PRANK: IELS DEVIENNENT VEGAN.E.S (tourne bien) – PART 1 : Etienne

En bon.nes bobos curieux.ses, après quelques temps à s’informer sur le sujet à travers des blogs, récits, films documentaires etc… Nous avons décidé de faire l’expérience, de plus en plus courante, de nous essayer au régime végétalien (à différencier de la philosophie végane qui pousse l’effort jusqu’à éviter tous les produits -vêtements, outillage, cosmétiques…- contenant des éléments issus de l’exploitation animale) ainsi, nous avons passé tout notre mois de novembre sans un gramme de nourriture d’origine animale… Ou presque.
Nous, Étienne et Iris, avons décidé de vous raconter notre expérience pour Le Grand Pari mieux que l’aurait fait n’importe quel article de Vice ou Konbini.

  • Étienne

Intéressé par les régimes alimentaires alternatifs plus éthiques, écolos (et sains ?) depuis mi-2017, j’ai essayé le régime végétarien pendant l’été 2017. Pouvoir, à l’échelle individuelle combattre les lobbys ou respecter la cause animale était une opportunité très intéressante. La suite logique du parcours a été de m’essayer au végétalisme. Après de nombreuses discussions ô combien consensuelles avec Iris, nous avons conjointement décidé de nous essayer au dit régime.

  • PHASE 1 : FROM BOBO TO PARANO

Avant de commencer un nouveau régime, on commence par se renseigner sur celui-ci. J’ai alors entrepris des recherches pour savoir ce qui était vegan et ce qui ne l’était pas. À ma grande tristesse, j’ai découvert qu’énormément de produits théoriquement végétaux (margarines, bières, vins…) contenaient – en faible quantité – des produits issus d’animaux. Devenir végétalien.ne, c’est donc dans un premier temps devenir parano :

“Ok google, est-ce que quelqu’un a eu la bonne idée d’éclaircir telle gamme de telle marque de bière avec telle substance issue des arêtes de poisson ?”
“Eh, mais dis moi Jamy, quel est l’intérêt de mettre des protéines de lait dans des margarines censées être aux huiles végétales ?”

Telles sont les questions que sont amené.es à se poser tout.es aspirant.es au régime végétalien. Les listes de courses deviennent des plans de bataille élaborés au produit près, internet notre meilleur ami pour éviter de manger le moindre gramme d’animal, et on devient pro pour lire les étiquettes de composition de nos achats.

  • PHASE 2 : ON M’APPELLE L’OVNI ALIMENTAIRE

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En soi, manger végétalien seul n’a pas été difficile. Il suffit de n’acheter que des produits végétaux, puis de les cuisiner et de les manger. Simple. Basique. Simple, toutefois uniquement lorsqu’il s’agit de manger seul. Manger dehors, que ce soit dans un restaurant non-spécialisé dans le régime végétalien ou chez l’un de ses amis devient un véritable parcours du combattant :

“Dis, ça ne te dérange pas de me faire une part sans crème ni oeufs ?”
“Bonjour monsieur, est-il possible de consommer ce plat sans viande ni fromage ?”

Le regard intrigué, on me fait répéter plusieurs fois ce dont je ne veux pas, puis effectue un gribouillis sur un carnet. 15 minutes plus tard, le plat arrive. Avec du fromage.

Heureusement, cette expérience m’est arrivée le premier jour de ce “mois vegan”, ce qui m’a permis par la suite d’insister avec fermeté sur ce dont je ne voulais pas. J’ai dû aussi imposer mes exigences alimentaires chez mes parents, mes amis, ou même en général à toute personne qui avait de la nourriture à m’offrir.
D’un point de vue interactionnel enfin, on peut parler des nombreuses questions qu’implique le fait d’être un.e “OVNI alimentaire” : “Est-ce que tu as le droit de manger cela ?” et “Ça ne te manque pas, les produits animaux ?”.
Bien sûr qu’on a le droit, on n’est pas végétalien.ne parce qu’on veut s’imposer des choses contre notre volonté, c’est un choix : on pourrait en manger mais on a décidé, chacun.e pour ses raisons, que ça nous plaisait plus de se nourrir ainsi.

  • PHRASE 3 : LIBÉREZ LE RU.

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À l’IEP, l’expérience n’est pas plus facile, en petite partie parce que celle.ux qui le fréquentent considèrent tout régime alimentaire comme un parti pris politique et une source de débat, et en grosse partie car rien n’y facilite la consommation de produits uniquement végétaux. Première épreuve : la machine à café. Il s’agit alors de s’assurer que votre café ne contiendra aucune goutte de lait. Facile. Plus difficile en revanche : manger au RU le midi.

“ Bonjour madame. Vous allez bien ? Je suis désolé, je ne peux manger aucun produit laitier, aucune viande, aucun poisson et aucun oeuf. Que puis-je vous prendre ?”

Les plats y sont tellement tous préparés avec des produits animaux qu’après avoir essayé une fois d’y manger et en être ressorti sans entrée, avec pour plat des haricots et pommes de terre vapeur et pour dessert une pomme, je me suis mis aux tupperwares. Dans le cadre d’un régime végétalien volontaire (ce qui est un luxe) cela ne pose pas de problème. La question d’un repas quantitativement et qualitativement suffisant pour ceux qui ont des restrictions imposées (religieuses, allergiques, médicales…) peut par contre être posée.
En revanche, les paniers bios de Saint Germain en Laygume ont été une initiative qui a contrebalancé au sein de l’IEP l’aspect problématique de la nourriture fournie par le CROUS !

  • LE BILAN.

En mangeant végétalien, j’espérais avoir des réponses à plusieurs de mes interrogations :

– Tout d’abord, en maintenant le même rythme de vie que le mois précédent, changer d’alimentation aurait-il un effet sur ma santé et mon bien-être, comme le suggère le documentaire engagé What the Health ?

Résultat : 2kg en moins. Pas de changement notoire au niveau de la forme ou de l’état de santé, aucune maladie sur tout le mois mais rien ne permet d’établir une corrélation entre alimentation et santé sur ce point.
Après discussions avec d’autres personnes véganes de l’IEP, il s’est avéré que certain.e.s d’entre elle.ux ont ressenti des changements, essentiellement dans leur forme au quotidien, leur énergie, leur sommeil.

– Ensuite, cela coûterait-il plus cher ?

Étant donné que la viande et les produits laitiers sont chers, leurs produits dérivés le sont aussi. Manger végétalien revient donc aussi cher voire moins cher qu’une alimentation “classique”.

– Pourrais-je continuer à être végétalien après cette expérience ?

Bien sûr que j’aurais pu. Techniquement en tout cas. J’ai repris une alimentation (presque) “traditionnelle” après cette expérience. Ce choix s’est fait essentiellement face à la difficulté technique et sociale de la chose : comme il n’est presque plus possible de manger facilement dans un resto, au RU, ou chez des amis, j’ai fait le choix de devenir flexitarien. Je prolonge ainsi depuis le mois de novembre une version “plus simple” de l’expérience, en continuant à n’acheter que des produits végétaux, quand il s’agit de ma consommation individuelle. Le reste du temps, j’accepte de manger des produits issus de l’exploitation animale au RU, au resto ou chez mes proches. C’est avant tout la difficulté “sociale” (la famille qui cuisine de la viande, le burger entre potes…) qui fait que pour le moment je ne reconduis pas totalement l’expérience, même si j’aimerais et je compte la reproduire à l’avenir.

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