaincre ceux qui disent tuer au nom d’Allah alors qu’ils n’ont que la Mort en guise de Dieu. Et nous le ferons. »

-Diego M.

« Depuis que je suis petite, mon père ne cesse de me dire que « dans la vie, il ne faut pas avoir peur ». Pourtant aujourd’hui, j’ai du mal à l’écouter, je ne peux m’empêcher d’avoir très peur de ce qu’il se passe, j’ai peur que le dicton « jamais deux sans trois » ne soit mis en application, j’ai peur de la montée des extrêmes, j’ai peur des amalgames, j’ai peur qu’on s’effondre, enfin, j’ai terriblement peur pour la France : pour ses valeurs et son peuple Mais la peur, pour citer mon père, est une faiblesse. Elle accroit la puissance des opposants (oui je crois qu’on peut aujourd’hui utiliser ce terme), elle ne nous ramène pas les morts, elle ne résous pas le terrorisme, elle ne laisse pas un monde meilleur à nos prochains. Alors, en ce jour historique de deuil national, en ce lendemain d’attentat, en ce samedi 14 novembre 2015, On n’a pas peur et on fait preuve de solidarité, comme l’a montré le #portesouvertes et les hommages déjà ou prochainement rendus aux victimes et leurs familles On n’a pas peur et on fait preuve d’unité, en soutenant les décisions de notre président, peu importe notre orientation politique, peu importe nos opinions On n’a pas peur et on se montre qu’on s’aime, en illustre nos sms à nos proches, nos déclarations d’amour entre iepiens Et après, on verra mais, unis, on parviendra à rester forts, on parviendra à limiter les dommages, on parviendra à lutter  contre eux. »

-Camille Z.

« Je n’ai pas tout de suite compris. Un simple message d’un ami dans une conversation de groupe « y’a eu des attentats à Paris ». Jamais je n’aurais pu imaginer l’ampleur de la situation. Les annonces d’attentat, c’est notre lot quotidien. Aux infos le soir, on entend parler d’attentats en Syrie, à Israël, dans toutes ces régions en guerre. Tellement récurrent qu’on y fait même plus attention : c’est devenu banal. On écoute d’une oreille distraite, on ignore, on passe à autre chose dès que l’info est finie. Et puis, un jour, ça nous arrive. Hier, vendredi 13 novembre 2015, j’ai enfin compris ce que ressentaient ces gens qui vivent ça tous les jours. La peur. La peur pour nos proches qui étaient à Paris, la peur de nouveaux attentats, la peur d’une guerre. Et la haine. La haine contre ces monstres qui tuent des innocents, des civils, des enfants, qui n’avaient rien demandé à part s’amuser à un concert, à un match, dans un café. La haine contre ce monde où la violence et la barbarie ne semblent avoir aucune limite. Hier, ils ne se sont pas seulement attaqués à des innocents. Ils se sont attaqués à la France toute entière. Ils veulent nous mettre à terre, nous effrayer, mais ils n’y arriveront pas. Nous leur montrerons que nous sommes plus forts qu’eux. Aujourd’hui, nous ne devons pas céder à la division, mais nous devons nous rassembler. Aujourd’hui, il n’y a plus de partis politiques, mais une nation qui doit s’unir sous les valeurs de la République, nous devons traverser cette crise ensemble, et ne pas laisser la panique, le racisme et l’islamophobie nous envahir. Au final, la seule chose qui me rassure, c’est que je sais qu’un jour, ces assassins devront rendre des comptes, que ce soit devant nous, ou devant le Dieu qu’ils se disent représenter. »

-Louise D.

« Il faut une réponse dialectique, une réponse réfléchie. Bien sûr se réfugier en soi, penser, semble soudain nous effrayer, on fuit l’isolement. Être sincère, se recueillir, exprimer son chagrin…on nous appel à tout cela, va-t-on se laisser dicter nos émotions, notre quotidien ? Je vis, je vis et je n’ai pas peur, je n’ai pas honte, je ne me sens pas coupable. Pourtant du fond du cœur, au bord des larmes, j’ai tremblée, haletante, sans mots face à ce que je ne pouvais qualifier.

