La prise de drogues chez les étudiants

Tout le monde a déjà eu un rapport, direct ou indirect, avec la drogue. Nous connaissons tous quelqu’un qui fume, et vous avez sans doute déjà connu cette sensation désagréable appelée gueule de bois un lendemain de soirée.
Et oui ; navré mais vous vous êtes sans doute déjà drogués. En effet, une drogue est une substance altérant nos capacités (les diminuant ou les augmentant), à laquelle il est possible de développer une addiction.

La cigarette, l’alcool sont donc des drogues.

Ces drogues sont légales, mais de très nombreux d’entre nous on déjà testé des substances qui elles sont illicites. Je vous parle bien évidemment du cannabis, en tout premier, mais également de la cocaïne, des ecstasy, de la MDMA, du speed, et même certains médicaments comme le Xanax ou encore les Purple Drank (à base de sirops codéinés).

Mathilde* a accepté de répondre à nos questions vis-à-vis de son addiction passée.

Le Grand Pari : « Bonjour Mathilde. Si ton expérience avec les drogues dures a finalement été courte, elle existe bel et bien. Peux-tu nous parler de ces drogues, et de ton rapport avec elles ?

– Déjà on parle bien de drogues dures ?

LGP : Oui oui, uniquement les drogues de synthèse. En terme de fréquence, combien tu en prenais ?

– Ça marche, alors je me suis droguée facilement 4 jours sur 7 voire plus pendant plus de 2 mois. C’était extrêmement facile de m’en procurer car l’un de mes meilleurs potes de cette époque était grossiste.

Et du coup, penses-tu qu’une personne lambda peut se procurer ce type de drogues facilement ?

– Oui, c’est très facile. Il faut savoir que les prix de ces drogues ne sont pas si élevés que ça. Pour la LSD il faut compter entre 8 à 10€ le carton, pour l’ecsta c’est 10€ la pile, concernant la MDMA c’est 10€ les deux parachutes, pour la coke c’est 90€ le gramme, et pour les poppers 10€ la fiole. Mon pote grossiste touchait sa MDMA à 30€ le gramme.

Je vois. Tu peux nous dire dans quel contexte tout ça a commencé ?

– En soirée, on parlait de drogues. C’était la première soirée que je faisais avec mon dealer ; il m’a demandé quelles drogues j’avais déjà testé (LSD, poppers et cocaïne), et il m’a proposé de prendre un quart d’ecsta (un ¼ de cachet d’ecstasy, ndlr) pour voir ce que ça fait, il m’a passé un autre quart puis la moitié qu’il restait, après c’est parti en para (=parachute, ndlr) de MD etc.

Et c’était chaque soirée comme ça?

– Tous les soirs, je sortais par ma fenêtre, je restais avec eux jusqu’à 6h du matin, je rentrais chez moi me préparer et j’allais en cours. Mon corps a failli me lâcher 3-4 fois à cause du manque de sommeil. On était accro au bonheur car c’est le seul truc dans cette p***** de société qui nous a rendu contents, euphoriques.

Tu penses que c’est quoi le principal danger de ces substances ?

– Il faut prendre ça avec les bonnes personnes, sinon c’est le bad trip assuré, surtout quand c’est les premières fois. Savoir ce que tu prends est super important aussi, et savoir les doses, car même avec ça tu peux être vraiment mal.

Et, pour finir, t’estimes-tu contente de t’en être sortie ?

– Clairement si j’ai arrêté c’est parce que je me suis embrouillée avec mes potes et que je veux reprendre ma scolarité en main, si demain je peux en avoir j’en prendrai sans hésiter une seule seconde.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions, et bon courage pour la suite ! »

(* le nom a été changé afin de conserver l’anonymat de notre interviewée)


 

Ce qui ressort de cet échange, c’est vraiment la facilité avec laquelle on peut se procurer de la drogue, mais aussi et surtout le constat (qui peut paraître choquant) fait de la part de l’interviewée. Consciente des risques, elle n’hésiterait cependant pas à en reprendre, et ce malgré qu’elle soit sortie de son cercle de dépendance. Un bilan dur (grosse pertes de poids, addiction, perte du contrôle de soi), mais qui pourtant ne lui fait pas froid aux yeux.

Certes, elle est un exemple parmi des dizaines d’histoires différentes. Mais qui n’a jamais eu envie de s’échapper de cette réalité terne, de ce quotidien morose ? C’est ce qui rend ces drogues particulièrement dangereuses.
La dépendance arrive plus vite qu’on ne le croit aussi, d’après elle. Un peu à la manière de la cigarette (analogie pleine de sens).

D’un point de vue plus technique, n’oublions pas que les drogues de synthèse sont des produits chimiques, et que le risque de s’empoisonner avec des produits de coupe (comme du détergent par exemple dans la cocaïne) est très élevé.

Les drogues de synthèse, disposant d’un marché de plus en plus étendu, de prix de plus en plus attractifs, se démocratisent dangereusement.

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