Les Tribuns VS Révolte toi Sorbonne : un choc animé autour de la réforme des universités

En attendant l’article sur le choc avec NEOMA qui s’est soldé par une victoire des Tribuns de Saint-Germain ce jeudi 23 février, découvrez (enfin) le récit du premier choc des Tribuns de Saint-Germain, contre Révolte toi Sorbonne. Trois mois se sont écoulés depuis la tenue de ce premier match à la Sorbonne, mais comme dit l’adage, mieux vaut tard que jamais, ou vieux motard que j’aimais pour les admirateurs de Stéphane De Groot. Si les Tribuns s’étaient à l’époque inclinés, Marie Pujalté avait reçu le prix du meilleur orateur. 

La réforme des universités: le Gouvernement contre les députés d’opposition

Jeudi premier décembre 2016, quelques élèves de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye franchissaient les portes de la Sorbonne afin de participer au Choc organisé par la Fédération Française de Débat et d’Eloquence (FFDE). Bien que les sorbonnards constituaient l’écrasante majorité du public, les saint-germanois ne déméritaient pas pour soutenir leurs orateurs. Thibault, Marie, Enzo et Arthur, fièrement accompagnés par Max, s’apprêtaient à entrer  dans l’arène, dans le rôle du Gouvernement d’opposition – le Shadow Cabinet à la Française- pour défendre avec acharnement leur résistance à la privatisation des universités. Ils allaient être jugés, épiés et critiqués par un jury de taille -présidé par le sarcastique Bertrand Périer-, malmenés par le public sorbonnard mais ils étaient prêts à se battre.

Le combat commençait. Dorian, le Premier ministre Sorbonnard s’élança dans un discours éloquent, bien que légèrement prétentieux. Thibault prit sa place. Son expérience des débats politiques au sein de l’UPR lui apportait une énergie sans précédent ainsi qu’une grande maîtrise de ses propos.

Lorsque Benjamin, le second ministre du Gouvernement, monta sur l’estrade et déclama son discours, le public se fit entendre. « L’université se doit d’être le guide de notre beau futur et rivaliser l’université c’est rendre libre nos choix ». Des paroles fortes qui perdirent quelque peu leur sens lorsqu’il compara cette logique attentatoire à la liberté, à une glace chocolat-pistache. Arthur l’interrompit : « privatiser, n’est-ce pas exclure les pauvres ? ». « Privatiser, c’est redonner les moyens aux chercheurs », répondit agressivement le Sorbonnard.

Vint le tour d’Enzo. « La Sorbonne comme la Joconde ne sont pas à vendre », il précisa de ne pas vouloir « se lever le matin pour étudier à l’Académie Bolloré ». Très apprécié du public, il parvint à esquiver les tentatives d’interruption de la Sorbonne : « Lorsque vous respecterez le format du débat, je vous répondrai ».

Tristan le qualifia de « Jean-Luc Mélenchon du pauvre » et déplora son « vide argumentaire » avant d’introduire un discours énergique. « L’université est une prostituée, elle tente de plaire à tout le monde mais ne satisfait personne ». Il renversa les questions de l’opposition sans ne jamais perdre son calme : « devant la qualité de votre question, j’apporterai une non-réponse ». Marie parvint, pour autant, à l’intercepter : « le système à la française n’est-ce pas celui de l’université publique ? », grandement applaudie par le public.

En parlant de Marie, c’était à présent à son tour de s’élancer. Ses références à Monet, Manet, Bourdieu et Chomsky ne passèrent pas inaperçu . Elle condamna un « projet de loi absurde » et avança des arguments républicains : « L’universalité c’est la liberté, l’égalité, la fraternité ». Malgré une infinie sagesse, elle su se défendre. « La démocratie réside-t-elle dans le fait qu’un pour cent des fils d’ouvrier soient à HEC ? » demanda le Premier ministre Sorbonnard. Elle défendit alors l’égalité des chances et déplora « les logiques de profit », acclamée par une foule en délire.

Le dernier orateur Sorbonnard, Salah, avança sur l’estrade. Il souligna les contre-sens de l’opposition et en usa afin d’argumenter son propos libéral: « Ce n’est pas le problème d’un ascenseur en panne, il suffit de prendre l’escalier ».

Arthur prit place afin de clore le débat. Les ministres du Gouvernement ne parvinrent à interrompre ce défenseur acharné de la République Française : « Vous couvrez de honte le buste républicain ». Il s’emporta et sa voix envahit la salle, Bertrand Périer se protégeant avec ses feuilles des hurlements.

Et Bertrand Périer enflamma l’amphithéâtre

Alors que le jury se retirait, Max prit la parole : « L’IEP et la Sorbonne c’est 863 ans d’écart, c’est David et Goliath mais on espère que la conclusion sera la même ». Les délibérations furent longues, le jury semblait hésiter.

Lorsqu’il revint enfin sur l’estrade, le suspens était à son comble. Pourtant, si les orateurs attendaient avec impatience leur sentence, tous les regards étaient tournés vers Maître Périer. Toute la salle attendait son ressenti, ses critiques. Le public assista à un véritable one man show de la part de l’avocat, qui revint sur les défauts et les qualités, plus souvent les défauts soyons honnêtes, de chaque orateur, “tous sous cocaïne” selon lui.

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Maître Bertrand Périer – Crédit: SorbonneTV

Devant un public déjà hilare, il dressa ensuite le portrait des orateurs. Dorian fut qualifié de dictionnaire, Thibault de croque-mort : “Ce qui l’excite ce sont les rapports de la cour de comptes”. Il revint sur l’obsession de Benjamin pour les glaces chocolat-pistache et déplora le choix de l’image, “effectivement l’université ça fout les boules”, plaisanta-t-il. Enzo fut qualifié de  “gueulard” : “Il a foutu la fiscaliste du jury au chômage”. Il ne fut guère plus clément avec Tristan puisque s’il “se lève à 10h du matin, c’est normal qu’il ne soit pas à Sciences Po”. Il releva également, toujours avec humour, “le retour d’expérience” du jeune orateur quant à sa comparaison de l’université avec une prostituée.

Les rires de la salle se faisaient de plus en plus forts quand vint le tour de Marie. Bien que “traumatisée par le bac”, Maître Périer semblait avoir apprécié sa performance. “C’était, beau, c’était frais”. Salah n’eut pas les mêmes éloges. “Un oeil qui se regarde dans le miroir”, pour le Narcisse des Temps Modernes. Pour notre dernier Tribun, Arthur, l’avocat s’emporta et l’imita en criant, “ Qu’est-ce qu’on lui a fait pour qu’il gueule comme ça, c’est pour ça que Marianne tremble”.

Pas peu fier d’avoir démoli l’ensemble des orateurs, Bertrand Périer s’attela désormais à la lourde critique de notre kakémono. “Qui est l’auteur de cette merde ?”, hurla-t-il en désignant notre tout nouveau faire-valoir, un peu triste certes. Un jury survolté en somme, qui décida, après ce numéro comique, d’attribuer le prix du meilleur orateur à Marie. Si la victoire ne fut pas au rendez-vous pour Les Tribuns, l’expérience n’en fut que davantage enrichissante pour notre jeune IEP, qui a remporté le 23 février son choc contre NEOMA, à domicile.

Hugo Carlier, Laura Coursimault, Max Courtinat

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