Qu’est-ce que le bonheur?

Dimanche 21 octobre dernier, la petite commune de Puteaux a accueilli au sein de sa mairie le philosophe et auteur André Compte-Sponville.

Vous autres camarades savez aussi bien que moi à quel point les dimanches après-midi sont précieux pour nous remettre de nos week-end éreintants… (Ou bien finir nos exposés pour la semaine suivante, on ne juge pas ici). Mais voilà, la conférence portait sur le thème du « bonheur », et comme on ne fuit pas le bonheur, je suis restée en tant que bonne putéolienne (oui c’est comme ça qu’on dit) et j’ai écouté ce que Mr Compte-Sponville avait à dire sur la question.

Quelques mots très rapides sur ce grand monsieur avant : il a étudié à l’école Normale Supérieure, est devenu professeur agrégé de philosophie et a écrit plusieurs livres à succès tel que le Petit traité des grandes vertus en 1995 ou quelque chose qui nous intéresse peut-être un peu plus en tant que sciencepistes : Le capitalisme est-il moral ?  en 2004.

Il nous présenta son itinéraire vers le bonheur sous la forme d’une dissertation orale traversant tous les âges : nous avons débuté notre périple chez les sages de la Grèce Antique ; nous sommes ensuite passés chez les philosophes éclairés que sont Spinoza et Kant pour finir sur une citation du philosophe Alain (il n’a pas oublier de mentionner Freud et son incontournable optimisme sur la race humaine ne vous inquiétez pas). Tout comme vous devez l’être en ce moment même en revoyant ces noms apparaître sur votre écran, je me suis retrouvée moi aussi replongée dans mes cours de philosophie de terminale animés par Mr Richard, un gars sympa même s’il mettait 3 mois à corriger une introduction de dissertation…

Enfin bref, rentrons donc dans le cœur de notre sujet : le bonheur !

Déjà c’est clair depuis Platon, les hommes n’aspirent qu’à être heureux dans leur vie. Mais Freud a depuis conclu que « ce programme est tout à fait irréalisable car tout l’ordre de l’univers s’y oppose » (Le Malaise). Devant une conclusion si peu réjouissante, André nous rassure en nous rappelant que le bonheur n’est pas un rêve impossible à atteindre, mais au contraire une fin à laquelle nous pouvons et devons tous aspirer. Il est cependant nécessaire de discerner ce qu’est réellement le bonheur, car beaucoup ont tendance à confondre le bonheur avec une idée illusoire qu’ils s’en font et se retrouvent très souvent amèrement déçus…

            Selon Platon, le bonheur s’exprime par le manque. C’est à dire que notre désir s’éveille lorsqu’on se rend compte de la présence d’un vide qui rend notre vie insupportable. Nous ne sommes heureux qu’une fois ce vide comblé et cette douleur apaisée. Mais cette théorie ne tient pas long feu puisqu’une fois ce vide comblé, la sensation de manque qui nous mettait à mal disparaît et l’amour que nous avions attaché à la chose en question s’efface elle aussi peu à peu (amour que l’on porte à un grec après une grosse soirée ou celui qu’on porte à son âme sœur, c’est la même). A partir de là, deux solutions s’offrent à nous selon Schopenhauer (un grand optimiste allemand lui aussi) : on peut soit mourir d’ennui dans son « faux » bonheur ; ou alors nous tourner vers le véritable bonheur parce que quoi qu’on dise il existe des couples heureux et les vendeurs de grecs se font toujours une petite fortune sur les appels de nos petits ventres.

            C’est là que Spinoza intervient en expliquant que pour lui le bonheur ne vient pas du manque mais de la joie! Le bonheur doit être un amour heureux.

            Le philosophe Emmanuel Kant complète cette théorie en disant que le bonheur n’est pas la satisfaction de tous nos désirs car on finirait par s’ennuyer surtout que notre conscience est illimitée, rendant notre soif de désirs inépuisable. Il nous dit également que le bonheur ne réside pas dans la félicité, c’est à dire dans la recherche d’un état de joie constant car le bonheur ne peut pas être sans cesse permanent pour tout le monde. Mais alors qu’est-ce que le bonheur ? Et quand sommes-nous autorisés à en profiter librement ? Et bien selon Kant le bonheur est le contraire du malheur, ce n’est pas un idéal mais une expérience, il représente le moment précis où la joie peut être immédiatement possible…Tout ça pour ça ? Je comprends que ce soit décevant mais quand on y pense réellement c’est la réponse la plus saine et la plus logique qu’il soit explique André : car en fait notre désir nous amène toujours à vouloir des choses qui sont bien au-delà de notre contrôle ! Et comme on l’a dit tout à l’heure, le vrai bonheur ne repose pas sur la fantaisie. Le philosophe Compte-Sponville continue en reprenant Sénèque qui dit si bien qu’au lieu de chasser des fantaisies et de craindre de ne jamais être pleinement heureux ; il faudrait mieux se concentrer sur ce que l’on peut réellement provoquer, agir et aimer ce que l’on fait : « lorsque tu auras fini de désirer ce qui ne dépend pas de toi, je t’apprendrai à faire ce qui dépend de toi ».

            Je finirai donc sur deux citations : celle qu’a donné André Compte Sponville d’Alain (comme promis) et celle qui est mon moto dans la vie :

– « Le bonheur est une récompense à ceux qui ne l’ont pas recherché » – Alain

– « Vous savez, moi je pense pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation, (…) je chante la vie, je danse la vie, je ne suis qu’amour ! » – J’ai pas besoin de rappeler qui l’a dit celle-là j’espère J

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