L’accueil des réfugiés: nos politiques ont calé

Pour le premier numéro de l’année, cette tribune s’empare d’un grave sujet. Un thème sur lequel nos politiques immobiles et négligents ont laissé deux misères s’affronter. D’une part, des Français lynchés par le chômage de masse, acculés à la conservation de leurs situations par peur d’être encore déclassés, condamnés à douter de leur propre avenir. D’autre part, des étrangers lynchés par les bombes, acculés au-delà des frontières de leurs pays par peur d’être massacrés, condamnés à fuir leurs terres, pour simplement vivre.

Opposer ces deux malheurs est une ignominie, les classer est une infamie. La réponse, légitimement attendue face à ces circonstances, aurait dû être digne des valeurs nationales : un véritable accueil et une prise en charge rapide des réfugiés dans le but de les intégrer, ainsi que la préservation de la sécurité de chaque citoyen français qui dispose de droit dans la République. Enjeux électoraux obligent, dans une France névrosée et hystérisée autour des thèmes d’immigration et d’intégration, cette réponse fut très vite balayée. Depuis, le peuple français pleure, ou plus justement pleurniche sur les Aylan ou Omrane, ces enfants des peuples écrasés et suppliciés, abandonnés entre les mâchoires de la mort et de la pauvreté. «Je dis que de tels faits, dans un pays civilisé, engagent la conscience de la société tout entière »

Des réfugiés cherchant la sécurité, installés désormais dans l’insécurité ! J’exprime de véritables condoléances face à la triste disparition de ce pays républicain qui intégrait les étrangers et les français, à la République protectrice. Mais, France où es-tu ? La Nation est aujourd’hui divisée, fragmentée face à ses questions. Certains responsables politiques par volonté de durer, se cachent et abandonnent ses et ces populations. Résultat : un Contrat Social rompu. Cette confiance des individus en la République, en renonçant à leur capacité de nuire contre sa protection, est bafouée. La ville de Calais en est l’illustration.  Ce triste et cinglant abandon territorial, véritable affront national, amorce la croissance du Front national. Cette population qui martèle une protection pour chaque français, se tourne vers ce parti idéalisant Charles Martel.

Cette société qui se réfugie derrière ses véritables origines « judéo-chrétiennes » et balance les anathèmes, mais sermonnée par un pape quelques années déjà avant ces drames : « France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » avant de rajouter «  France, fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ? ». Oui France tu peux te cacher derrière tes origines mais assume tes valeurs. Des valeurs revendiquées loin des yeux et loin du cœur par également ces bobos qui n’ont rien de beau, moralistes bourgeois qui sont pour l’accueil des réfugiés mais pas chez eux. Cette moraline nationale débouche  sur une république qui boite honteusement de ses bobos. France, « je te jette le gant du civisme : l’oses tu ramasser ? »

D’une République des Droits de l’homme et du citoyen, délaissant depuis 1968 peu à peu les devoirs du citoyen, face à la sacralisation de l’individu roi prenant le pas sur la société. La réaffirmation de la République pour endiguer ce long et profond déclin sociétal, est une nécessité. Cette Marianne à bout de souffle, se doit de rappeler ses hussards noirs, en sous-effectif, pour une intégration des citoyens et des réfugiés à la patrie, apprentissage de son Histoire, de sa langue et de sa culture. L’Etat Jacobin en panne, manquant de tranchant, de clarté, voire d’autorité, ne doit-il pas laisser sa place à l’Etat Girondin ? Une décentralisation permettant un exercice efficace du pouvoir doit parfaire ces problèmes en fonction du réel et non plus seulement armé d’idéologie. De plus, l’Europe, cette coupable constamment pointée du doigt, devrait couper l’ongle de ce doigt trop long, par sa reconstruction. Comment encadrer l’accueil et la répartition de centaines de milliers de réfugiés sans coopération et coordination ? Comment peser sur les questions géopolitiques sans une Europe unie ? La nécessité de l’Europe fédérale est ici : ne plus laisser deux mastodontes dicter l’ordre et le désordre mondial.  Ne pas imiter un président américain, idéalisé, paraissant véhément mais en réalité prononce un discours vain, et ment. Ne pas être tenté par un tsar paranoïaque souhaitant conserver sa seule base sur la Méditerranée en cas de conflit. L’Europe et la France ont un autre rôle à jouer, incarner la tempérance et l’humanité, le Vieux Continent doit être l’exemple de la sagesse. « La flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ».

Vendredi 23 septembre 2016, la Méditerranée pensant protéger ses côtes arrachait la vie d’une centaine d’individus, d’hommes, de femmes et d’enfants, au large de l’Egypte. Dimanche 23 avril 2017, la « Gaulle » barbare choisira ou non de redevenir la France, de passer d’une société française qui ne se regarde plus que le nombril puisque consciente que son nom brille, à la patrie que Georges Clemenceau proclamait « soldat de l’humanité ».

Un Tigre

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