Tribune : le respect, ou un mot souvent employé mais méconnu

Avant d’être directement classée dans la catégorie « moralisatrice qui pense être mieux que les autres », sachez que cette tribune n’a pas pour but de pointer un doigt accusateur sur un ou plusieurs d’entre vous, mais plutôt d’attirer votre attention sur un sujet que je trouve crucial, et qui nous concerne tous, vous comme moi, et même au-delà de l’enceinte de l’IEP, en tant qu’êtres humains de manière générale.

Vous l’aurez sans doute compris, ma tribune concerne ce qu’il s’est passé à la dernière conférence organisée par les Rencontres, mais également de manière plus générale dans d’autres rencontres à l’IEP ou ailleurs. Je pense sincèrement, et sans haine dans mes propos, que nous arrivons à un point de notre vie où il nous faut faire la part des choses et nous questionner réellement, sur nous, sur ce que nous sommes actuellement, mais également sur le genre de personne que nous voulons être, tout cela en ayant en tête ce que nous voulons faire plus tard.

Il est vrai que je n’étais pas présente à la dernière conférence me direz-vous, mais cela ne m’a pas empêchée d’en avoir de nombreux échos, d’autant plus que ce qu’il s’y est dit a fait débat. Alors oui, certes, c’est notre droit, non sans importance, de poser des questions aux intervenants, et plus encore de les faire sortir de leur zone de confort, d’aller titiller les sujets dont on ne parle pas, pour tenter peut-être de leur rappeler que cela ne passe pas inaperçu, que nous sommes conscients des incohérences existantes et que nous ne laissons pas tomber. Nous ne sommes pas stupides, nous sommes même intéressés, curieux, dynamiques et critiques, et c’est bien. Je pense même que c’est le but de nos études, l’essence même de cette école, de former des gens curieux et voulant apprendre, mais tout en gardant un certain recul, un certain avis critique qui fait que nous n’apprenons pas simplement tout en bloc sans faire de distinction.

Mais maintenant c’est à moi de m’adresser à vous modestement, et peut-être ai-je tort, mais Sciences Po c’est aussi une réflexion sur soi-même dans un monde donné à un moment donné, une mise en perspective. Et pour la plupart d’entre nous, même la grande majorité, nous allons après nos études rentrer dans un monde du travail extrêmement compétitif, où nous le savons l’art de la manipulation et d’écraser ses concurrents sont rois. Peut-être est-ce le moment de changer ça, tant que nous le pouvons encore, tant que nous sommes encore dans un environnement assez solidaire pour aller chercher ce qu’il y a de plus important. Je ne parle pas de la gentillesse, je sais comme vous le savez qu’il est impossible de demander cela à tout un chacun chaque jour.

Non, ce dont je vous parle c’est d’être juste, et pour être juste il me semble qu’il faut être respectueux, de nos amis, des autres mais avant tout de soi. Or, ne pas respecter les autres me donne l’impression que nous ne nous respectons pas nous-mêmes. Oui, il s’agit de donner une bonne image de notre école encore jeune, mais je ne suis pas là pour vous parlez d’un sujet qui fait de manière générale consensus, au moins dans l’idée de la chose.

Monsieur Asselineau, bien qu’il soit loin de recueillir l’approbation générale, a eu la gentillesse de se déplacer jusque dans notre amphithéâtre Cocteau, quand beaucoup auraient refusé. Je pense que non seulement pour cela, nous lui devons respect, mais également car il reste un être humain comme vous et moi, et que le respect des choses et des personnes est selon moi une des plus belles choses que l’on peut trouver dans la nature humaine.

Alors, s’il vous plaît, je vous le demande sincèrement, voulons-nous être respectueux ? Ou préférons-nous n’être rien de mieux que ces personnes irrespectueuses que nous avons chacun l’occasion de voir tous les jours, dans la rue, à la télévision, ou sur Twitter ? Je suis persuadée que dans une certaine mesure, nous voulons tous être bons, être respectueux, et être justes. Être juste envers soi-même, être juste envers les autres, parce que c’est à ce moment-là que nous gagnons le respect d’autrui. Si nous étions tous justes et respectueux, aucun doute que les choses seraient plus simples. Et même si nous ne pouvons l’être de manière constante, je vous l’accorde, nous pouvons au moins tous essayer de l’être, pour ne plus vivre dans un monde où le respect passe souvent à la trappe, au profit d’une intelligence et d’une pertinence toutes aussi importantes, mais qui ne peuvent selon moi exister sans respect et sens de ce qui est juste.

J’espère ne pas vous avoir donné l’impression que vous avez perdu votre temps, mais plutôt qu’en arrivant au bout de ces quelques lignes, vous penserez peut-être ne serait-ce que quelques minutes, ou secondes, à ce que j’ai tenté de transmettre, parce que je ne demande pas plus. Et si vous n’êtes pas d’accord, qu’il en soit ainsi, ce n’est que l’avis d’une personne qui a jugé important de parler d’un sujet qui lui tenait à cœur, le temps de quelques lignes.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :