Ouvrir les yeux

Il existe un monde, où le temps s’arrête et où tout n’est que lumière et beauté. Cet endroit est encore trop peu connu de tous, et pourtant si facile à découvrir. C’est l’univers de la réalisatrice japonaise Naomi Kawase.

Mon propos ici, à l’annonce de la sortie prochaine de son nouveau film, est de m’essayer à vous raconter ma rencontre avec elle, dans l’espoir qu’elle viendra vous rencontrer vous-aussi.

Vous vous en serez sûrement douter, ce n’est pas elle en personne que j’ai rencontré, mais bien le monde tel qu’elle le voit. Elle m’a montrée comment ouvrir les yeux. Tout n’est que beauté dans ces films. Une beauté pure, simple. Jamais vous n’aurez réellement vue un sakura (cerisier japonais) en fleur, tant que vous n’aurez pas vu ceux filmés par Kawase. La seule vue d’un rayon de lumière dans un de ses films ira directement vous envahir d’une sensation de chaleur apaisante. Dans un documentaire qui lui est consacré, intitulé Rien ne s’efface, Kawase raconte comment la caméra lui a fait « découvrir un monde joyeux, des couleurs et des formes qui passaient inaperçues » et comment le monde lui a soudainement semblé « aussi coloré et animé qu’un coffre à jouets renversé ». Sa caméra filme au plus près des gens, des couleurs et des choses. Les limites du temps dans ses films s’effacent. Elle nous fait fuir notre propre quotidien, pris dans ce morne écoulement du temps. Elle même parle d’une relation quasiment mystique avec sa caméra. Ne pouvant se fier à la mémoire, c’est vers cette caméra qu’elle s’est tourné pour vérifier son existence. Et par la même occasion, nous révéler à nous même spectateur, notre propre existence.

Ainsi vous l’aurez compris, il plane pour moi comme une certaine magie autour de ses films, alors quelle ne fût pas ma joie, lorsque j’ai découvert la bande annonce de son prochain film, qui sort le 28 novembre en France. On y retrouvera dans les rôles principaux, l’acteur japonais Masatoshi Nagase, fabuleusement magnifique dans chacun de ses films avec Kawase, ainsi que l’actrice française Juliette Binoche. Toutefois, pour un premier rendez-vous avec Naomi, je ne vous le conseillerais pas. Commencez plutôt par un de ces films les plus réussis, Les Délices de Tokyo. Un film fantastique, racontant l’amitié entre une vieille dame et un jeune pâtissier. Ce film-là est une véritable sucrerie. Puis, face à ce succès dès votre première rencontre, vous vous déciderez à la revoir. Cette fois-ci, vous vous enivrerez de soleil avec son film, Vers la lumière, histoire d’une femme qui poursuit la lumière et d’un homme qui la perd peu à peu.

Enfin, c’est alors que nous pourrons nous retrouver en novembre, entre amoureux de cette réalisatrice, pour découvrir Voyage à Yoshino, son prochain film, bien installés dans notre fauteuil de cinéma, la bouche encore pleine de dorayakis.

P.S. : Dans le cadre du Japonisme, une rétrospective intégrale sera consacrée à l’œuvre de Naomi Kawase, du 23 novembre au 6 janvier, au Centre Pompidou.

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