Pourquoi devrait-on se calmer sur les notifications?

Au-delà même des nombreuses notifications issues du groupe « Sciences Po SGEL Anciens et Nouveaux », le monde numérique transparaît à travers nos écrans par les notifications. Ces notifications qui nous rappellent la présence d’applications sur notre téléphone, comme si les logiciels voulaient vous rappeler leur existence. Cette persistance de notifications est assez paradoxale. La notification est, par définition, un élément visuel qui traduit quelque chose d’exceptionnel, dans le sens où si tout était notifié, alors les notifications n’auraient pas de raison d’être. Le paradoxe est donc bien là, la quantité de notification supprime même son utilité initiale qui est de nous faire remarquer tel ou tel événement.

Ce paradoxe amène à un problème plus vicieux, au vu du nombre de notifications – et du coup leur affaiblissement – les marques/associations sont obligées de communiquer deux fois plus pour attirer l’œil. Ainsi, on produit d’autant plus de notifications. Plus il y a de notifications, plus on en produit. Les notifications n’ont donc plus de sens. Les informations sur les réseaux sociaux sont totalement désincarnées de leur contenu. Combien de fois a-t-on vu une notification qui nous intéresse, mais faute de concentration, impossible de se rappeler de l’heure de l’événement, alors qu’on vient de la regarder il y a 5 secondes ?

Et ainsi on rythme ses journées entre les notifications Facebook, puis Twitter, puis SnapChat. Ensuite on check nos mails, possiblement le mail de notre association. S’en suivent les messages, puis pour ma part Slack, et on oublie pas le plus important : Messenger. Il est midi, on a fini de faire le tour. Maintenant c’est à nous de contacter nos amis, l’administration, des entreprises ou des associations. On devient producteur de notifications à la place de consommateur. Mais si on peut avoir l’impression qu’il est pire de recevoir que de donner, c’est une erreur. En fait, c’est le contraire, les réseaux sociaux ne pardonnent pas, pour chaque notifications dont je suis le producteur, je reçois au moins trois notifications des consommateurs. Les likes, les « j’adore » puis les commentaires et enfin, les identifications.

Tout ça pour dire que finalement, les réseaux sociaux rythment l’ennui comme nos montres rythment l’heure. Et tel l’aiguille, on finit par tourner en rond, sans cesse, en tombant sur une vidéo de Speech, Konbini ou d’une quelconque vidéo de foodporn sur laquelle tu identifies ton ami-e avec qui tu ne feras probablement jamais ce cookie fondant au soixante chocolats. Une notification de plus. Une parmi tant d’autres, on arrive à un stade où le nombre de notifications permet d’estimer la rudesse de la journée qui nous attend. « 5 notifications, c’est une journée tranquille » ou alors « Waow, 15 notifications alors que c’est pas mon anniversaire, rude journée à suivre ».

Évidemment les notifications ne sont pas obligatoires et chacun peut en quelques clics ou glissements de doigts en finir avec les notifications de telle ou telle application. Si nous avons autant de notifications c’est qu’on le souhaite, parce qu’au fond recevoir une notification reste un acte positif. On se dit « Enfin ! Quelque chose à faire » alors que finalement on connaît déjà le peu d’intérêt de la publication avant même d’avoir cliqué dessus. On écrira un léger « mdrrrrrr » au commentaire du voisin de TD sans pour autant avoir souri. Et les notifications s’accumulent pendant ce temps. Les notifications on les veut parce qu’on souhaite être informé, on veut conserver le lien en dehors de la seule rencontre physique et prolonger l’amitié à travers Facebook. En fait, on lit sans retenir, on aime sans regarder, on voit sans observer, et puis finalement on est une notification de plus.
Les NTIC contribuent à hauteur de 2 % aux émissions européennes de gaz à effet de serre, (selon un rapport de septembre 2008 réalisé par l’agence d’évaluation environnementale BIO Intelligence service). Les prévisions estiment que ces émissions auront doublé d’ici 2020. De même, un chercheur de Harvard, M. Wissner-Gross, a calculé que chaque requête sur internet produit 20 milligrammes de C02 par seconde.
Les notifications sont donc la source de deux pollutions. D’une part, l’environnement, d’autre part l’esprit.

Source : http://www.co2stats.com/

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