Les oppressés imaginaires

C’est l’histoire d’étudiantes et d’étudiants de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye outragé.e.s.
(Avant de commencer, sachez que les réprimandes racontées ci-dessous sont toutes arrivées à diverses personnes de l’IEP).

Une belle matinée de fin d’été, un jeune et brave étudiant sourit, c’est l’enthousiaste Eric Sy. Il fait sa rentrée, il est tout excité. Galvanisé par le discours d’une direction motivée, il est tout enchanté de l’année entamée.

A quel point devrait t-il apprendre de ses camarades en cette année cocasse !

Quelques jours plus tard; sous la douceur du soleil de Septembre, le jeune Eric passait les portes du CROUS, pour se rassasier d’une cuisse de poulet bien tendre. Quelle ignorance ! Le naïf carniste ignorait  que son assiette n’était en fait remplit que de cadavre. Que serait-il devenu si une vaillante camarade ne l’avait alors averti de son spécisme rétrograde ?

Cette tardive découverte, aussi incroyable qu’elle puisse paraître, n’allait pourtant pas être la dernière. Oh non !

Bientôt, le brave dût se rendre à la terrible évidence. Malgré son indifférence à l’ethnie de ses congénères, on lui apprit qu’il était inconsciemment dévoré par un racisme délétère. Ce dernier n’était t-il pas reflété dans ses méprisantes manies alimentaires ? Surement le lointain héritage colonial d’ancêtres ayant mis le monde à feu et à sang, sans avoir pourtant jamais quitté leur chère terre du Morvan. Que voulez-vous, ils étaient blancs !

Pourtant, le brave jeune homme avait plus d’un tour dans son sac, pensait-il. Désirant montrer sa valeur, il écrivit dans le Grand Pari un article subtil.

Vivant sa jeunesse dans la France des années 2010, il savait à quel point couvait l’orage de l’Islamisme. Un avis différent chez les étudiants ? Allez du vent !
Quel idiot! Ignorait-il que ce qui menace aujourd’hui notre chère République, ce sont évidemment les innombrables fondamentalistes catholiques ?! Il n’avait pas recopié la ligne éditorial du prophète Yann Barthès, il était donc forcément du coté de Maurice Barres.

Des salles de cours jusqu’à l’amphi, son nom est mit au pilori; à cause d’un avis divergent, pour des gens si tolérants.

Cette fois-ci le brave garçon avait compris ! Il pensait alors que pour se rattraper, en vue de la semaine du féminisme, il  n’avait après tout qu’à ressembler, qu’à une belle âme du progressisme ! Mais le volontaire demeurait foncièrement réactionnaire. Et sur la scène malgré ses envolées révolutionnaires, on sentait le mauvais fond de l’atmosphère. Quelle erreur de casting, peu importe son propos, son sexe jetait le doute sur un cas de mansplaining. Après tout ce facho usait de sa voix grave, n’était-ce pas là la trace de l’ennemi patriarcale ?

Trêve de péripéties ! Ahurit par cette chasse aux sorcières, le jeune Eric préféra dorénavant se taire. Alors le pluralisme s’en trouva appauvrit; au diable le débat, il vaut mieux être d’accord entre gens instruits.
Car si fier on est de se proclamer ouvert, dans cette grande école Républicaine, on ne supporte que la même rengaine.

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