PRANK: IELS DEVIENNENT VEGAN.E.S (tourne bien) – PART 2 : Iris

En bon.nes bobos curieux.ses, après quelques temps à s’informer sur le sujet à travers des blogs, récits, films documentaires etc… Nous avons décidé de faire l’expérience, de plus en plus courante, de nous essayer au régime végétalien (à différencier de la philosophie végane qui pousse l’effort jusqu’à éviter tous les produits -vêtements, outillage, cosmétiques…- contenant des éléments issus de l’exploitation animale) ainsi, nous avons passé tout notre mois de novembre sans un gramme de nourriture d’origine animale… Ou presque.
Nous, Étienne et Iris, avons décidé de vous raconter notre expérience pour Le Grand Pari mieux que l’aurait fait n’importe quel article de Vice ou Konbini.

Iris
  • Stratégie : supprimer ou substituer ?

Il faut savoir que ça faisait déjà 1 an que je mangeais végétarien chez moi, et plusieurs mois que je faisais pareil à l’extérieur. Deux ans après avoir lu Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer, je n’étais pas à convaincre. L’enjeu pour moi était donc d’éliminer les derniers produits animaux de mon frigo (RIP le beurre et le miel). J’ai donc établi un plan, que je résume ici, juste pour vous :

LE MANUEL VEGAN POUR LES NULS :

28308872_1258663697601971_1996639396_n.png

  • 1- Lire les étiquettes c’est chouette

Contrairement à Étienne, je n’ai fait aucune recherche sur l’alimentation végane. Ma documentation s’est contentée des étiquettes des produits avant de les acheter. Je suis éternellement reconnaissante du fait que les œufs et les produits laitiers soient aussi des allergènes et doivent donc être affichés en gras. Repérer la poudre de lait entre deux émulsifiants et un exhausteur de goût est parfois plus compliqué qu’il n’y paraît. Autre solution plus simple : acheter tous les ingrédients purs, et cuisiner soi même (je plaisante, j’ai jamais fait ça).

  • 2- Si c’est louche pas touche / Boycotte ton CROUS

En France, pour éviter tout accident, j’ai adopté la technique de l’évitement. J’ai donc séché l’étape CROUS durant tout le mois, ainsi que tout type de restauration ne pouvant pas me certifier une préparation végane.
À part quelques fails (voir effet dumbgry), tout se passe bien, même si les goûters collectifs deviennent des moments très tristes où j’amène l’unique type de gâteau que je puisse manger et je regarde tout le monde déguster kouign amann, chouquettes, et autres délices pâtisseresques.

  • 3- Remplacer n’est pas tricher

Devenir végane ne veut pas dire oublier les plaisirs de la bouffe. Si l’on ne veut pas trop changer ses habitudes alimentaires, remplacer des ingrédients par d’autres, similaires ou substituts peut être une solution à court terme. Ainsi, au petit dej, mon lait est devenu lait de riz, et mon miel sirop d’agave. Pour mes pâtes, j’ai remplacé le pesto par la bolognaise végétale de Lidl et le fromage râpé par de la levure de bière. [Pour les snacks, j’ai découvert les barres de céréales et les Spéculoos de Lidl.]
(Attention toutefois à bien remplacer aussi les valeurs nutritionnelles : remplacer un steak par un pâté de quinoa n’est pas suffisant, désolée)

(Ne ratez pas les éditions suivantes : 4- Le bio c’est bobo et 5- Si t’es Charlie, mange un kiwi)

  • Crash test : l’Allemagne, vegan friendly ?

28449885_1258663467601994_1181014031_n.png

Le 31 octobre, je me préparais donc mentalement à galérer en société pendant 1 mois. La veille du jour fatidique, j’ai décidé de marquer le coup. Alors que je ne digère plus la viande depuis longtemps, j’ai acheté le burger le plus dégueu de Burger King (le “Chili”, vraiment les gars mangez pas ça), et j’ai fait passer le truc dans mon tube digestif (je ne vais pas dire manger c’était vraiment immonde). Parée pour ma privation d’un mois, j’ai attendu le début de novembre.

