Les Saoudiennes autorisées à conduire, une avancée majeure pour le droit des femmes.

L’Arabie Saoudite est le dernier pays du monde où il est interdit aux femmes de conduire. A partir de juin 2018, les femmes saoudiennes devraient être autorisées à prendre le volant, une avancée majeure qui laisserait entrevoir de beaux jours pour ces femmes !

Mardi le 26 septembre 2017, un décret signé par le roi Salmane a été dévoilé par l’agence de presse officielle SPA. Ce décret, autorisant les femmes à conduire, devrait rentrer en vigueur en juin 2018. C’est une vrai révolution pour les femmes saoudiennes qui obtiendront enfin le droit de conduire – droit qu’elles réclamaient depuis des années – . Certaines militantes avaient déjà bravé l’interdit et risqué d’être arrêtées. Deux d’entre elles avaient même été renvoyées devant un tribunal « antiterroriste » pour avoir conduit, raconte le New York Times.

Ainsi cette décision royale est une grande avancée pour le droit des femmes, d’autant plus que l’Arabie Saoudite était le dernier pays au monde qui interdisait aux femmes de conduire. Ainsi les femmes saoudiennes seront libre daller où elles le souhaitent sans être conduites par un chauffeur, ou un homme de leur famille. De plus, accorder aux femmes le droit de conduire est un symbole fort dans la conquête des droits des femmes. C’est un premier pas vers leur émancipation dans un pays où les femmes sont encore soumises à la tutelle du genre masculin.

  • Une avancée sociale cachant une arrière-pensée économique

Cette mesure lève ainsi un tabou dans ce pays ultra-conservateur, mais néanmoins l’égalité est loin d’être présente. D’autant que cette décision royale nest pas sans arrière-pensée. En effet, le roi souhaite entreprendre un grand plan de réformes sociales et économiques à l’horizon 2030 pour limiter la dépendance du pays au pétrole. L’économie de lArabie Saoudite repose sur les recettes pétrolières, or l’effondrement des cours de lor noir à engendrer des difficultés budgétaires dans le pays. Le défi actuel pour l’Arabie saoudite est donc de diversifier son économie et, de ce point de vue là, empêcher les femmes de conduire est un frein. Ne pouvant pas conduire, les Saoudiennes se déplacent principalement en taxi ou par le bais de chauffeurs privés « étrangers », d’où un coût économique particulièrement élevé. De plus, une femme qui ne conduit pas est « un poids »: il faut que son mari la conduise et se faisant il doit sabsenter de son travail réduisant ainsi sa productivité. Ainsi les raisons de ce décret sont principalement d’ordre économique. Mais il y a aussi une arrière-pensée politique : le roi assouplie les moeurs pour repousser les critiques d’une récente campagne de répression.

  • Des Saoudiennes s’éclatent sur la piste de danse

Clémence Vigneau - photo 3

Ce décret a été précédé par un autre événement majeur. En effet, samedi 23 septembre a eu lieu la fête nationale, où pour la première fois les femmes ont pu rentrer dans un stade de Riyad et faire la fête avec les hommes. Concerts et feu dartifice étaient au programme. Femmes et hommes dansaient cote à cote dans une ambiance festive : une révolution dans un pays régit par une stricte ségrégation entre les genres dans les lieux publiques. Mais cette libération sociale cache cependant une répression sévère. Par exemple l’espace de liberté d’expression s’est restreint, notamment sur les réseaux sociaux tel Twitter. Alors peut-on réellement parler d’une avancée sociale ?

Peut-on imaginer une égalité des sexes en Arabie Saoudite d’ici quelques années ou n’est-ce qu’une vaine utopie ? Certes cette avancée majeure enchante, mais il faut savoir que les droits des femmes sont encore bafoués en Arabie saoudite, enfin dans de nombreux pays aussi mais ce n’est pas le sujet, même si, soit disant passant, c’est révoltant -Moi, féministe, mais non…-

  • Encore beaucoup de boulot…

Et oui, vous vous doutez bien, il reste en Arabie saoudite beaucoup de progès à faire. Les femmes saoudiennes n’ont pas le droit de se marier, de divorcer, d’ouvrir un compte en banque, d’être opérées ou de travailler sans l’autorisation d’un tuteur masculin. Celui-ci est généralement le père, le mari, le frère ou même le fils.

De plus, le corps d’une femme constitue un véritable tabou. Une femme ne peut pas apparaître en public sans abaya (long vêtement recouvrant tout le corps). Il y a d’ailleurs eu un scandale à ce sujet en juillet dernier. Une jeune fille avait diffusé sur SnapChat une vidéo d’elle en train de marcher en minijupe, tee-shirt, cheveux détachés dans la forteresse d’Ushaiqer. Elle avait été interpellée et réprimandée. Les Saoudiennes ont aussi moins de poids devant la justice ; un témoignage de femme peut valoir jusqu’à deux fois moins que celui d’un homme et leur part d’héritage est aussi inférieur à celui d’un homme. De plus il y a une ségrégation des sexes dans les espaces publiques.

Ainsi pourrait-on envisager que ce décret soit le début d’une révolution des mœurs en Arabie Saoudite? Les femmes saoudiennes pourront-elles un jour être libérées de la tutelle de la gente masculine et vivre en paix ?


C’était Clémence Vigneau, nouvelle rédactrice et un peu féministe sur les bords.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :