Les chroniques d’un expat’ au pays de Goethe et de la bière (1)

Partie 1 – Le blues, mais avant même de partir

En 3A, Pierre a décidé de postuler pour l’Université Heinrich Heine de Düsseldorf (en Allemagne, pour ceux qui dorment au fond). Chaque mois, il vous raconte au travers de ses Chroniques de l’Expat’ un aspect de son séjour en Germanie…

Non, non et NON, je ne suis pas encore parti. Question stupide, d’ailleurs, et d’autant plus si tu me la poses alors que je suis LITTERALEMENT en face de toi. Bon, c’était prévisible, quand même. Je me doutais que mon retour à l’IEP en plein milieu du mois de septembre s’accompagnerait forcément de regards étonnés par ma présence en ces lieux. Moi qui, à l’instar de mes camarades 3A, aurait déjà dû entamer mon année à l’étranger.

Oui, mais non. Parce que moi, je pars en Allemagne. En Ex-RFA, pour être exact, dans le Land –l’équivalent germanique des régions- de Rhénanie du Nord-Westphalie. Un nom barbare, vous dites ? Et bien sachez qu’en allemand, ça se traduit Nordrhein-Westfalen. Bref : l’Université Heinrich Heine, à Düsseldorf (capitale du Land), compte d’après wikipédia près de 20.000 étudiants. Ça changera des promos de 80 de l’IEP. Par contre, au niveau des cours, je ne m’attends pas à un dépaysement total : ça sera de la science politique, de la sociologie allemande et un peu de relations internationales.

Ça me convient très bien, remarque, d’autant que tous les cours nous serons dispensés, à nous, cafards unilingues d’étudiants Erasmus que nous sommes, dans la langue de Shakespeare. Oui, Kevin, ça veut dire l’anglais. Parce que bon, on ne va pas se mentir : partir avec le programme Erasmus est rarement synonyme d’apprentissage de la langue locale. N’empêche, grâce au site Erasmus et aux cours de langues gratuits proposés en ligne, maintenant, je sais dire RUHREIN MIT SPECK. Je crois que ça veut dire omelette au bacon, ça peut toujours servir. Surtout si t’aimes l’omelette au bacon. Bon, moi, j’aime pas trop ça, mais tant pis, je ferai avec.

Mais ça, je vous en reparlerai tout au long de l’année, quand je serai sur place. Pour l’instant, je suis chez moi, dans ma chaise de bureau, en caleçon, éclairé par la seule lumière blafarde de mon écran 17 pouces. Mon départ n’est prévu que le 2 octobre –à environ deux semaines du moment où j’écris ces lignes [NDLR : Et à seulement 2 jours de la publication de l’article, le putsch est en route]. Vous savez comme l’herbe paraît toujours plus verte dans le jardin du voisin ? Surtout, si comme moi, votre voisin est féru de jardinage ? Et bien là, imaginez que le jardin, c’est les destinations Erasmus, et que la clôture par-dessus laquelle je regarde, c’est Facebook. Et Snapchat. Et WordPress… et à peu près toutes les plateformes de partage de photos. Bon, en gros, l’idée, c’est que quand t’es bloqué chez toi, et que les enfoirés qui partent au Brésil, au Chili, en Argentine, en Italie, aux States ou sur la Lune postent des putains de photos trop cool et vachement bath de leurs lieux de vacances –pardon, d’études-, voire même en font des BLOGS, ben toi, t’es pas jouasse, mon pote, ça non.

Et pourtant j’avais pas spécialement envie de partir, parce que ça signifiait laisser derrière moi ma famille, ma copine, mes potes et mon chat. Mais là, j’avoue que j’ai failli commencer de regretter d’avoir choisi Düsseldorf plutôt que Rio de Janeiro. Quitte à prendre des vacances d’un an, autant ne pas les prendre dans un climat continental. Et autant préférer le bord de mer.

Toutefois, je reste convaincu d’avoir fait le bon choix. Partir en Erasmus, c’est savoir que tu vas travailler, apprendre, devenir plus intelligent de jour en jour, pour peu que tu fasses preuve de motivation ; c’est aussi trouver une nouvelle famille, les autres étudiants Erasmus, sans pour autant en oublier tes racines ; enfin, c’est adopter, pour un an, une nouvelle culture, une nouvelle nationalité, une nouvelle patrie.

Travail, Famille, Patrie [NDLR : c’est pas un peu abusé ?]. Voilà trois mots qui résumeront sans doute tout à fait convenablement mon année Erasmus à Düsseldorf, capitale du Land Nordhrein-Westfalen, Allemagne.

Xoxo, German Boy

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