Alain Juppé au #CALM dans le fauteuil de l’UCP et ScPO Saint-Germain

Le Grand Pari co-signe avec Les Esprits Libres cet article rendant compte de la conférence d’Alain Juppé à l’UCP, le 19 septembre dernier. Le candidat à la primaire de la droite et du centre dévoilait alors son programme pour l’enseignement supérieur.

Notre homme a tombé la veste pour s’installer confortablement dans le salon que les étudiants des Esprits Libres, de la Fédération UCP et des Rencontres de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye lui ont aménagé : ce soir, c’est Comme à la Maison (CALM pour les intimes). C’est dans l’amphithéâtre Larousse, bondé et noir de monde, qu’Alain Juppé a été accueilli par la foule en liesse des étudiants de l’UCP et de Sciences Po Saint-Germain le 19 septembre au soir. Au programme de la soirée, rapidement introduite par les membres de la Fédération UCP, un interrogatoire en règle du candidat à la primaire des Républicains des 20 et 27 novembre prochains et à l’élection présidentielle de 2017, suivi d’un débat avec les étudiants. Mais bien sûr, si Alain Juppé avait fait de la place dans son agenda pour se rendre à Cergy, c’était avant tout pour exposer à de potentiels électeurs son programme pour l’éducation, et plus précisément, l’enseignement supérieur en France. Programme qu’il avait d’ailleurs déjà quelque peu explicité dans ses « Cahiers pour l’enseignement supérieur », et qu’il s’est fait une joie de présenter, point par point, en introduction de la séance.

Car, selon l’ancien Premier Ministre, « le monde de l’enseignement supérieur a davantage changé ces dix dernières années que depuis les années 1970, et il doit continuer d’évoluer ». Une évolution qui a pour enjeu la cohésion sociale et le rayonnement de la France à l’étranger, mais également la croissance de « l’économie de la connaissance » française, qui assure l’avenir du pays. Mais, après avoir longuement souligné le potentiel des universités nationales, le candidat à la présidentielle change de ton : « je ne suis pas naïf, et je suis conscient des handicaps dont peut faire preuve notre enseignement supérieur ». Et Alain Juppé d’énumérer les points qui, selon lui, sont à revoir dans le développement des universités françaises.

« Le problème, c’est l’absence d’orientation, pas l’absence de sélection. »

« L’orientation pour la réussite » : voilà comment le maire bordelais définit le premier pilier de son programme pour l’enseignement supérieur. Il veut en finir avec les procédures APB actuelles, selon lui « trop brutales » et qui donnent parfois lieu à des situations ubuesques dans lesquelles les élèves s’étant vus refuser tous leurs vœux font face à ce qu’Alain Juppé qualifie de « tirage au sort ». « Il faut absolument faire coïncider les compétences et les aspirations », déclare-t-il, avant de proposer un APB retravaillé, basé sur des entretiens personnalisés et les avis des chefs d’établissements. Il veut une « orientation sélective à l’entrée, pour mettre fin à la sélection par l’échec ».

Il s’attaque également au BTS, « sections de la réussite » de moins en moins accessibles à ceux auxquels elles devraient s’adresser, les bacs professionnels. Dans cette même logique, Alain Juppé propose de développer les partenariats entre lycéens et étudiants : par exemple, en multipliant les tutorats, via ce qu’il appelle un « crédit de tutorat » – qui reste cependant à l’état de simple proposition. Surtout, le candidat réclame une généralisation de la sélection en Master 1 (et pas en M2), ainsi que le développement des années de césure, en s’appuyant sur l’exemple donné par les anglo-saxons en la matière.

« L’Etat a trop de place dans le recrutement des enseignants. »

Le deuxième point abordé par Alain Juppé, c’est la nécessaire prise d’autonomie financière des universités françaises : un processus qui, à son avis, n’est pas assez rapide. Il faut « d’ autres ressources pour les universités », énonce-t-il, appelant ces dernières à diversifier leurs financements. Toutefois, paradoxalement, il se refuse à appeler à une augmentation des droits d’admission, et en propose un encadrement strict (mais évolutif, selon l’inflation). Il s’oppose donc sur ce point à son rival dans la course à la candidature des Républicains, Nicolas Sarkozy, qui serait favorable à une liberté totale de fixation des droits d’admissions pour les universités.

Créer des « pôles d’excellence » attractifs

L’amélioration des conditions de vie des étudiants sur les campus français tient également à cœur à Alain Juppé, qui en fait le troisième pilier de son programme pour l’enseignement supérieur. Rénovation des universités, promotion des entreprenariats, poursuite des Plans CAMPUS, les propositions de candidat à la présidentielle sur ce point ne manquent pas. C’est pour lui d’autant plus important « qu’un étudiant étranger en France est un ambassadeur de la France », et que de ce fait, les conditions d’accueil de ces étudiants doivent être optimales. Le seul critère pour juger de la valeur d’une université, pour Alain Juppé, c’est sa capacité à attirer l’excellence, à attirer les grands professeurs, les grands chercheurs, qui ont tendance à se regrouper dans des pôles universitaires attractifs. Le maire bordelais insiste sur ce point : il faut améliorer le rayonnement de l’enseignement supérieur français à l’étranger.

« Je ne serais pas le prophète d’une identité malheureuse. »

Arrive le moment des questions, et le débat dérive rapidement sur le sujet qui a fâché tout l’été : le burkini, et de manière générale, la laïcité en France. Alain Juppé l’énonce clairement : il sera intransigeant quant au respect d’une « charte de la laïcité » à laquelle chaque citoyen français devra se tenir. Il est cependant plus mitigé quant au port du hijab et du burkini dans l’espace public, comparant les polémiques qui en découlèrent (et en découlent toujours) à celles qu’avaient provoqué le port des mini-jupes à l’école en son temps. Le candidat à la présidentielle a refusé de « tomber dans un contre-fanatisme » ou dans une « guerre de religions ».

Quant à la question de l’état d’urgence, il admet que l’Etat Islamique a « déclaré la guerre à la France », et que la situation internationale nécessite son application partout sur le territoire.

Alain Juppé agrémente ses réponses de tacles destinés à son principal adversaire politique, Nicolas Sarkozy, déclarant qu’il serait absurde de penser que l’Homme n’a pas de responsabilité majeure dans le réchauffement climatique, et appelant à l’engagement « dans un nouveau mode de développement ». Le maire de Bordeaux se permet même de déclarer, suite à l’intervention au micro d’un élève, « je serais élu ». Cependant, les sondages demeurent largement incertains, plus d’un mois avant la tenue du scrutin ; tout n’est donc pas joué pour celui qu’un étudiant avait ironiquement qualifié de « renouveau politique… de 1981 ».

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