Macron et la lutte contre le changement climatique, les paroles sans les actes

La décision du gouvernement d’intégrer cette dimension écologiste à l’article 34 de la Constitution s’inscrit dans une stratégie de communication, plus que dans une réelle volonté de changement.

Ce mercredi 4 avril, le Premier ministre Edouard Philippe a réaffirmé l’ambition écologiste du gouvernement en annonçant que la réforme constitutionnelle, bientôt soumise au Conseil d’Etat, inscrirait « l’impératif de lutte contre le changement climatique à l’article 34, qui définit le domaine de la loi ». Pourtant, les ONG n’ont pas adhéré à la décision de l’exécutif. En effet, bien qu’importante, la mesure risque de ne pas produire d’effets rapides, « alors qu’il y a urgence », comme le notait la spécialiste de droit public Marie-Anne Cohendet dans Le Monde. La Fondation pour la nature et l’homme dénonce ainsi un « green-washing constitutionnel ». Car la mesure ne fixe pas de cadre législatif global en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique : elle permet simplement au législateur d’agir dans ce domaine.

  • « De la poudre aux yeux »

« C’est de la poudre aux yeux », martèle Stéphane Foucart, journaliste scientifique au Monde. Pour l’auteur de Populisme climatique : Claude Allègre et Cie, enquête sur les ennemis de la science, en 2010, « Macron, le climat, ça ne l’intéresse pas plus que ça : il n’a presque rien fait contre le réchauffement, depuis le début de son mandat. »
Le gouvernement est vivement critiqué pour l’écart entre ses paroles et ses actes en matière de protection du climat. Nicolas Hulot, dont la nomination au Ministère de la Transition écologique et solidaire avait suscité beaucoup d’espoir, a ainsi dû annoncer qu’il serait « difficile » de tenir les engagements du président sur la réduction de la part de l’énergie nucléaire. « La fermeture de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est le seul véritable accomplissement de Macron en ce qui concerne l’écologie », estime Stéphane Foucart.

  • Un exemple français à l’international ?

Pourtant, le président français réaffirme volontiers son intérêt pour les problématiques écologistes, lors de meetings internationaux comme le One Planet Summit ou en promouvant des initiatives comme celle de l’Alliance Solaire Internationale, lors de sa visite en Inde. Mais également sur les réseaux sociaux, notamment grâce au slogan « Make our planet great again », ou encore en invitant les chercheurs américains en France –se posant ainsi en adversaire du très climatosceptique Donald Trump. Une communication en anglais, pour mieux séduire à l’international, selon Stéphane Foucart, qui explique : « La problématique du réchauffement climatique fait consensus dans le monde.» «Macron veut la place vacante de grand leader écolo international », conclut-il.

Sources : Stéphane Foucart, Légifrance, Le Monde, le Huffington Post, Reporterre, Libération, France 24

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