Les maux de l’étudiant

Manque de confiance, angoisse constante, absence de motivation, frustration… Autant d’émotions par lesquelles un étudiant passe lors de son parcours. En dehors du cadre réconfortant du lycée ou de la famille, se retrouver seul et libre du jour au lendemain peut nous rendre complètement perdus.

Même si cela ne concerne pas tout le monde, personne ne peut nier avoir passé une phase de déprime ou de ruminement, aussi courte soit-elle. Des maux qui peuvent gâcher des journées entières, saper nos travaux et nos révisions, impacter notre vie sociale. C’est pourquoi aujourd’hui, cet article va tenter de combiner et synthétiser des techniques pratiques pour apprendre à se débarrasser une fois pour toutes de ses pensées néfastes, ou du moins de vivre avec. Avant toute chose, il faut rappeler que les solutions proposées sont des exercices simplistes pour résoudre ses difficultés psychologiques à un stade mineur : si vous pensez que vous (ou quelqu’un de votre entourage) souffre de problèmes plus graves comme la dépression, l’angoisse handicapante, les troubles répétitifs du sommeil ou de l’alimentation, etc, n’hésitez à vous rediriger vers de véritables spécialistes qui sauront prendre les choses en main, si ce n’est pas déjà fait. Pour les étudiants en manque de temps des prescriptions sont faisables en ligne, et pour ceux en manque d’argent, des séances gratuites avec des psychologues (traitent les problèmes par la parole) ou des psychiatres (traitent les problèmes par les médicaments) sont proposés dans les BAPU (Bureaux d’aide psychologique universitaire), les espaces santé Jeune et les PAEJ (Points accueil et écoute jeunes).

On peut commencer par l’un des troubles les plus courants, tellement qu’à un certain niveau cette émotion est purement naturelle jusqu’à ce qu’a une échelle critique elle ait des répercussions physiques sur nous. On parle ici de la gestion du stress ou de l’angoisse en général. Que ce soit avant un examen ou une prestation on a tous déjà sur-réagit parce qu’on était stressé. La douleur et la peur qu’entraîne cette émotion a de mauvaises conséquences sur notre corps et notre train de vie : elle peut entraîner des difficultés à respirer, des nausées, des troubles du sommeil et autres choses charmantes… Mais ce problème étant très courant et répandu, plusieurs techniques efficaces et simples existent ! Si l’on souffre d’un stress chronique, qui nous fatigue et nous rend constamment tendus, il est conseillé de se réserver des instants de lâcher-prise dans son travail ou ses révisions : pratiquer un sport, se détendre ou bien sortir avec des amis. Être plus organisé dans son travail (diluer son boulot, prévoir les projets à l’avance, ne pas procrastiner) évite aussi d’être submergé par la panique. Pour ce qui est du stress qui apparaît et agit comme un fardeau avant un examen ou un oral, on peut envisager plusieurs options retrouvées dans des témoignages d’étudiants :

-souvent lors de l’approche d’une épreuve, on a tendance à envisager les pires scénarios, à se focaliser sur ce qu’on ne sait pas et ce dont on n’est pas capable. Or, il faut aller à l’encontre de cette angoisse et la démonter méthodiquement. Quelles sont les raisons de cette peur ? Est-elle légitime ? Et une fois avoir mis un mot sur la source d’inquiétude, il faut la minimiser en se focalisant sur nos capacités, nos connaissances. S’encourager et se motiver restent des solutions évidentes, mais auxquelles on ne pense pas forcément.

-Les astuces peuvent aussi être pratiques et corporelles. On peut penser aux exercices de respiration et à la méditation qui agissent sur les premiers symptômes du stress, ou les objets antistress (élastiques, balle) qui permettent de focaliser ses pensées sur un autre point. L’aide peut même venir de l’extérieur : extérioriser cette peur, placer des mots dessus face à ses parents ou ses amis et ils pourront vous rassurer, partager leurs propres ressentis, vous faire relativiser…

-À un certain niveau de stress, il est compliqué pour certaines personnes de se raisonner elles-mêmes et de venir à bout de leurs angoisses. Il est possible dans ce cas d’avoir recours à des traitements médicaux ou paramédicaux comme l’homéopathie (médecine qui adapte le corps du sujet aux maux dont il souffre), la phytothérapie (médecine à base d’extraits de plantes) ou bien à des médecines alternatives comme la sophrologie (méthode de développement personnel). Il faut simplement se rappeler qu’en tant que traitements médicamenteux ou expérimentaux, ces techniques ne sont pas fiables à 100% et peuvent posséder des effets secondaires.

On peut arriver à un second problème que beaucoup de témoignages au sein de Sciences Po ou de la communauté étudiante ont mis en lumière. Celui d’un trouble psychologique que très récemment évoqué et qui touche pourtant énormément de monde : le syndrome de l’imposteur. Ce syndrome exprime la certitude de ne pas être à sa place, de ne pas être méritant par rapport aux autres, de rabaisser sans cesse son travail et son potentiel. En somme, tout cela est lié à un manque d’estime et de confiance en soi ainsi qu’à la peur d’échouer et de décevoir. Les psychologues à l’origine de l’étude de ce syndrome déclarent qu’environ 60 à 70% de la population l’aurait déjà subi au moins une ou plusieurs fois dans sa vie. Les solutions qu’on peut proposer sont donc d’abord un travail sur soi-même :

-déjà il ne faut pas oublier que ce problème est de plus en plus discuté et de nombreux témoignages de personnalités (l’acteur Don Cheadle, l’actrice/scénariste Tina Fey, la chef de l’OMS Dr Chan…) alertent l’opinion publique sur ce trouble psychologique. Les gens touchés ne sont pas des cas isolés et leurs situations sont lentement mais surement prises en compte et respectées.

-Ensuite, il faut apprendre à s’apprécier soi et son travail. Tout d’abord en cessant d’être perfectionniste à l’excès, le tout n’étant pas d’abandonner toutes appréciations de son boulot mais simplement d’intégrer le fait que la perfection ça n’existe pas, et que la viser n’est pas bénéfique. Il faut aussi apprendre à être plus indulgent avec soi-même. On connaît tous la petite voix dans nos têtes qui ne cesse de mettre en avant nos défauts et nos peurs. L’idée n’est pas de la faire taire, puisque c’est impossible, mais c’est de la mettre à l’épreuve de la logique : la confronter à nos expériences de réussite passées, à nos bons souvenirs, aux propos rassurants des autres. Qui logiquement dois-je croire entre un mécanisme psychique qui m’est propre et qui tire profit de mon manque de confiance et d’estime, et mon entourage ainsi que moi-même qui savons pertinemment, et avec des preuves de ce dont je suis capable et ce que je vaux ?

-Enfin il faut accepter le fait d’être un être humain avec ses difficultés et ses défauts, mais aussi ses talents et qualités notamment en arrêtant de se comparer, de manière malsaine, aux autres. En effet, nous vivons dans une société de consommation qui a tendance à mettre en avant des individus « parfaits » à travers les réseaux sociaux et la publicité et qui instaure dans l’éducation et le monde du travail un système de compétition. Il faut donc éviter à tout prix de construire des modèles inatteignables et se souvenir que chacun a des complexes et des faiblesses, et que c’est ce qui nous rend complémentaires.

Le dernier cas dont nous parlerons est le « mal-être » étudiant, lui aussi connu et répandu. On le lie souvent à la solitude et la confusion apportées par la récente entrée dans la vie étudiante. Cette déprime peut être liée à la phase dite d’ « overthinking » : la personne décortique trop ses pensées et n’arrive pas à se concentrer sur autre chose, ce qui l’entraîne à être submergée par de mauvaises réflexions. Ce trouble toucherait, selon des études, plus les femmes (sûrement parce qu’elles doivent aussi jongler avec la pression sociale) et pourrait pousser à la dépression voire à des problèmes d’addictions. Ce n’est donc pas un problème à prendre à la légère et qui doit dans certains cas être pris en charge par un spécialiste. En attendant, on peut se tourner vers des méthodes simples pour venir à bout de ces pensées qui polluent l’esprit et le quotidien :

-les exprimer à haute voix (si possible dans un endroit où on ne vous entend pas…) ou les coucher sur le papier. Déjà ça permet de les rendre concrètes et observables au lieu qu’elles se baladent sans fin dans vos têtes. Ensuite réduite à un simple constat cette pensée pourra facilement être démontée. Sinon des experts proposent aussi de retourner étudier ces constats une fois la tête reposée. Avec du recul et sans la confusion apportée par l’overthinking, elles paraîtront absurdes et vous permettront de relativiser.

-Encore une fois cette déprime peut être alimentée par la comparaison aux autres : un tel réussit mieux que moi, un tel arrive à tout gérer et pas moi… À la place il vaut mieux se concentrer sur sa propre vie, agir sur ses propres projets et se souvenir que les « autres » ne sont pas des robots et ont eux aussi leurs failles.

-Souvent lors de ces passages à vide, l’esprit se retrouve face à des mauvais souvenirs (humiliation, dispute…) et n’arrive pas à s’en débarrasser. Face à cela, il faut se poser des questions logiques si possible : ces moments sont passés, est-ce que je peux y faire quelque chose ? Sont-ils bénéfiques ? Dans 6 mois ou un an, y a-t-il des chances que je m’en souvienne ? Ou bien simplement penser au fait que ressasser le passé ne sert à rien et qu’il faut se focaliser sur l’avenir, la seule chose sur laquelle on peut agir.

Pour finir, si l’étudiant passe par autant de remise en question et de doute c’est parce que cela fait partie d’une étape vers l’âge adulte, mais on peut aussi trouver des causes sociologiques (pression, culte de la perfection, compétition…). Les méthodes proposées dans cet article ont pour but d’aider et sont simples et non exhaustives, lorsque ces problèmes prennent le contrôle de votre vie, pour guérir il ne faut pas hésiter à s’ouvrir et en parler. C’est en restant confiné en soi-même que le problème empire. L’une des étapes les plus importantes est de ne pas hésiter à chercher à être guéri et écouté. À aucun moment vous où des proches qui souffrez de ces troubles psychologiques ne sont des victimes ou des personnes plus faibles : chaque personne a son propre caractère, ses propres limites, son propre « baguage » …Chacun a plus ou moins de mal à le gérer, mais ça ne décide pas de la valeur d’un individu. L’important est simplement d’être un soutien présent sans pour autant cesser d’être vous-même. Donc on nous rabâche sans cesse de respecter et aimer son prochain, ce qui est très bien, mais si avant cela on apprenait déjà à s’aimer et à se respecter soi-même, ce serait déjà un bon début.

Vous pouvez vous rendre dans le site ci-dessous qui vous redirigera vers le test de Clance, pouvant révéler un possible syndrome de l’imposteur :

-https://www.penserchanger.com/wp-content/uploads/2017/07/Echelle-de-Clance-du-Ph%C3%A9nom%C3%A8ne-de-l-Imposteur.pdf

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