Is Obamacare « Breaking Bad » ?

« Aspects of Socialism are a good thing » (« Les éléments du socialisme sont une bonne chose », pour le Groupe 4, hashtag cœur), a récemment déclaré Bryan Cranston, acteur phare de Breaking Bad. Ses déclarations s’inscrivent dans une perspective intéressante avec son personnage – Walter White- quant aux lacunes du système de santé américain : imaginez un seul instant Breaking Bad en France ! La carte vitale aurait sans aucun doute appauvri le scénario … (et la sécu aussi, faites chier à tomber malade les pauvres).

Toutefois Barack Obama s’est montré particulièrement courageux en proposant l’Affordable Care Act dès le début de son mandat, loi qui proposerait une protection de santé publique aux 50 millions d’Américains délaissés par les assurances privées jusqu’en 2013. Non sans difficultés, cette loi socialiste dans un pays libéral fut adoptée, même si le mot socialisme est souvent perçu comme synonyme de communisme dans le pays de du mythe du « self-made man ». Expliquons aux Américain une bonne fois pour toute la différence entre régulation du marché et dictature du prolétariat, bullshit ! Pour ce faire nous recevons Monsieur Emmanuel Macron en exclusivité pour le Grand Par… -on me signale dans l’oreillette que Monsieur Macron sèche sur la définition de socialisme, l’interview s’effectuera donc dans les meilleurs délais avec Ginette, 78 ans, sympathisante PCF de Pierrefitte-ès-Bois.

Bref la France ce pays « communiste », profite d’un système de santé qui n’a rien à envier à celui des Etats-Unis. Hyperpuissance des assurances privées hors de prix laissant des millions d’Américains sans assurance, des travailleurs se privant de retraite pour s’offrir des médicaments plus que basiques : bienvenue dans la première puissance économique du monde, mais qui possède seulement le 37° système de santé le plus efficace de la planète. Avoir des cerveaux de recherche ne suffit visiblement pas pour assurer des soins décents à la population ; 45 Nobel de médecine n’en sont pas non plus une garantie. « Do it yourself », votre succès est personnel – mais quand même vous devez votre réussite aux magies du libéralisme autodidacte américain–, votre échec l’est aussi –par contre c’est quand même ta faute, fallait pas avoir un cancer du poumon sachant que t’avais pas les moyens de te soigner. Peut-être faudrait-il considérer les malades comme des patients et non plus des clients. Votre vie de pauvre vaut bien moins que celle d’un riche Mais après tout quoi de plus normal dans un pays où les armes d’occasions s’achètent sans contrôle ?

Normal, c’est justement ce que n’est pas Walter White dans un système anormal. Si la série se veut apolitique, rien n’empêche la géniale rédaction du grand Pari de la politiser (fuck it that’s why). Voyons les choses sous un angle différent, White atteint d’un cancer, se voit ainsi placé dans une position initiale de victime du système de santé. Homme au passé plus que banal, ayant toujours subit le cours de sa vie, il décide à l’annonce de son cancer de se prendre en main : fabriquer de la drogue devrait l’aider à payer son traitement, et assurer un avenir décent à ses enfants. Toutefois rien ne se passe comme prévu, cette entreprise qui aurait dû faire de lui un « self-made-man » antisystème, conduit à sa perte. Une activité illégale est donc le seul moyen mis à sa disposition pour surmonter une absurdité administrative : qu’y a-t­-il de plus beau entre légal et légitime ? Hank Schrader, beau-frère de Walter travaillant à la lutte anti-drogue, symbolise le paroxysme de ce dilemme, et place le spectateur devant une alternative légale à la dérive de Walt. Mais pas nécessairement légitime à ses yeux. Walter devient alors le plus génial anti-héros des séries américaines contemporaines, victime du système de santé et de lui-même.

Mais si l’Obamacare avait été voté avant que White ne tombe malade, peut-être n’aurait-il pas eu besoin de se corrompre à ce point ? La réponse est non ; les Etats-Unis malgré le bon idéologique de géant que fut l’Obamacare, sont toujours lacunaires dans le domaine de la santé publique, contrairement à ce que martèle le lobby des assurances privées qui arrose le Congrès, la loi peine à être ratifiée par certains Etats –Républicains pour la plupart- et 35 millions d’Américains demeurent dépourvus de toute couverture maladie, soit 10% de la population. Walter White devra donc quoiqu’il arrive « do it himself », et même sous l’Amérique d’Obama le postulat de départ n’est pas une fiction.

 

Hugo C.

 

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