Première semaine, Allemagne. Malheureusement, je n’ai pas réussi à manger vegan.
Pourtant, je n’ai eu aucun problème à trouver de quoi manger vegan, même au restaurant. Eh oui, fun fact : malgré leur cuisine traditionnelle à base de charcuterie bien FAT, type currywurst et autres joyeusetés, les Allemand.e.s ont un super choix de plats vegan. Et même : iels SAVENT ce que vegan veut dire, contrairement à 70% de la restauration française (statistiques 130% véridiques).

-> photo

  • Découverte de l’effet dumbgry

Dumbgry : Contraction de « dumb » et « hungry ». Effet fâcheux qui, en moment d’extrême faim, retire à un cerveau la capacité de se rappeler que non, tout le monde n’est pas vegan et que par conséquent, leur bouffe non plus.

Si ce n’est pas l’offre des restaurants, qu’est ce qui a bien pu m’empêcher de tenir le défi en Allemagne ? Ai-je craqué ? Même pas, la seule raison de mon échec est simple : quand j’ai faim, je suis teubé.

Reconstitution : le mardi matin, encore un peu fatiguée du trajet, je me fais une tartine de Nutella, que je mange avec le plus grand naturel. C’est seulement deux jours plus tard qu’au détour d’une conversation, mon cerveau connecte enfin «pâte à tartiner au chocolat au LAIT» et «non-vegan».

C’est ce type d’oubli qui aura raison de moi pendant tout le mois, surtout la deuxième semaine. Quand mon estomac, parlant à ma place, me faisait accepter des aliments que j’identifiais comme non vegan seulement une fois que j’avais bien fini d’en manger la dernière miette.
Finir les épinards d’un pote au CROUS ? Raté, ils étaient au BEURRE. Gratter un Granola à ma voisine en TD d’institutions européennes ? Chocolat au LAIT. Taxer une petite gaufre avant de commencer l’aide aux devoirs ? Vous avez l’idée.

  • Bilan

Ce défi m’a permis de répondre à mes questions sur plusieurs idées reçues :

– Tenir un régime alimentaire strict, c’est impossible ?

Malgré mon régime à 99% végétarien, j’ai toujours eu tendance à faire de petites entorses, comme goûter un plat contenant de la viande. Même si je ne considère plus les produits animaux comme des éléments nutritionnels, il m’arrive toujours de leur conférer une valeur gustative.
Le caractère catégorique du défi vegan m’a donc permis de déconnecter pendant un temps de cette logique.
Debunk n°1 : Quand catégorique la règle est, plus facile de s’y tenir c’est.
Eh oui, comme le dit maître Yoda, on a moins de remords (moins, pas aucun) à faire refaire intégralement un falafel dont le houmous n’est pas vegan («BJR JE FÉ DU HOUMOUS É JMÉ DU LÉ ALOR KE SA SER À R1»), quand on a un but précis (vegan) et une limite temporelle précise (pendant 1 mois).

– Est-ce que des produits animaux m’ont manqué ?

Pas vraiment. Même au supermarché, je n’ai pas jeté un œil aux produits animaux, puisque je savais qu’ils ne faisaient plus partie de mon alimentation. Les seuls moments de manque étaient sociaux, avec l’exposition à des plats et pâtisseries non vegan cuisinés par d’autres personnes, par exemple.
Debunk n°2 : Le fromage ça s’oublie (si t’as pas d’amis).

– Est-ce que le véganisme, c’est manger bio santé ? aka « Les véganes iels mangent des cailloux laul »

Debunk n°3 : Devenir végane ≠ manger bien.
Même si l’expérience d’Étienne donne l’impression que manger vegan = bobo bio alter-mondialiste sans gluten, véganisme ne veut pas nécessairement dire santé. Personnellement, j’ai choisi le mois végane pour tester tous les pires produits Lidl, entre les chips à 55 cts, les Spéculoos à l’huile de palme, et la pâte à tartiner Spéculoos aux carbonates de sodium (vous avez saisi le thème), afin de me préparer au mieux à passer les rudes mois d’hiver.
Résultat : +2kg

Il ne faut pas oublier que le véganisme est une démarche qui s’inscrit dans plusieurs efforts simultanés, et que l’alimentation végétale n’est qu’un seul élément de cette philosophie de vie. Manger local, bio, équitable, en vrac pour limiter les déchets plastique, éviter les produits transformés sont autant d’éléments s’inscrivant aussi dans une démarche éthique, saine et écologique mais qui ne portent pourtant pas l’étiquette “vegan”.
On peut donc être végétalien et spéciste[1], végane et non-écolo, végane et en mauvaise santé alimentaire.

