Dissonance cognitive : déni et entêtement

L’actualité nous offre avec la situation de François Fillon et le contexte de la manifestation au Trocadéro, une bonne occasion pour se demander ce qui pousse une personne engagée pour un parti, une idéologie ou un candidat à persister voire accentuer son engagement face à une remise en cause.

Pourquoi dans certaines situations où les convictions de certains sont contredites, ces derniers, au lieu d’accepter de s’être trompés, redoublent paradoxalement d’efforts pour justifier leurs actions?

Un concept de psychologie sociale peut nous aider à comprendre ce type de réactions paradoxales : la dissonance cognitive.

Ce terme un peu barbare décrit un phénomène relativement simple : c’est le malaise qui est ressenti par un individu qui fait face à une contradiction dans ce qu’il pense, quand la réalité ne correspond pas aux attentes ou convictions de quelqu’un. Un exemple serait la découverte des crimes de Staline par un citoyen de l’URSS persuadé par la propagande soviétique du bien-fondé de toutes les actions du petit Père des peuples.

Cette contradiction implique en théorie une remise en cause, du style « je me rends compte que je me suis trompé,  je corrige mon opinion ».

Un refus de la remise en question

Toutefois, en réalité, ce n’est pas aussi simple ; la théorie de la dissonance cognitive nous apprend que, bien souvent, confrontés au malaise crée par cette contradiction/remise en cause, les individus préfèrent tenter d’y échapper en ignorant la contradiction.

La conséquence est donc ce que nous observons actuellement en politique : pour des militants, un renouveau d’enthousiasme, des convictions confortées, un engagement renforcé.

Eddie Harmon-Jones résume ce phénomène dans son ouvrage A Cognitive Dissonance Theory Perspective on Persuasion: « La dissonance survient quand les personnes sont confrontées à une information qui n’est pas cohérente avec leurs croyances. Si la dissonance n’est pas réduite en changeant sa propre croyance, elle peut avoir pour effet la restauration de la cohérence au moyen d’une perception erronée de cette information non cohérente, du rejet ou de la réfutation de cette information, en recherchant le soutien d’autres personnes qui partagent les mêmes croyances, et en tentant d’en persuader les autres »

Ce concept de dissonance cognitive est utile pour comprendre le comportement d’autrui mais il peut aussi l’être pour vous et moi : il facilite l’acceptation d’être bousculé dans ses propres convictions et de la remise en cause d’une opinion. Car l’entêtement et l’aveuglement sont les ennemis de la réflexion…

Max Courtinat

 

 

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