[Ciné] »Cher Guillaume, désolée, je dois leur dire… »

Ne le dit à personne – Guillaume Canet

Avant toute chose, un grand merci au scénariste ; l’histoire est vraiment bien ficelée, François perd son âme-soeur, arrête de vivre pendant 7 ans, puis les mails mystères qui réveillent l’histoire et la découverte de nouveaux éléments qui pousse les flics à le soupçonner et à le courser à travers l’autoroute (d’ailleurs, pour un fumeur il court drôlement vite et très/trop longtemps), et le dénouement… de toute beauté !

 « Cher Guillaume, désolée, je dois leur dire…

J’ai regardé ton film, avec toute mon attention et mes yeux aiguisés, mais, il y a un mais ; promis les points positifs arriveront après.Tu vois ces athlètes qui auraient fait une reprise parfaite s’il n’y avait pas eu de léger écart à la réception du premier saut, ou s’ils n’avaient pas fait tomber une massue au bout de 20 secondes ? Et bien, tu es de ceux -là.

A quel moment est-ce que cela a pu te paraître une bonne idée de ne pas couper au montage cette scène nauséante, digne d’un brainstorming chez Dédé le jeudi soir après deux bouteilles de ricard et une journée à faire des blagues tendancieuses à la palombière ?

« Alors les mecs on est okééé, l’keum l’est perdu, ahahohoh comme toi Tony quand l’chien s’est tiré avec une palombe ahahehahohahah, on prend l’camescope, on y fout la tête en l’air pis on y tourne.. -Comme ta blonde à l’apéro ! -ahahahahah ohohohoh eheheheh elle est bonne celle là, jeaaaaaaanne tu peux la noter ? »

C’est non. Même si je t’accorde que la symbolique était vraiment claire, c’est non. Mal fait, bâclé, digne du premier film d’un maternelle, sort moi ce plan immonde de là !

D’ailleurs, tu feras attention, entre Jappeloup et celui-ci, on pourrait croire que tu aimes énormément te filmer en train de faire du cheval… oh wait !

Est-ce que tu pourrais penser à me donner le nom de l’unique acteur noir de ton film ? Wikipédia refuse… Ce moment gênant, où trouver le nom de « infirmier n°1 » en une recherche Google est possible mais où cet acteur, qui a le mérité d’apparaître plus de 15 secondes à l’écran, est en quelque sorte l’erreur 404 de la page : nous mentirait-on sur la beauté du capitalisme et  la bonne foi des entreprises qui oublient (trop) de payer leurs impôts ?

Tu penseras à congratuler François [NDLR :Cluzet], toujours aussi bon notre frenchy-Léo, excellent dans les rôles où il ne faut pas tout comprendre tout du long tout en pensant qu’on est sur une piste, hashtag :on m’a menti.

Je ne sais pas ce que tu en penses, mais personnellement j’aime les films qui me transportent. Quand tu es tant englué dans l’histoire que le monde autour disparaît pendant près de deux heures, le contraire des films durant lesquels tu as le temps de nettoyer quatre fois la pièce, de fumer deux paquets et de changer les meubles de place pour voir si le feng-shui peut rentrer chez toi.

Je te le dis comme je le pense, ton film m’a transporté, filé la nausée, puis transporté à nouveau jusqu’à la fin. Au fait parlons-en de la fin ! Un grand cocorico pour toi, elle ne dégouline pas, elle ne fait pas hurler à l’incompréhension, et ça c’est de la maîtrise, cocorico (tu le mérite), tu as trouvé la bonne dose d’espoir à distiller à ton public pour qu’à la fois il arrête de rêver aux happy ends tout en ne se pendant pas à la première occasion.

Un cocorico aussi à tes acteurs et à ton scénariste, c’est beau de ne pas avoir l’impression de regarder un épisode de « toute la vérité » et autres conneries te demandant si tu connais parfaitement tes voisins parce que attention, ils pourraient être ta famille cachée puisqu’il apparaît ton père n’est pas ton père et que ta mère tapinait à droite à gauche, félicitation tu as quatre frères et ton père n’est plus comptable mais DRH…

Bref Guillaume, bien ouèj, je n’ai pas eu l’impression de jeter deux heures de potentielle activité aux oubliettes de la vie, j’irai même jusqu’à dire que ton film m’a émue, quoique je ne sois pas sûre de la nature émotive de la nausée, la dernière scène se suffit à elle-même.

Je t’embrasse, Elise

Ps : Et si tu te remettais à faire des bons films ? »

Les conseils subjectifs d’Elise :

Cette semaine, la palme d’or des sorties revient à l’ami Dolan, Xavier de son prénom, pour son très casté Juste la Fin du Monde, à aller voir de toute urgence (au passage si vous tapez le McDo avant, la place au C2L est à 4,50!).

Si vous souhaitez jouer les pirates de l’informatique, vous pouvez tout aussi bien mater 12 Hommes en Colères, ou encore, pour les amoureux du perfect acting, Les garçons et Guillaume à table !, enfin pour les amateurs d’éco et de Ryan Gosling, The Big Short, en plus, vous comprendrez les sub-primes, et ça, c’est bien.

Pour ce qui est des déconseils de cette semaine, Radin, avec Dany Boon, parce qu’il aurait dû arrêter de faire des films il y a longtemps. Ne regardez pas non plus Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ?, parce que les comédies françaises (déjà) bien-pensantes, moralisatrices et qui offre des excuses au racisme, c’est un non. Enfin, on évitera également de perdre son temps devant un des plus mauvais décollages de l’année, Suicide Squad, car nooooooope, le Joker et Harley Quinn ne sont pas amoureux fleurs bleues et papillons.

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