Le culte de la Flemme

En cette joyeuse période de révisions, on est tous plus ou moins touchés par ce fléau mondial qu’est la flemme.

La flemme est machiavélique : elle nous pousse, nous, innocentes créatures souhaitant juste réussir un peu dans la vie (que dis-je, juste avoir la moyenne à nos partiels) à faire des choses inutiles, alors qu’on pourrait utiliser notre précieux temps pour réviser nos partiels, apprendre une nouvelle langue, ou écrire le prochain best seller mondial. Car la flemme ne nous empêche pas seulement d’être major de promo, elle nous empêche aussi de faire des trucs de malade. Des fois je me dis que le nombre d’heures que j’ai consacré dans ma vie à regarder des vidéos sur Youtube auraient pu me servir pour apprendre à jouer du violon et intégrer un orchestre symphonique. Non pas que j’ai toujours rêvé de jouer du violon, mais pourquoi pas, après tout.

Je ne peux tout de même pas nier que la procrastination est peut être un problème, mais c’est aussi un art. Reconnu par la « pop culture » contemporaine, sur tous les réseaux sociaux existants. Il suffit d’aller sur Twitter pour voir à quel point c’est un phénomène universel. C’est comme si un véritable culte était accordé à la procrastination, avec des tas de private jokes là-dessus (enfin plus très private vu qu’elles concernent 95% de la génération Y). Et c’est vrai que ça fait du bien, quand t’as rien foutu de ta journée (/semaine/mois/vie), que tu vas tranquillement sur Twitter pour voir les dernières actus de Jeremstar Jean François Copé, tout en sachant que ce que tu fais est mal. Alors que la culpabilité te ronge, tu vois ce genre de choses :

Kel

Et là, tu t’esclaffes intérieurement et tu penses « ololo trop bien 14000 personnes sont dans la même merde que moi ». Du coup c’est rassurant et la culpabilité s’en va (un peu). Si je devais résumer ma vie depuis quelques années, je dirai que c’est la répétition en boucle de ce schéma. Inlassablement. Cela fait que je me retrouve particulièrement dans ce type de vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=arj7oStGLkU (à regarder entre deux fiches d’histoires avec l’excuse en tête : « ouais mais c’est anglais du coup → révision du partiel d’anglais »).

En fait la flemme est devenue un problème tellement commun qu’on en fait un phénomène. Le Monde Campus en a d’ailleurs fait un article, nommé « La procrastination, ennemie des étudiants » avec des chiffres et des facteurs explicatifs dedans, comme pour renforcer l’idée que c’est un sujet on ne peut plus sérieux.

C’est vrai qu’on a tendance à prendre ça avec humour (notamment parce qu’il vaut mieux rire que pleurer), mais quand on y pense, on a peut-être manqué de super opportunités dans notre vie à cause de ça. Après faut pas abuser non plus, on est jeunes, on a le temps tout ça. L’impression de rater sa vie en ne faisant littéralement rien est quand même vachement partagée. C’est d’ailleurs  le sujet principal de pas mal des chansons des Casseurs Flowters. C’est assez rassurant de les écouter aussi, on se retrouve dans ce qu’ils disent, parce qu’au final on peut avoir l’impression fait des trucs sans vraiment comprendre pourquoi, on subit un peu notre vie en attendant qu’il se passe quelque-chose.

Enfin, le « on » n’a pas vocation à tous nous représenter, mais je pense qu’il y a pas mal de gens qui ressentent la même chose. Même (surtout ?) à Sciences Po, une école, certes élitiste dans la mesure où elle n’est accessible que par concours, mais qui rassemble quand même pas mal de gens qui ne savent pas encore ce qu’ils veulent faire plus tard. Non pas que ce soit un crime, mais ce grand questionnement face à l’avenir est assez caractéristique de notre génération.

Mais même en s’accordant sur le fait que la flemme est un phénomène commun, presque mainstream aujourd’hui, on a quelques trucs qui, ponctuellement, viennent nous rappeler qu’il ne faut pas trop s’y engouffrer sous peine de louper des trucs cools. C’est regardant les vidéos de Casey Neistat sur Youtube (ce mec c’est un peu l’antithèse des Casseurs Flowters) que ça m’a frappé. En regardant ses Vlogs, on voit qu’il vit à 200 à l’heure. Le mec ne s’arrête jamais, les seuls moments où il semble se poser, c’est pour passer un peu de temps avec sa famille ou pour nous dispenser un peu de sagesse face caméra. Le genre de mec qui estime que le sommeil c’est du temps perdu et qu’il faut réaliser ses rêves coute que coute. Le self-made man à l’américaine, symbole de la réussite, qui me fait culpabiliser et me motive à la fois. En fait, alterner entre une chanson des Casseurs Flowters et une vidéo de Casey Neistat, c’est alterner entre « je fous rien de ma vie et alors ? » et « WOW je peux conquérir le monde c’est parti ».

On est à 7 jours du début des partiels et j’en suis là, on verra bien lequel des deux états d’esprit prendra le dessus.

NB

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