La bataille d’Hastings

Nous y sommes enfin. Les premiers exposés tombent, et avec eux les premiers commentaires parfois acerbes de ces bourreaux de profs et les PLS qui s’ensuivent. Les premiers rhumes aussi, annonçant une prochaine mise en quarantaine, mais également les nouvelles fournées de victimes de la terrible page de Scienceporifique (on raconte que certains 2A sécheraient les cours juste par peur d’y être affiché, pour vous dire le bordel que c’est devenu), d’autant plus avec le passage d’un WEI fatal pour pas mal de foies. Tout ça sous le signe d’une fin de l’été voyant la réapparition des vestes et autres doudounes pour des gens du Sud nostalgiques des 40 degrés à l’ombre que l’on peut constater dans leur foyer en Novembre (du moins, c’est l’idée qu’on s’en fait). En cette belle journée du 14 octobre, je vois toutes ces pauvres lamentations diverses et variées, et je m’imagine celles des braves guerriers agonisant sur le champ de bataille après des heures de lutte acharnée. Car, il y a 950 ans jour pour jour (c’est fou comme le temps passe vite quand on s’amuse), le destin de l’Angleterre fut changée a tout jamais…

Nous sommes en 1066. Un certain Guillaume (pas celui aux origines prussiennes et au nom de shampoing, on se détend) après maintes luttes du fait de son statut de bâtard, est depuis environ 30 ans duc de Normandie, et a développé son territoire de manière exponentielle au point de devenir une réelle puissance, pouvant s’opposer a son seigneur de jure, le roi de France (à la fin de sa vie, il sera devenu une des plus grandes fortunes de l’histoire, pour vous donner le niveau du bonhomme). Toutefois, ça ne lui suffit pas. Car oui, monsieur a légèrement de l’ambition. Qu’il veut assouvir en devenant… roi d’Angleterre. Rien que ça.

Il faut avouer qu’au pays des Rosbifs (comme disaient nos aïeux), c’est un peu n’importe quoi. En effet, le roi d’alors, Édouard le Confesseur, n’a pas d’héritier. Par ailleurs, du fait d’une invasion par les Vikings (et plus précisément, des Danois) dans sa jeunesse, il a dû trouver refuge en… Normandie. De ce fait, étant très attaché aux normands, il promet son trône au meilleur d’entre eux, qui n’est nul autre que notre bon vieux Guigui. Sauf que voilà, c’est pas si simple. Parce que ledit Édouard, pour éviter des conflits, a promis son trône à pleins d’autres gens, qui ne veulent pas du normand. De ce fait, c’est Harald II qui va être couronné roi d’Angleterre à la mort du Confesseur en janvier 1066, ce qui ne plait évidemment pas à Guillaume, qui va venir réclamer son dû.

Et vous pensez que c’est assez chiant comme ça ? Vous êtes mignons. Parce que je n’ai pas encore parlé du troisième prétendant : Harald Hardrada, roi de Norvège. Qu’est-ce qu’il fout là lui, vous entends-je déjà hurler. Il y a une raison toute bête : un vieux pacte entre le royaume d’Angleterre et le royaume de Norvège affirme que si le détenteur d’un des deux titres meurt sans héritier, c’est l’autre roi qui s’accapare du titre du défunt…

Guillaume n’a donc pas de temps à perdre et fonce sur les côtes Anglo-saxonnes, où il débarque avec son armée le 27 septembre 1066. Le 3 octobre, alors qu’il établit une tête de pont à Pevensey, il apprend qu’Harold II et Harald de Norvège ont croisé le fer près de York… et que ce dernier est passé de vie à trépas. Voilà Guillaume tranquille avec les Vikings, il ne lui reste plus qu’à renverser Harold II. Et cela devra se faire sur le champ de bataille…

14 octobre 1066. A Hastings, les deux armées se font face. Le moment décisif est arrivé. C’est dans cette plaine que va se jouer l’avenir du royaume. Les deux chefs sont présents de part et d’autre, haranguant leurs troupes en ordre de bataille. Les Normands lancent la charge sur les hauteurs tenues par les Saxons. Le fracas des armes est terrible, les cris de guerre se mélangent aux gémissements d’agonie, le sang coule à flot. Les troupes de Harold, bien campées sur leurs positions, contiennent les Normands, qui reçoivent l’ordre de se replier. La manœuvre est réfléchie, et marche : les Saxons abandonnent leurs positions défensives afin de poursuivre les fuyards, à la recherche de gloire et assoiffés de sang. Mais c’est sans compter sur la cavalerie de Guillaume, restée en arrière, qui donne la charge dans l’infanterie saxonne désormais désavantagée. Le massacre est effroyable, et l’armée du roi est refoulée. Le coup de grâce est alors porté par un petit commando normand, qui parvient à abattre Harold II. Ça y est, la bataille est finie. Guillaume le Conquérant vient de devenir le nouveau Roi d’Angleterre.

Les Normands vont dès lors dominer le royaume, et laisser une trace indélébile sur la future culture anglaise. Guillaume le Conquérant s’apprête à devenir un des plus puissants seigneurs européens, dont le pouvoir convoité le conduira à des années de luttes. Cela ne l’empêchera pas de révolutionner l’administration féodale, notamment avec le Domesday Book, qui va recenser toutes les possessions au sein du royaume.

Sur ces notes glorieuses et à la limite du chauvinisme (bien que mon cœur soit partagé entre la Normandie et le… bref, on s’en fout), je m’en vais courir en direction de la D26, fief du bloc « Relations Internationales ». Et, pour ceux qui me demanderont ce que je fous en T-shirt, c’est parce que vous êtes tout bonnement des fragiles. (Non je déconne, j’ai juste oublié mon pull et je me les gèle…)

L’Abbé.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :