Chronique d’un français au Canada

« Oh Caaanadaaaa … » Si l’hymne du Canada ressemble plus à un chant de noël interprété par la chorale de l’école maternelle de Saint-Nom-La-Bretèche qu’à notre belle et fière Marseillaise, rien ne vous empêche de continuer la lecture de cet article, et moi de prolonger mon séjour au pays de Justin Trudeau (Djustine pour les intimes).

Voici maintenant un mois que la deuxième génération de Saint-Germanois – composée essentiellement de moi-même – a planté son étendard en pays Ontarien, dans la capitale fédérale plus précisément, j’ai nommé Ottawa. Forte de son presque million d’habitant, Ottawa est une cité naine aux côté de Montréal et Toronto. Si la ville a parfois la réputation de « Ville la moins fun » du Canada à cause des nombreux édifices fédéraux qui arborent ses rues disposées en parfait quadrillage, le français fêtard et explorateur trouvera sans aucun doute son bonheur.

  • Le cliché, parce que ça fait plaisir

A peine arrivé, tranquillement pas vite comme disent les canadiens francophones -qui se nomment fièrement franco-ontarien dans la province d’Ottawa – que me voilà déjà imprégné du cliché Canadien. Imitations Québécoises douteuses à base d’accent prononcé et expression imagées, perte totale des repères face à l’immensité du territoire, mais également dépaysement total en comparaison au stress parisien. Il faut en effet savoir que le Canadien est un individu lent, très lent, qui s’arrête au feu rouge (sauf pour tourner à droite, ils ont le droit sisi), ne klaxonne pas, et évite en règle générale d’écraser les ptitis écureuils noirs et roux qui arpentent si biens villes que campagnes.

Pour continuer à surfer sur le cliché tout en restant dans le fun fact, mon installation en collocation fut un réel bonheur après avoir découvert l’équivalent d’un quart de caribou dans notre congélateur commun. J’ai su plus tard que le pauvre animal avait été chassé par mon nouveau colocataire originaire du Nunavut, la plus grande province du Canada située à l’extrême nord.

  • Le boulot, parce que c’est Sciences Po qui rémunère le Grand Pari

Pour ramener un peu de sérieux dans cet article qui en manque cruellement, attardons nous désormais sur l’université d’Ottawa, ou « uOttawa », la plus grande université bilingue français/anglais au monde, avec 43 000 étudiants. Comme attendu, il s’agit d’un réel campus à l’Américaine, qui possède ses propres restaurants, distributeurs de billets de banque, infrastructures sportives.

Si globalement la charge de travail est moins importante qu’à Sciences Po avec douze à quinze heures de cours par semaine, les lectures obligatoires vous rappelleront au mieux votre douce année de prépa, ou au pire vous feront regretter les trente pages hebdomadaires d’HPI en première année. Pour ce premier semestre en effet, pas moins de trois mille pages obligatoires réparties sur 10 ouvrages, sans compter les sources additionnelles qu’il faudra consulter pour les travaux écrits. « La 3A c’est chill’ qu’y disaient ».

  • Le chill, parce qu’on est dans un pays libre

Mais ne soyons pas mauvaises langues, ce premier mois a été un premier mois de découvertes et de rencontres. De l’autre côté de la rivière des Outaouais, qui sépare Ottawa de la Province de Québec, se site en effet le magnifique et gigantesque parc de la Gatineau, qui s’étend sur plus de trois cent kilomètres carrés, et contient probablement autant de lacs de toutes tailles. Le climat estival du mois de septembre – et ne parlez pas encore d’été indien, car il s’agit d’une courte semaine entre début octobre et début novembre – nous a permis de profiter de l’eau tiède du lac Meech le temps d’une après-midi.

Pour les amateurs de vélo, Ottawa est également une ville cycle friendly, qui dispose de nombreuses pistes cyclables très agréables et bien entretenues, le long de Canal Rideau notamment, qui fut construit au XIX° siècle pour relier Kingston à Montréal en contournant le rétrécissement du Saint-Laurent afin de permettre une communication fluviale plus aisée pour assurer la défense du Canada en cas d’attaque américaine. Bref, avec un vélo acheté modestement 50 $CAN et un peu de motivation, un parcours d’une trentaine de kilomètre vous permettra de découvrir quelques-unes des plages d’Ottawa, ainsi que de merveilleux points de vue sur le Parlement du Canada ou encore la rivière des Outaouais.

Pour conclure sur un petit bilan de ces premières semaines, Ottawa est une ville à taille humaine, où il est très facile de se déplacer, située au milieu d’une nature Canadienne exceptionnelle, et où la pinte de bière n’excède que rarement les 8$ (5.5€).

Hugo Carlier - Lac Meech, Parc de la Gatineau

Hugo de Champlain, envoyé spécial au département d’Histoire de l’Université d’Ottawa pour la reconquête de la Nouvelle France.

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