Démission de Taubira : un drôle de timing ?

 

Le départ de Christiane #Taubira du gouvernement est une bien mauvaise nouvelle pour les délinquants… » « Je pense que #Taubira manquera plus à la droite qu’à la gauche. Sérieusement, ils vont taper sur qui, maintenant ? », « Après avoir emporté Bowie, Rickman, Scola, Delpech et tant d’autres, janvier s’achève avec le décès de la gauche. » « Encore une proposition du #FN et de la droite reprise par #Hollande : faire partir #Taubira. ». On compte nombre de salutations, de contestations, de mots d’adieu, de remise en cause et de louanges dans les différents méandres de la sphère médiatique, à propos du départ de Christiane Taubira, ministre de la Justice, démissionnaire de son poste depuis le 27 Janvier. « Parfois, résister c’est partir » comme elle le dit justement. Mais pourquoi maintenant ?

Revenons un peu sur cette « icône » de la Gauche qu’est Christine Taubira, certains découvrant ce personnage politique haut en couleurs  (et oui j’ai osé….) lors de son arrivée au Gouvernement en 2013. Or, cette femme politique est célèbre dans les rangs du Parti Socialiste, et de la Gauche rassemblée. Originaire de Guyane, elle est aussi sujet de fierté auprès des populations guyanaises, mais aussi antillaises dont guadeloupéenne et martiniquaise, qui la considèrent comme une étoile montante, de ce que l’on appelle en politique, des « minorités visibles ». De son parcours et de ses réussites politiques avant son entrée au gouvernement, on retiendra notamment qu’elle a permis l’adoption d’une proposition de loi, désormais appelée la Loi Taubira, qui vise à reconnaître l’esclavage et la traite des Noirs française, comme un crime contre l’humanité, en 2001. Cette loi consacrera sa carrière politique.

Puis, nous connaissons la Taubira qui entre au Gouvernement, dès 2012. La ministre porteuse du projet du « mariage pour tous », ouvrant le droit au mariage pour les personnes homosexuelles. C’est à partir de ce moment-là, que Taubira est décrié par de nombreux politiques situés à droite de l’échiquier politique, mais aussi par des antillais et des guyanais, ces derniers votant majoritairement à gauche, mais ayant de fortes valeurs traditionnelles chrétiennes.

Or, je pensais, qu’en 2014, avec le virage social-libéral de Hollande, Taubira allait claquer la porte, comme beaucoup d’autres icônes de la Gauche SOCIALISTE, telles que Ségolène Royal. Mais force est de constater que cela n’a pas suffi pour faire sortir Christiane Taubira de ses gonds. On voit un premier problème dans l’affaire.

 

Le deuxième est que Taubira explique son départ du gouvernement en raison d’un désaccord « majeur », qu’est bien évidemment la déchéance de nationalité (voir article sur le sujet), mesure phare de la révision constitutionnelle prônée par le Président de la République. Le problème est que cette mesure a été annoncée dès le 16 Novembre par le Président. Toutefois, Taubira en décembre, lors d’un voyage à Alger, annonce que le Gouvernement ne retient plus la mesure. Mais, CAFOUILLAGE, Valls affirme quelques mois plus tard, que bien au contraire, la déchéance de nationalité sera proposée au Parlement. Là, tout le monde s’attendait à une démission d’office, et volontaire, étant donné qu’elle s’était opposé au point de vue du Gouvernement ; alors que Montebourg, Hamon et Delphine Batho avaient fait moins que ça. MAIS Taubira, de dire qu’elle soutient finalement l’action présidentielle. Elle ira même jusqu’à dire devant la Presse, qu’elle « ne démissionnera pas », en décembre.

Alors première chose, ON NE COMPREND PAS, mais on se dit d’accord, « solidarité gouvernementale », puis fin janvier BOUM ! Y’a pas un problème de timing ?

Que retirer de l’effet de cette démission ? Le souci, est qu’elle apparaît comme n’ayant aucun effet. (HEIN QUOI ?). Je vous explique. Si Taubira avait démissionné dès le premier désaccord, cela aurait pu entraîner une « crise politique » semblable, voire pire à celle provoquée par Montebourg et Hamon. Or, elle choisit de soutenir le Gouvernement, puis de le quitter, seulement fin Janvier, soit après plus de 2 mois de désaccord interne. L’opinion publique avait alors mis de côté ce soucis de cafouillage politique. Même si on ne s’y attendait plus, l’effet en est donc pleinement minimisé. Aussi, Taubira choisit également de ne pas critiquer la politique du Gouvernement, et ses « critiques » concernant la déchéance de nationalité, sont assez gentilles, comparées à ces célèbres joutes, parfois agressives, devant le Parlement.

Ce qu’on peut tout de même retirer de cette démission, c’est que Hollande se sépare de sa béquille socialiste. C’est en réalité un moyen d’affermir et de maintenir sa politique de l’offre, qui n’avait pas rencontré de fortes oppositions dans son gouvernement, depuis Montebourg et Hamon. Que se passe-t-il lorsque la Gauche flingue sa propre Gauche ? Réponse en Avril 2017.

Batman

 

 

 

 

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