– Est-ce que manger végétalien coûte plus cher ?

Debunk n°4 : Manger végane ≠ claquer ta thune pour des steaks de “viande” reconstituée
Les produits animaux coûtent en général plus cher que les légumes et féculents, qui font la base de l’alimentation végétale. Toutefois, il ne faut pas nier que les substituts tels que fromage, steaks et autres préparations véganes coûtent cher, tant à produire qu’à consommer. Pour exemple, il existe un substitut de foie gras, le “faux gras”, qui se classe dans les produits de luxe. De même, comme pour mon cas avec les snacks véganes, acheter des produits transformés, véganes ou non, continue à coûter cher. Manger végane peut donc coûter beaucoup moins cher, mais tout dépend de ce que l’on consomme et comment. Quoiqu’il en soit, cuisiner soi-même revient toujours moins cher.

– Et maintenant ?

Faire un mois de végétalisme m’a permis de me rendre compte que ce n’est pas si dur.
Chez moi, le beurre et le miel ne sont pas revenus, même si un peu de fromage apparaît de temps à autres dans mon frigo et si le chocolat s’est réinstallé dans mon alimentation de confort. Même si je ne considère plus les produits animaux comme des éléments indispensables à mon équilibre nutritif, je continue à en apprécier certains pour leur qualité gustative ou émotionnelle (coucou le super couscous au bouillon de poule de Grand-Mère).

Ma démarche actuelle est d’essayer, autant que possible, d’éviter de financer, directement ou indirectement, l’industrie alimentaire de l’exploitation animale.
La stratégie de l’évitement m’a surtout incitée à durcir ma politique en ce qui concerne la restauration : sauf situation extrême ou question de gaspillage alimentaire, je ne consomme plus de produits animaux dans les enseignes ne pouvant me certifier leur origine. Les restaurants bios étant extrêmement rares, je suis donc devenue végane à l’extérieur. Adieu le CROUS, donc, mais bonjour le Tien Hiang, les falafels Maoz et Hank Burger, tant d’enseignes proposant des menus végétaliens qui ne soient pas de la salade à l’eau.

J’ai choisi de faire exception sur les plats préparés par mes proches et amis, et de les consommer même s’ils ne sont pas véganes (mais tout de même végétariens).
On peut donc dire que je suis flexitalienne (non je déconne ça existe pas). En résumé, bien que les jours véganes soient plus rares sans contrainte catégorique, je prends note des produits animaux que je consomme et je m’en passe si j’en ai l’occasion.

En guise de conclusion, nous conseillons à tou•tes celleux qui seraient motivé•es par l’expérience de la tenter. Manger végétalien contribue à l’effort écologique individuel, à militer pour l’antispécisme, ou contre les méthodes violentes d’exploitation des animaux. Cela contribue enfin, si l’on en croit certaines études à un meilleur état de santé (voir documentaire What The Health ?). Enfin, ce n’est pas Iris et ses Spéculoos vegan à l’huile de palme (1€39 LES 500g chez Lidl TMTC) qui pourront vous le garantir.

Mais avant tout, pour ceux pour qui sauter le pas semble trop lointain ou irréalisable, il faut savoir que chaque effort compte. Ainsi, réduire sa consommation de viande de chaque repas à deux ou trois fois par semaine a déjà un impact.
Cet article, s’il doit vous faire réfléchir, n’est pas là pour vous culpabiliser. Nous sommes les premiers à en témoigner, par nos écarts, par nos choix d’achat : toute démarche est imparfaite, et nous nous devons de l’accepter.
Toute prise de conscience, toute réduction de protéines animales, même d’un seul produit, contribue à une démarche qui prend du temps, et dont le rythme est propre à chacun.

Les régimes végétaux ne doivent pas être vu comme une contrainte, une entrave à une vie épanouie, mais comme une façon alternative de profiter du merveilleux monde de la nourriture. Alors, si le cœur vous en dit, go vegan (pour un mois ) !

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :