Pourquoi Donald Trump n’a rien compris au commerce international ?

Donald Trump n’a cessé de le répéter tout au long de sa campagne : il sait comment faire de l’argent. C’est d’ailleurs ce talent pour les affaires qui lui a permis d’accroitre considérablement la fortune familiale et d’acquérir sa notoriété d’avant la présidentielle. Il exhibe ainsi un argument simple, voire convaincant : puisqu’il sait si bien gérer une entreprise, il ne peut que réussir à gérer l’économie américaine.

Quel est le problème ici ? Un Etat n’est pas une entreprise, cela pour deux raisons.

Un Etat ne fait pas faillite

Le fait que le commerce international repose sur les avantages comparatifs implique qu’un pays qui verrait sa domination sur un marché menacée aura toujours l’opportunité de se spécialiser dans un autre secteur. Un Etat ne peut donc que (très) difficilement faire faillite.

Un pays dispose d’un avantage comparatif par rapport à un autre pays s’il est plus productif dans la production d’un bien par rapport aux autres bien que son économie national peut produire. En d’autres termes, on ne compare pas les productivités (avantage absolu) mais le ratio des productivités des différents secteurs de l’économie d’un pays par rapport à un autre pays (avantage comparatif).

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A titre d’illustration, si je dis que le pays A produit quatre avions par heure et que le pays B en produit deux, je parle en avantages absolus. Par contre si je dis que le pays A produis 4 avions pour 100 chemises (il renonce à la production de l’un pour produire l’autre) et que le pays B  produit 4 avions 400 chemises, je parle alors d’avantages comparatifs.

Petit test : à partir du tableau juste en dessous, quel pays a intérêt à se spécialiser dans la production de quel bien ?

Coût d’un avion (en termes de chemises) Coût d’une chemise(en termes d’avions)
Pays A 25 0,04
Pays B 100 0,01

 

Solution : Un avion coûte plus cher en termes de chemises dans le pays B que dans le pays A. Inversement, une chemise coûte plus cher en termes d’avions dans le pays A que dans le pays B. Le pays A se spécialise donc dans les avions, et le pays B dans les chemises.

 Le commerce international n’est pas une compétition entre pays

Tant que les ratios des productivités respectives aux différents pays présents sur le marché international sont différents, il est possible de tirer parti d’un avantage comparatif. Ils peuvent donc s’adapter en changeant de spécialisation, quoi qu’il arrive.

Et si les ratios sont identiques ? Alors la théorie des avantages comparatifs nous dit que les pays n’ont tout simplement pas intérêt à commercer !

Le commerce international repose en effet uniquement sur des échanges mutuellement bénéfiques. En d’autres termes, il n’y a pas compétition dans le commerce international : soit un pays a intérêt à commercer, il s’ouvre alors aux échanges internationaux ; soit il n’en a pas et il consomme ce qu’il produit.

Pour conclure, on a cherché ici à démontrer qu’au-delà des propositions faites dans son programme électoral (qu’il ne tiendra très probablement pas), Donald Trump a une vision erronée en soi du commerce international.

G.Z.T

 

 

 

 

 

 

 

 

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