Alors aujourd’hui je vais penser, je vais construire, nous allons construire. Nous éveiller plus forts. Ils n’avaient rien fait de mal, nous n’avons rien fait de mal. Ils n’ont pas besoin, sans doute pas envie de nos prières. Je pense aujourd’hui qu’ils seraient fiers d’être l’objet de belles conversations dans les cafés de France. Les belles conversations, nos mots limpides et fluides, ce flot rapide d’idées, ce flot millénaire. La France ce n’est pas une religion, ce n’est pas un drapeau. La France cultive la pensée, la France est forte de ses Camus et de ses Hugo. Ce pays a la chance d’être plus que le refuge d’un peuple, France ouverte et libre qui inspire. Tant de vers, de boucles de lettres, de chants pour le courage, pour le rire, pour laisser couler des vagues de sentiments ou les faire ruisseler goutte à goutte. Alors j’écris et je vais chanter, chanter notre force, la spiritualité des mots libres.

Cette nuit blanche fut une nuit noire.
Brisant la quiétude d’un banal soir.
France saignée,
France frappée,
D’abord retentit la barbarie,
Puis le sang s’évapore dans un silence meurtri.
Ils sont tombés comme devant nos yeux
Et l’on connait tous au moins l’un d’eux
« Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas »
Dernier regard sur les nuages pastels
Au nom d’un dieu qui n’a pas le choix
Un anonyme posa ses mots
Il ne nous reste que nos drapeaux.
« Un unique cauchemar de Beyrouth à Paris, en passant par Sousse ou Gaza.
Celui de la mort qui jubile et d’une Humanité qui agonisa. »
Et la nuit blanche fut une nuit noire.
Eventrée par le désespoir.
Terrible impuissance
Echo de 129 souffrances
Ne rien pouvoir faire
Juste une prière
S’endormir dans son oreiller
Espérer que le cauchemar va terminer.
Et la nuit blanche fut une nuit noire.
Mais ce n’était pas un cauchemar.
Au matin la pluie lavait le sang
Et nous étions toujours impuissants
Les français se comptent et la France se pleure
Gueule de bois nationale et folle douleur
Il pleut sur Paris comme il pleure dans nos cœurs,
Qu’elle est cette horreur, qui nous baigne dans la terreur ?
Je veux crier « SILENCE
Recueillez-vous tous sur notre France. »
Et la nuit blanche fut une nuit noire.
Et sonnent déjà les clairons du devoir.
Dîtes-moi qu’on va les butter
Dîtes-moi qu’on les aura
Dîtes-moi qu’on se laissera plus saigner
Dîtes-moi qu’on se vengera
« France Ô ma France très belle
Pour toi je ferai bataille »
Aux larmes
Aux armes
Et la nuit blanche fut une nuit noire.
Se lever pour ne plus jamais choir.
Gagner cette guerre contre la démence
Gagner cette guerre pour notre France
Qu’ils gagnent leur guerre contre l’Humanisme
Alors nous les tuerons sans sommation
Qu’ils perdent leur guerre du fanatisme
Mais nous nous vengerons
Et la nuit blanche fut une nuit noire.
Le petit jour a remplacé le soir.
Demain, on retournera picoler, blaguer, chanter, rigoler.
Demain, on continuera à s’aimer, à rire, à danser, à sourire.
On retournera dans les cafés.
On continuera à vivre.
Vous n’avez pas encore gagné.
Car cette nuit blanche fut une nuit noire.
Mais le petit jour a remplacé le soir. »

-Salomé P.

