Gilets jaunes à Paris : Tensions rue de Rivoli lors d’un rassemblement

Samedi 1er décembre, des manifestants ont voulu rejoindre la Place de la Concorde en début d’après-midi,en vain. Des forces de l’ordre étaient déployées pour bloquer l’accès.

« Macron,démission ! » scandent avec ferveur des centaines de contestataires rue de Rivoli aux alentours de 14h30. Vêtus d’un gilet jaune, ils se dirigent vers la Place de la Concorde afin de remonter l’avenue des Champs-Elysées. Un hélicoptère survole la zone tandis qu’un orchestre ambulant de trompettes répand la bonne humeur chez les manifestants. Assistent au défilé les promeneurs et touristes du jardin des Tuileries, derrière ses grandes grilles noires et dorées.

Autour d’un même symbole, la marche s’avère hétéroclite puisqu’elle rassemble diverses revendications. « Vive le service public » lit-on sur une pancarte,« Travailleuses précaires » sur un gilet jaune ou encore« Universités sans Macron » sur une banderole blanche. Des cheminots sont présents, reconnaissables à leur gilet orange où figure« SNCF ». D’autres rythment la marche avec un « Anti, anti,anticapitalisme ! » répété maintes fois. Enfin, certains manifestants se distinguent par leur allure singulière, équipés de lunettes de ski, d’un masque« bouche nez » ou à oxygène voire d’un casque de moto.

Au bout de la rue, le cortège ne peut plus progresser. Trois camions de gendarmerie et un canon à eau bloquent l’accès à la place de la Concorde. La tête du cortège maintient une distance d’une quinzaine de mètres avec les gendarmes. Sur l’extrémité du jardin des Tuileries surplombant la rue, des passants et des CRS assistent à la scène. Au bout de quelques minutes, un premier jet d’eau, de faible d’intensité, est dirigé vers les manifestants. Aussitôt, certains situés en tête du cortège répliquent en lançant des bouteilles en plastique. La tension redescend. Puis, un jet d’eau bien plus puissant et les premières bombes lacrymogènes sont lancés sur les individus les plus proches. Des personnes commencent à faire marche arrière mais les forces de l’ordre réitèrent. Cette fois-ci, les projectiles sont envoyés sur les gilets jaunes restés en retrait, à une quarantaine de mètre du barrage policier. « Faut qu’on y aille, c’est les lacrymos ! » crie un jeune homme. Mouvement de foule. Les gens s’agitent, paniquent, reculent. Ils essaient tant bien que mal de protéger leurs yeux et leur bouche des gaz irritants. Rien n’y fait, les gorges raclent, les yeux coulent.

Dans une rue perpendiculaire, un sexagénaire, yeux embués, distribue des doses de sérum physiologique aux manifestants. « Putain de gouvernement », s’écrie l’un d’entre eux. Mais le rassemblement ne faiblit pas. Une fois les gaz chimiques dissipés, les gilets jaunes regagnent la rue tandis que d’autres entrent par le portail du jardin. Alors, les agents de l’ordre public renvoient des gaz encore plus loin et produisant les mêmes effets. Une quinquagénaire vêtue d’un gilet jaune essuie ses larmes et s’exclame, la voix chevrotante: « C’est une honte que le gouvernement permette ça ! ».Plusieurs manifestants abandonnent. Ils se dispersent dans les rues adjacentes,à travers la brume et l’odeur laissées par la substance pénétrante.

N.B

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :