Tout comprendre sur la procédure de destitution contre Dilma Roussef

Après une longue nuit de délibérations, le Sénat a atteint, dans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 mai, la majorité des voix requise pour la recevabilité du processus d’« impeachment » à l’encontre de la Présidente brésilienne Dilma Rousseff. C’est ainsi que le Brésil marque la fin de treize années d’un pouvoir exercé par le centre gauche, le Parti des travailleurs (PT) façonné par le président Luiz Inacio Lula da Silva entre 2003 et 2010.

C’est le 2 décembre 2015, que Dilma Rousseff est visée par une procédure d’« impeachement » lancée par le président de la chambre des députés Eduardo Cunha, ancien allié de la présidente, lui reprochant d’avoir maquillé les comptes publics en 2014. Résultat : le 13 mars dernier, plus de trois millions de Brésiliens manifestaient dans quelques 400 villes pour réclamer le départ de la présidente. L’exaspération des Brésiliens est d’autant plus ravivée par l’arrivée au gouvernement de l’ancien président du Brésil, Lula, et Dilma Rousseff suspectée de lui offrir une protection judiciaire lui permettant d’échapper aux poursuites juridiques concernant l’affaire Petrobras.

Ainsi, ce jeudi 12 mai, les sénateurs brésiliens ont formellement mise en accusation pour « crime de responsabilité » la présidente Dilma Rousseff, et l’ont donc écartée du pouvoir -pendant cent quatre-vingts jours au maximum.

Le Brésil lui doit sans doute beaucoup et, notamment les Brésiliens les plus pauvres. Mais Mme Rousseff n’a pas pu ou pas su marier sa politique sociale-démocrate à un redressement des comptes publics, d’autant plus nécessaire que le pays traverse une crise économique profonde du fait de l’effondrement des cours des matières premières.

Membre du centre-droit, ancien allié de Dilma Rousseff, chef d’une formation, le Parti du mouvement démocratique brésilien, aussi touchée par les affaires de corruption, c’est le vice-président, Michel Temer, 75 ans, qui assumera la présidence jusqu’en 2018. Il gouvernera avec une majorité représentant droite et gauche et avec une équipe de technocrates. Reste à voir s’il saura récréer ce dont les Brésiliens ont le plus besoin : la confiance en leurs dirigeants.

Dilma Roussef ne s’avoue toutefois pas vaincue face à ce qu’elle aime appeler une « farce juridique » ; une accusation montée de toutes pièces par ses ennemis pour s’emparer du pouvoir sans passer par les urnes, qu’elle a dénoncée, avant de quitter le palais présidentiel du Planalto, jeudi matin, blessée par la « brutalité » de ce qu’elle considère comme une injustice, et déterminée à se battre jusqu’au bout pour dénoncer un « impeachment » qu’elle qualifie de « coup d’Etat » et appelant les Brésiliens à « se mobiliser » : « J’ai peut-être commis des erreurs, mais je n’ai pas commis de crime. »

La Chambre haute a désormais jusqu’à cent quatre-vingts jours pour la juger. Si elle condamne la présidente, Dilma Rousseff sera définitivement écartée du pouvoir. Le jugement pourrait avoir lieu en septembre après les Jeux olympiques de Rio de Janeiro (du 5 au 21 août), mais avant les élections municipales d’octobre.

 

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