« Je suis glacé d’effroi lorsque je me dis que cela est arrivé un vendredi 13, moi qui ne suis pourtant pas superstitieux. Mon portable vibre, mes parents m’appellent en urgence, une notification, puis deux, puis dix. Alors j’allume la télévision. Attentats suicides à Paris. Stade de France, Bataclan, 10ème, horreur, morts, rue de Charonne, assaillants, prise d’otage, morts, djihadistes, blessés, morts, morts, morts. Cette soirée là nous sommes des milliers à l’avoir vécu, nous sommes des milliers à avoir pleurer ces victimes innocentes car oui, ne l’a-t-on pas dit assez, non on ne le dira jamais assez, elle étaient, innocentes. Un sentiment d’incompréhension, de haine, de vide, de tristesse, de haine, et on pleure, puis on appelle nos proches, ensuite on pleure, et on ne peut pas dormir, et on se demande alors ce qu’on a fait là, et ce qu’on fait là, nous, oui, qu’est ce qu’on fait là, nous ? Car cette soirée du 13 novembre, cette nuit là à Paris, ou ailleurs qu’à Paris, on est des milliers, même des millions à l’avoir vécu. On l’a vécu, mais pas tout le monde, non pas tous, pas tout à fait tous.

Certains n’ont pas allumé leur portable, leur télévision, n’ont pas eu le temps de pleurer ni de se questionner, ce sont les victimes. Certains ont attendu devant leur portable, devant les hôpitaux, face à l’angoisse, ce sont les familles des victimes. Ce sont les proches des victimes. Ce sont ceux pour qui cette nuit là, cette nuit là, était glacée d’effroi, de vide, et au delà de pleurer, une partie d’eux-mêmes, une partie de leur vie était brisée.

Alors face à ça on est quoi ? On est nous, sains et saufs. Libres, de pleurer, de penser, à eux, à leur famille, à leurs amis. Libres de réfléchir, bien qu’incapables de comprendre.

C’est-à-dire que face à Daesh qu’étaient-ils ? des humains, oui, des humains. Des innocents. Et nous face à cette barbarie on est quoi ? On est rien. On peut rien. Alors on pleure, on pense et, avouons le sans crainte, avouons le sans crainte, on vit.

On vit, en France, partout, à Paris, on marche, dans Paris. On allume une bougie. Dans les rues de la capitale, on marche comme ils marchaient, on pense à eux, à ça, à tout.

Et on pleure, car, tout au fond de notre moi, on ne peut accepter cela.

Paris

Où fait-il bon même au coeur de l’orage

Où fait-il clair même au coeur de la nuit

L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant de la braise

Perpétuel brûlot de la patrie

Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise

Ce doux rosier au mois d’août refleuri

Gens de partout c’est le sang de Paris

Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre

Rien n’est si pur que son front d’insurgé

Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre

Que mon Paris défiant les dangers

Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai

Rien ne m’a fait jamais battre le coeur

Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer

Comme ce cri de mon peuple vainqueur

Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré

Paris Paris soi-même libéré

Louis Aragon, 1944 »

-Julien Gal

« « If we live our life in fear, I’ll wait a thousand years, just to see your smile again » Muse, Resistance. C’est en tuant nos amis, notre famille qu’ils nous ont soudé, c’est reniant notre humanité qu’ils l’ont exposée au grand jour, c’est en terrorisant notre pays qu’ils en ont montré les plus belles valeurs. Notre liberté leur fait peur et espèrent que leurs armes en fassent autant, mais c’est en attaquant notre mode de vie qu’ils ont sublimé notre liberté. »

-Hugo C.

« Chers lecteurs du Grand Pari,

Un message sobre pour exprimer mes sentiments après les événements qui ont frappé la région parisienne ces derniers jours et en particulier le 13 novembre.

Comme beaucoup d’entre nous je pense, j’ai ressenti beaucoup d’émotions après ce qui s’est passé : Effarement, incompréhension, tristesse… malgré tout mon entourage n’a pas été touché, et c’est pour cette raison que je tenais à faire part de toute ma sympathie et mes condoléances pour ceux dont ce n’est pas le cas.

Une semaine après, il s’agit d’aller de l’avant. Allons de l’avant et surtout, restons unis, restons humains. »

-Quentin M.

« Vendredi 13. Vendredi 13 Novembre.

Après le cours de droit, éclats de rire, blagues houleuses et douteuses dans le RER avec quelques amis, des pronostics pour le match France-Allemagne, un enthousiasme délirant et une envie de se dépêcher de rentrer chez soi voir le match.

Rentrer chez soi. Fermer la Porte. Allumer la télé. Boum.

L’effet d’un déchirement. D’un hurlement sourd. Comme lorsqu’on déchire une feuille de papier, ce bruit sourd mais résonnant dans mon être.

En un mot, une abomination. Mon téléphone sonne, ma mère angoissée. Les appels et les vibrations de mon téléphone fusent. L’inquiétude, l’angoisse, la peine, la terreur, la tristesse, la mort.

En quelques phrases, voici ce que la France entière a ressenti vendredi dernier. Je n’oublierai jamais cet instant de terreur, d’effroi, où l’on se demande si l’on est même en sécurité dans son propre chez soi. Ne sortons plus, cachons-nous. Ils pourraient nous trouver ; ils habitaient un appartement à Saint-Denis, personne n’est à l’abri.

NON ! Nous ne pouvons réagir de la sorte. Ces dizaines et dizaines de personnes honteusement assassinées ne le voudraient pas. Pour eux, pour leur rendre hommage, pour résister au terrorisme et à ses peurs, levons-nous et regardons-les en face. Levons-nous pour notre liberté, pour la paix, pour la mémoire de nos amis, de nos membres de familles, de nos proches, tombés sous leurs tirs de lâcheté. Ne les oublions pas : n’oublions pas qui nous sommes et comment nous devons traiter ces monstres : par des bombardements de liberté, par des tirs chargés de démocratie, et par des balles enrobées d’un palladium d’unité frappante.

« Fluctuat nec mergitur » »

-Joseph E.

« Lorsque j’ai appris qu’il y avait des attentats à Paris vendredi soir, j’ai tout d’abord été très inquiète. Savoir que ma famille et mes amis étaient en sécurité ne m’a pourtant pas totalement rassurée. Alors que le nombre de morts et de disparus augmentaient au fil des minutes, cela semblait de plus en plus irréel. A l’impression de déjà-vu, un sentiment très désagréable s’est ajouté : ça aurait pu être moi. C’est tellement égoïste de penser comme ça ; des attentats il y en très souvent, avec parfois plus que 129 morts. Le fait que le drame nous touche de si près… ça fait tout drôle. Se dire que, non, ça n’arrive pas qu’aux autres, dans des pays lointains peuplés de gens que nous ne connaissons pas… c’est bouleversant. Et puis la revendication de Daesh (car je refuse de leur accorder l’appellation d’Etat Islamique) le lendemain… C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Je me doutais qu’il s’agissait de terroristes islamistes, mais lire leur communiqué, qui expliquait et justifiait les attentats sur des bases soient disant religieuses, ça m’a vraiment achevé. Je me suis sentie humiliée et salie ; ils n’ont pas le droit d’utiliser ma religion pour justifier leurs atrocités. Ce n’est pas juste. Mais lire ce communiqué m’a aussi rappelé que ces gens n’ont rien avoir avec l’islam que je connais. Ce soir là ils ont réussi à nous toucher toutes et tous plus ou moins profondément. Cependant, ils ne gagneront pas. En essayant de propager la haine et la peur, ils n’ont réussi qu’à nous rapprocher. Que ce soit avec le #PorteOuverte sur Twitter ou la floraison de drapeaux tricolores sur Facebook, les démarches d’altruisme et de soutien aux victimes m’ont émue. Je pense qu’il était important de souligner que malgré nos différences, nous sommes tous Français et donc tous en deuil après ces attentats. Alors voilà, toutes mes condoléances à ceux qui ont perdu un proche ce soir là, je pense ne pas me tromper en affirmant qu’on partage toutes et tous votre douleur. Ne la laissons pas cependant obstruer notre vision des choses, même si c’est plus facile à dire qu’à faire… Essayons, du moins, essayons de rester forts et de ne pas avoir peur. Moi, j’y crois. »

-Naëlle

« La question qui me vient aujourd’hui concerne la liberté. Ma première réaction fut celle de vouloir la défendre, de ne pas laisser ces lâches obstruer notre amour pour le crachin parisien, sa jeunesse et les soirs de fêtes qui lui donnent vie.

Ne pas laisser le terrorisme empiéter sur notre démocratie. Ne pas les laisser bafouer nos valeurs. Et pourtant si la nation pleure, c’est qu’il y a une raison.

C’est en tombant sur le même répondeur une bonne dizaine de fois, en étant prise dans une vague de panique à République, ou, plus tard, serrée dans un RER A bondé de regards soucieux et de visages tirés que je me dis : «soudain, j’ai peur ». J’ai peur pour ma vie, pour celle de mes proches. Une part de moi me semble s’éloigner de mes valeurs, de mes idéaux, de mes principes, et je laisse la place à mes pulsions primaires.

Alors je me questionne. En sortant ce week-end dans les rues de Paris, suis-je en train de défendre quelque chose ? Est ce que je le fais par habitude ou bien comme une preuve de ma liberté ? Ne serais-je pas mieux, loin de toute l’inquiétude que génère ce « soir de fête » pour moi ? La peur ou la sécurité ? Tous ces concepts se fondent et se confondent dans mon esprit. Il me semble que je prend des risques alors que je m’efforce d’agir normalement.

Je me sens dans l’insécurité, cela ne me ressemble pas. Et à mesure que je prend conscience de mes nouvelles craintes, la culpabilité m’envahit. Je ne veux pas de cette peur, de ces bruits infimes qui vous font sursauter, je veux continuer à me glisser dans des bains de foule avec la même insouciance. Sourire et rire comme lorsqu’on avait déjà conscience que la vie ne tenait qu’à un fil. Comme lorsque la terreur ne nous frôlait pas.

Soudainement, tout va trop vite. Les réseaux sociaux s’emparent des attentats et deviennent la scène de nos réactions à vif. L’instantanéité, la quête du sensationnel qui émanent d’eux me donnent le vertige. Je suis frappée non pas par leur inutilité mais par leur utilisation néfaste. Tout comme celle des médias. La capacité de ces outils à devenir des usines à peur me questionne d’autant plus. Un ami me dit : « Aujourd’hui nous avons bien plus d’armes politiques que les générations précédentes» ; apprenons à nous en servir.

Alors ce week-end, en attendant de me racheter une raison ; je prend conscience, un peu, de ce petit bout de vie, de tous ceux qui le partagent aussi et je chéris notre chance d’être toujours debout, debout par dessus tout. Et je partage avec vous ces mots qui font écho à ma première réaction, « La vie n’est pas ce que tu crois. C’est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu’on grignote assis au soleil. » Jean ANOUILH »

-Lison G.

