[Littérature] « On peut tout quitter sauf ses obsessions »

Le roman très spécial de David Foenkinos, Charlotte, retrace la vie dramatique de Charlotte Salomon. Cette jeune artiste peintre exceptionnelle, frappée depuis toujours par la mort.

« Le pays entre en guerre, et c’est peut-être mieux.

Le chaos est le juste décor à leur douleur.

Pour la première fois, le conflit est mondial.

Sarajevo fait tomber les empires du passé.

Des millions d’hommes se précipitent vers leur fin.

L’avenir se dispute dans de longs tunnels creusés dans la terre.

Franziska décide alors de devenir infirmière.

Elle veut soigner les blessés, guérir les malades, réanimer les morts.

Et se sentir utile, bien sûr.

Elle qui vit chaque jour avec le sentiment d’avoir été inutile.

Sa mère est effrayée par cette décision.

Cela provoque des tensions et des disputes.

Une guerre dans la guerre.

Rien à faire, Franziska s’engage.

Et se retrouve proche des zones dangereuses.

Certains la jugent courageuse.

Elle n’a simplement plus peur de la mort. »

Charlotte, David Foenkinos (prix Goncourt 2014)

 

Une histoire au cœur de l’Histoire.

Des phrases très courtes, saccadées entraînent le lecteur dans la peau d’un extraterrestre.

Pour présenter un ouvrage aussi spécial, il faut trouver le ton.

Mon ton repose sur le choix de l’auteur.

Charlotte porte le drame dans ses veines.

Pourtant, elle reste détachée.

Dans la tragédie montante de la Seconde Guerre mondiale, rien ne l’atteint.

La sensibilité artistique de ses œuvres s’oppose avec cet éloignement constant du personnage.

Chacun de ses sentiments est atténué.

Loin de toute passion, elle n’aime pas, ne regrette pas, ne pleure pas.

C’est un roman sans cri.

Ou plutôt si.

Un grand cri.

Un cri muet qui ne s’arrête pas.

Une protestation contre ce monde pas fait pour elles.

Elles, ce sont ces femmes qui avant Charlotte ont vécu la même chose.

Mais elle, Charlotte, a une vie à confier.

Sa vie, son œuvre survivra.

Chacun de ses dessins appelle à autre chose.

David Foenkinos est intrigué.

Hanté par le souvenir de cette œuvre, de cette jeune femme, il cherche.

Il part en quête de Charlotte.

L’artiste le conduit à la femme.

Et ce qu’elle a confié comme étant « toute sa vie », devient le chemin.

Le chemin vers ce roman si particulier.

Une double quête.

Celle d’une jeune artiste perdue au cœur de la violence.

Et celle d’un homme perdu dans une vie, dans une œuvre qui n’est pas à lui.

M.A.L

 

 

 

 

 

 

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