Pourquoi il ne faut travailler que 15 heures par semaine

En 1930, Keynes avançait une théorie prônant une réduction considérable du temps de travail quotidien dans les pays développés, supposément condensé à trois heures par jour en 2030.

Ces idées auparavant énoncées par Benjamin Franklin ou Marx, qui se régalait à l’idée d’un avenir ou chacun « aurait le temps de chasser le matin, pécher l’après-midi, s’occuper d’élevage le soir et s’adonner à la critique après le repas (…) sans jamais devenir chasseur, pêcheur, berger ni critique »

Qu’est-il advenu de votre semaine de quinze heures ?

Si, à l’époque, tout semblait converger vers une minimisation optimale de ce temps de travail, l’arrivée massive des femmes sur le marché a impulsé le départ d’une nouvelle manière de vivre, rythmée par le désir de posséder toujours plus, duquel découle l’angoisse de ne plus avoir assez. La société de consommation a fait sombrer l’idéal de la semaine de 15 heures au fond de l’océan d’utopies réalistes (je sais, c’est un oxymore) oubliées.

L’explication rationnelle de l’échec de la semaine de 15 heures se trouve en effet au sein même de votre mode de vie occidental : il nous est inconcevable de céder notre précieux pouvoir d’achat à raison de seulement quelques heures de temps libre. Je n’aurai peut-être pas mon vendredi soir, mais j’aurai Google Home.

Cependant, les idées avancées par Rutger Bregman font de cette solution collective un baume aux commotions dont fait état la société actuelle. De la même manière, les enquêteurs de l’université de Cambridge ont abouti en 2010 à la conclusion que la semaine raccourcie ne serait pas seulement une manière d’augmenter votre bonheur et état de santé, mais l’unique moyen d’y parvenir.

Ils vous dépeignent une société avec un niveau de stress moindre, à raison des nombreuses heures de loisirs. Où haut niveau de vie et vie privée ne sonneraient pas comme des antonymes.

Où de la réduction du rythme de consommation découlerait celle l’empreinte écologique laissée par les baby-boomers de l‘an 2000.

Où les femmes, libérées des charges familiales imposées par le modèle conservateur de la famille père au travail – mère au foyer, seraient libre de prendre pleinement part à l’économie. (C’est prouvé, les pays disposant des rythmes de travail les plus légers sont également au premier rang en matière d’égalité des sexes).

Où le chômage serait mathématiquement plus léger, bien qu’il soit impossible de modéliser l’emploi comme un bien distribuable aléatoirement entre individus.
(Mais ici encore, l’Organisation Internationale du Travail nous a démontré que la division entre plusieurs individus de postes auparavant occupés par une seule personne avait largement contribué à la remise sur pied de notre système économique après la dernière crise).

Si certains économistes se rallient à ces théories, les contestations fusent, dépeignant les idées de Bregman comme des pensées naïves, irréalisables économiquement parlant.

Mais dans un système ou l’économie semble arriver à bout de souffle au sein de nombreux pays, ces idées aux antipodes du courant pessimiste environnant, semblent être la Genèse d’une nouvelle manière d’organiser nos sociétés.

Clémentine B

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