Quel est le point commun entre le Monopoly et la bourse?

Tout le monde a déjà joué une partie de Monopoly, souvent jusqu’à y passer la moitié de la journée. Les débuts de partie sont à peu près tous similaires : les joueurs avancent sur les cases et procèdent (ou non) à des achats, leur donnant un droit de propriété. Les lieux achetables ont des prix différents et, si vous tombez sur la case d’un lieu déjà acheté par un autre joueur, vous devez lui payer une redevance. Le plus intéressant commence lorsque les joueurs commencent à acheter des « hôtels » sur leurs emplacements. En effet, les investissements sont alors très lourds, et les redevances, si vous avez le malheur de tomber sur la case du voisin, ont de quoi vous mettre sur la paille en une seule fois.

Mais quel rapport avec la bourse ?  

Prenez deux actifs financiers. Un premier, dont le rendement sera déterminé par le résultat d’un jet pile ou face : si c’est pile, vous gagnez 10€, si c’est face, vous ne gagnez rien. Un second, qui vous octroie à tous les coups 5€.

Lequel sera le plus rentable en moyenne ? Aucun des deux, car leurs rendements moyens sont égaux ! En moyenne, gagner 10€ une fois sur deux correspond à gagner 5€ à tous les coups. Est-ce que l’on peut dire pour autant qu’un investisseur choisira indifféremment l’un ou l’autre des actifs financiers ? Non, car on admet généralement que les individus sont averses au risque, c’est-à-dire qu’à rendements égaux, ils choisiront toujours  une situation présentant moins d’incertitude – ici, l’actif financier vous donnant 5€ à tous les coups – .

Lorsqu’il s’agira de choisir où investir, on demandera généralement à un actif risqué d’avoir un plus fort rendement qu’un actif sans risque : c’est ce que l’on appelle la prime de risque.

Au Monopoly, un joueur peut choisir entre deux stratégies : placer tout son argent pour acheter toutes les améliorations disponibles sur une ou deux cases, ou bien améliorer un petit peu un plus grand nombre de cases. La première stratégie a pour intérêt de mettre sur la paille vos adversaires en une seule fois… pourvu qu’ils tombent un jour sur votre case. La seconde stratégie présente un rendement plus constant, mais la partie risque bien de durer jusqu’au lendemain matin.

Chacun aura tendance à tendre vers l’une ou l’autre de ces stratégies selon son aversion au risque : le joueur invétéré misera tout sur un gros coup, tandis que les plus frileux opteront pour la prudence. Même chose dans la bourse : un investisseur averse au risque se contentera d’un rendement faible, mais constant et peu risqué (des obligations d’Etat par exemple). A l’inverse un investisseur avec une faible aversion au risque optera pour des placements avec un fort rendement… mais beaucoup de risque.

Geoffrey Zoetelief Tromp

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :