Un vent de liberté à Mossoul après les cendres de l’État islamique.

Aujourd’hui encore, dans les cafés jordaniens d’Amman, on se remémore l’époque où l’on envoyait fièrement ses enfants étudier dans les écoles irakiennes, les plus réputées de la région; où on passait ses vacances en Syrie…
Si cette époque peut paraître lointaine, il faut savoir que l’Irak, berceau de l’humanité à la richesse archéologique et culturelle sans égale, fut un lieu d’étude de prestige au Moyen-Orient. Avant 1990, le système éducatif irakien était l’un des meilleurs de la région, avec un accès démocratisé et égalitaire au savoir.
Le gouvernement du parti Baas avait mis en place un système éducatif centralisé, donnant une impulsion généralisée à la scolarisation, autant pour les filles que pour les garçons. De Bagdad à Bassorah, Erbil et Mossoul, l’Irak, foyer culturel, va, malheureusement connaître ses années noires.

Cependant, aujourd’hui, l’université de Mossoul porte les stigmates du passage de Daech. En effet, quand l’assaut sur la ville a été lancé le 6 juin 2014, les étudiants passaient leurs examens de fin d’année. C’est à côté de débris et au centre de la suie qu’on peut lire جامعة الموصل (Université de Mossoul), une université devenue un champ de ruines.
La bibliothèque de Mossoul, abritait des ouvrages rares et anciens, dont des oeuvre datant de 5000 ans avant Jésus Christ témoignaient de l’invention de l’écriture. Malgré le rassemblement des habitants de Mossoul sur le lieu pour dissuader les extrémistes de mettre le feu au bâtiment, ce sont plus de 2000 livres qui ont été brûlés.

La culture, la civilisation et la science, forces ennemies de l’EI, n’ont pas pour autant péri, c’est toute la ville de Mossoul qui connaît un vent de liberté et un bouillonnement culturel.

En effet, l’université de la ville est en voie de reconstruction, projet financé par la France. La musique y reprend ses droits, avec Amin Mokdad qui a organisé un concert de violon, lors d’un festival de lecture avec distribution de livres, poèmes et jeux pour enfants. Les rues de Mossoul pétillent à nouveau de vie.
Un autre exemple symbolique de cette effervescence culturelle se concrétise par l’ouverture d’un café littéraire dans la ville de Mossoul. Grâce à l’initiative de deux jeunes irakiens dont l’un d’entre eux, Fahd Sabah, a été en contact avec l’AFP en janvier 2018. Au café « Forum du livre », des Irakiens de toutes générations, jeunes et moins jeunes, hommes comme femmes, se rassemblent dans le café de Sabah pour discuter de littérature, musique, politique ou histoire.

Cette entreprise est d’autant plus réjouissante que, quelques mois auparavant elle aurait été impensable. Le co-fondateur, heureux de l’engouement que procure son café littéraire explique aux journalistes l’importance du retour de lieux comme celui-ci pour la reconstruction culturelle irakienne après l’obscurité de l’EI.

« Alors qu’on vivait sous le joug de l’EI, je me suis dit qu’il fallait absolument ouvrir cet endroit. Il fallait informer les gens, éclairer les esprits, amener de nouvelles idées » a confié un habitué des lieux âgé d’une trentaine d’années à l’AFP. Tous les clients voient dans ces cafés une opportunité de « libérer les esprits et les idées après avoir libéré le terrain » – Fahd Sabah, co-fondateur du café littéraire.

Ils permettent à tous, « hommes et femmes », de retrouver un accès au savoir et à la culture afin de reconstruire aussi bien matériellement qu’intellectuellement la culture irakienne. La création de ce lieu nous autorise à porter un regard optimiste sur la renaissance de cette région dévastée par l’EI.

Abu Firas Al Hamdani né en 932 à Mossoul est un célèbre prince et poète du monde arabe. Ce poème est écrit en 968, lorsqu’Abu Firas Al Hamdani est emprisonnée à Constantinople après une bataille, grièvement blessé, il écrit son propre thrène « Mossoul ne sois pas triste ».

« Ne sois pas triste, ô ma petite fille,
Tous les êtres doivent partir un jour.
Je te souhaite, ô ma petite fille,
Beaucoup de patience face aux grands drames
Pleure-moi amèrement derrière voilette et rideau
Et si m’appelant tu venais à désespérer d’avoir une réponse dis alors :
Il n’a pas été donné au fleuron du bel âge, Abu Firas, de jouir de sa jeunesse »

أبنيتي لا تحزني كل الأنام إلى ذهاب

أبنيتي صبرا جميلا للجليل من المصاب

نوحي علي بحسرة من خلف سترك والحجاب

قولي إذا نادينني وعييت عن رد الجواب.

زين الشباب أبو فراس لم يمتع بالشباب

MIFTAH Lina et BUONANNO Camille

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