2019: Les médias traitent-ils de tout ?

Mercredi 2 janvier 2019, 19h43
Enfin remise du nouvel an et à peine la nouvelle année commencée, la rédaction du Grand Pari scrute la page d’accueil de tous les journaux occidentaux dans l’espoir de trouver LE sujet d’un prochain article.

En vain.

Un énième article sur un shutdown attendu aux Etats-Unis, reflet de l’année chaotique de M.Trump, fait fièrement la une du Monde. Il est talonné par une dépêche tenant du DIY sur la question du prélèvement à la source, bien entendu la plus grande source d’anxiété à l’aube de cette nouvelle année 2019. Est-il nécessaire d’évoquer l’affaire Benalla qui a fait et fait toujours l’objet de plus d’articles que la guerre d’Afghanistan, qui soit dit-en-passant a depuis 2015 causée plus de 85 000 morts ?

Chez Libération, c’est le contrôle des douanes à l’aéroport Roissy Charles de Gaulle qui fait la une. De quoi faire trembler notre chère France xénophobe. Quant à Benalla aux côtés Paris Hilton et ses déboires, il est toujours au cœur des gros titres. Les velléités de récupérer Taiwan – par la force s’il le faut – de Xi Jinping ont aussi fait leur place en page d’accueil.

Le Time, de son coté, innove avec un article sur la subtile attaque de Mitt Romney contre Donald Trump…

Lorsqu’enfin je détourne les yeux de mon ordinateur pour consulter mes mails sur mon téléphone, je vois s’afficher dans la catégorie « non lus » un mail des Echos qui titre : « Début d’année chaotique pour Tesla ». Au temps pour moi, je n’avais pas saisi l’importance de sa mauvaise situation financière.

En ce qui concerne Al Jazeera, la chaîne ne se démarque que peu avec un article trop orienté pour avoir valeur de source objective sur la question du conflit israélo-palestinien.

Il serait possible de m’étendre encore un certain temps, mais j’en viendrai de suite à mon préféré – toutes considérations et opinions politiques mises de côté – j’ai nommé Le Figaro qui titre fièrement : « Prime à la conversion : qui peut en profiter ? ». Sur cette note, je suppose que m’abstenir de tout commentaire suffira amplement.

Et moi de me demander finalement : le monde irait-t-il « si bien » que nous ayons le temps d’aborder la prime à la conversion ? Bien entendu, les propos que vous lirez ici seront extrapolés, mais ce pour démontrer un fait.

Pour trouver un article sur l’avancée de la montée des eaux au Bangladesh – un sujet qui me tient particulièrement à cœur – il m’a fallu aller chercher jusque sur « Sciences et Avenir ». Autant vous dire que cette revue est loin de figurer dans les recommandations des profs de Sciences Po.

Mais non, comme chacun peut s’en douter, le monde ne va pas bien. Aujourd’hui encore plus qu’hier. Si l’on parle en données chiffrées, ce ne sont pas moins de 54 conflits et guerres faisant des morts qui perdurent encore aujourd’hui dans le monde ? Pire, une bonne partie d’entre elles nous sont inconnues.

Entre l’insurrection Oromo en Ethiopie qui dure depuis 1973 et qui a déjà fait entre 2000 et 9000 morts à la guerre d’Afghanistan qui, comme je le disais précédemment, a fait plus de 85 000 morts depuis 2015 seulement, ce n’est pas la souffrance qui manque aujourd’hui dans le monde.

Et ça ne s’est pas arrêté avec 2019. Nous avons peut-être changé d’année, mais le monde est resté le même et il faudra plus qu’acheter un nouveau calendrier pour que cela cesse. Pour ma part, j’ai pour habitude de ne pas prendre de « bonnes » résolutions, sachant pertinemment que je ne vais probablement pas les tenir.

Mais aujourd’hui, à l’aube de cette année 2019, si nous prenions tous la même résolution ? Qu’au 31 décembre prochain, l’année se termine mieux pour la planète et ses 8 milliards d’habitants qu’elle ne s’est terminée il y a quelques jours seulement.

Il est des choses qui, je le crois, sont bien plus grandes que nous. Mais cela ne doit absolument pas vouloir dire que nous n’y pouvons rien. Alors non, je ne vous demande bien évidemment pas de vous munir de votre sac à dos et de vous armer de votre épée en plastique Toys’R’Us pour sillonner les contrées étrangères et défendre les opprimés aux quatre coins du monde [ou distribuer des cadeaux aux enfants du monde entier].

Mais simplement de parler autour de vous, de transmettre le message, à l’oral comme à l’écrit, afin que ceux dont les journaux censurent – volontairement comme involontairement – la parole sous prétexte d’un manque d’intérêt du public puissent malgré tout être entendus. Car s’il est une chose vraie en politique quelle que soit l’échelle, c’est que tout problème commence à être traité uniquement lorsqu’il est abordé et attire l’attention.

Nous ne sommes certes que de simples personnes sur une planète, et nous ne devons pour autant pas oublier la responsabilité de ceux que l’on appelle les « grands de ce monde », mais tout combat commence quelque part.

Finalement, si Le Grand Pari peut vous souhaiter quelque chose pour cette nouvelle année, c’est de faire en sorte que le monde soit un endroit meilleur lorsque vous la quitterez.

Nous vous souhaitons une excellente année 2019.

Journalistiquement vôtre, La Rédaction.

Ps : à nos 2A adorés, l’année à venir sera l’occasion de voir le monde d’un autre point de vue, profitons-en.

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