« Le choc. L’horreur. Le vide. LE SILENCE. Que dire ? Nous vivons simplement, sans nous rendre compte de ce qu’est réellement la Vie. Nous avançons, sans nous rendre compte de ce qu’est réellement marcher… il en est de même pour toutes ces petites choses qui nous semblent ordinaires et qui pourtant, sont si importantes au sein de notre quotidien. C’est après un sursaut que nous réalisons la chance que nous avons. La liberté et la sécurité, jusqu’ici, nous paraissaient évidentes, parties intégrantes de notre réalité. Aujourd’hui , depuis quelques temps en fait, cette évidence n’est plus si claire, ces concepts brisés par la barbarie de quelques hommes nous ont fait l’effet d’une bouteille en verre que sans trop de vigilance, nous aurions brisée entre nos propres mains. Ces mille bouts de verres nous transpercent la peau à chaque mouvement, comme pour nous rappeler notre faiblesse d’humains ordinaires face à la violence de bourreaux armés. Après le néant, le chaos. Que faire, que penser, qu’écrire ? Penser pour quoi ? A qui ? Aux victimes, aux bourreaux ? Tout surgit si vite que la pensée devient un vaste écho qui tente de se frayer un chemin jusqu’à notre cerveau encore sous le choc. Finalement, l’écho triomphe, la pensée surgit et telle une lame nous assaille : la barbarie du monde dans lequel nous vivons nous apparait soudain, elle auparavant si lointaine est aujourd’hui si proche que nous nous y sommes brûlés. L’idée sonne comme un refrain à nos oreilles : nous évoluons dans un monde brutal, imprévisible et infiniment dangereux : comment alors protéger nos enfants si nous-mêmes sommes perdus et plongés dans la peur de ce qui est arrivé hier, l’épouvante de ce qui pourrait arriver demain ? Il nous semble, dans ces moments de tragédie et d’angoisse, que c’est en vain que nous luttons pour un avenir meilleur. Ne cédons pas à la peur au point de nous méfier de notre voisin et de lui lancer des cailloux dans le cas où il nous approcherait d’un peu trop près. Il est facile de trouver un bouc émissaire, et nous devons résister à notre aspiration à la facilité : si nous revenons à cette « bouteille de la liberté », les peureux sont en réalité ceux qui se servent des bouts de verres retirés de leurs mains ensanglantées afin d’éliminer ceux qui, trop faibles pour se défendre, seront les premiers visés par les amalgames. Le tableau n’est pas tout noir, enfin. En effet, il y a ceux qui, loin de déverser leur rancœur dans le feu des événements, retirent méticuleusement, un par un, les morceaux de verre, tentent de reconstruire leur bouteille et une fois cela fait, partagent leur vin avec ceux qui en ont le plus besoin. Nous distinguons par là ceux qui se réfugient dans les ténèbres, et ceux qui choisissent la lumière et la solidarité dans l’adversité. Les attentats de Paris ont été une démonstration de cruauté, veulerie et ignominie sans limites. Mais ils ont aussi exacerbés les plus belles qualités humaines, notamment à travers le hashtag #portesouvertes, le nombre d’individus qui, inquiets pour leurs concitoyens, se sont hâtés de s’assurer de la situation de simples connaissances, ou encore les nombreux hommages rendus aux victimes ; l’amour, l’amitié, la solidarité, la générosité, la bienveillance… Autant de magnifiques parcelles de l’être humain qui doivent être conservées et enseignées aux prochaines générations pour fabriquer un monde meilleur. Les valeurs humanistes vaincront le fanatisme, parce que la beauté a plus de force que la cruauté. En 2015, Paris n’est pas la seule à subir de telles atrocités ; et les Parisiens ne sont pas les seuls à en avoir souffert. En 2015, c’est aussi Tunis, Sousse, Suruç, Sadr City, Ankara et Beyrouth qui ont été touchées. Dans ce malheur répandu sur l’ensemble du monde, il convient de dire non pas uniquement #prayforParis mais #prayfortheworld, #prayforhumans ou encore #prayforbeauty. »

-Clara L.

« Hier, la france a été attaquée. C’est dur. Nous étions trop jeunes lors du 11 septembre 2001 mais je pense que nous nous souviendrons toute notre vie de ce que nous faisions à ce moment là comme les américains en 2001. C’est à ce moment là qu’on se dit qu’on aime la France. Plus que jamais je me sens patriote. Plus que jamais j’ai envie de me bouger pour mon pays. La seule réponse c’est oui la résistance mais aussi l’action qu’elle quelle soit: don du sang, réflexion sur des solutions… Hauts les cœurs pour le pays, ensemble on peut vraiment tout réussir, tout dépasser !  »

-Thibault L.

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