Les journalistes à l’ère des fake news

Le débat de cette conférence porte sur trois grands axes charnières de la presse actuelle : la question des « fake news » et leurs traitements (une réflexion très importante, puisqu’une gélification à propos de ce problème est en discussion au sein du gouvernement), la défiance entre les médias et la population qui se creuse de plus en plus et la temporalité et les méthodes journalistiques qui évoluent. Ce débat est animé par quatre figures journalistiques : Geoffroy Clavel (chef du service politique du « Huffpost »), Aurore Gorius (journaliste pour le site d’info « LesJours.fr»), Axel Gylden (grand reporter à l’express) et Grégoire Lemarchand (adjoint à la rédactrice en chef, responsable réseaux sociaux et fact-checking à l’AFP). Enfin cette conférence se structure autour de plusieurs questions :

La France est depuis un certain temps le théâtre d’un «média bashing», mais en lumière par le mouvement des gilets jaunes sujets à une totale défiance envers la presse, qu’importe son bord politique ou sa ligne éditoriale. Le sondage du Cevipof affiche des résultats alarmant sur le manque de confiance de la population envers le paysage politique et surtout les médias, qui ne sont plus considérés comme des « contre-pouvoirs ».

Comment expliquer ce fossé de plus en plus visible entre le citoyen et le journaliste ?

Pour répondre à ce constat Axel Gylden met en avant l’évolution du profil du journaliste. 

Auparavant le milieu des médias était composé d’autodidactes, de personnes venant d’un milieu urbain ou atypique s’étant construites et élevées seules, de profils auxquels le citoyen moyen pouvait se reconnaître. Mais les qualifications attendues d’un journaliste sont montées en gamme : on a commencé à exiger des diplômes, une licence, une Maîtrise… tous ses diplômes qui ont un coût. On voit donc arriver des wagons de profils identiques : des jeunes issus de familles aisées, à la pensée conformiste, loin de représenter la majorité de la population. Chez ce type de profil, les connaissances sont là mais on n’apprend pas des qualités comme la curiosité, le sens de l’analyse et de l’indignation… Le constat est donc flagrant des années plus tard sur le manque évident de diversité autant social qu’ethnique dans le paysage médiatique. On observe une classe médiatique uniforme voire méprisante envers le Français moyen. On peut penser au dérapage d’Éric Brunet qui traite les « gilets jaunes » de « beaufs ». De plus la colère et les critiques des citoyens se tournent vers leur vision des journalistes. Ils différencient ceux qu’ils voient le plus comme les médias et présentateurs TV et ceux qui se définissent et s’affichent comme des journalistes d’opinion, les «éditorialistes» – qui disent détenir les réponses. Or, ces figures ne représentent pas la majorité de la presse et créent un amalgame qui cristallise la colère sur tous les journalistes, surtout ceux présents sur le terrain. Enfin le métier a économiquement et technologiquement changé. Le métier était avant très profitable et les enquêtes et voyages étaient pris en charge – en tout cas à « l’Express » – , et les journalistes avaient plus de liberté. Dorénavant la profession se précarise et les actionnaires poussent les services de presse à se fier plus aux informations détachées, aux « écrans » plutôt qu’aux faits sur le terrain.

Les journalistes sont-ils alors soumis à leurs actionnaires ?

Axel Gardel garde la parole et parle notamment de son expérience. Selon lui, les journalistes sont quand même doués d’une certaine liberté, autant pour le journalisme de terrain que pour le service de journalisme politique. Il n’y a donc pas de pression des actionnaires, bien que la ligne éditoriale puisse guider et biaiser l’information et le travail journalistique. Le reporter de « l’Express » avoue qu’à un poste comme le sien, on s’abstient de faire des articles sur SFR. Les journalistes sont donc tout de même exposés à l’autocensure, problème qui peut être réglé par la création d’entreprise de presse, comme à l’étranger où les médias ne dépendent pas d’entreprises commerciales extérieures. En clair le journaliste a tout de même, jusqu’à une certaine limite le droit de parole et le choix d’aborder le thème qu’il veut.

Êtes-vous d’accord avec l’idée de création d’un conseil de la déontologie ?

La question est une nouvelle fois reprise par Axel Gardel. Il commence par mettre en cause le CSA qui sert déjà à peu de chose près de conseil de déontologie, mais qui selon lui reste trop laxiste et inactif contre certaines personnes et émissions, notamment en citant Cyril Hanouna. Un conseil de la déontologie aurait un écho étrange dans un métier où les caractéristiques principales sont la prise d’indépendance, la liberté d’expression… Les médias ne devraient pas dépendre d’une réglementation imposée par une «police»; l’information ne doit pas être contrôlée.

La défiance de la population est-elle vraiment mauvaise, n’est-elle pas saine, le signe que les citoyens font désormais attention à ce que l’on leur raconte ?

Axel Gardel répond à la négative à cette question et rappelle qu’à ses débuts la presse était considérée comme un véritable contre-pouvoir. Le reporter de l’Express avoue tout de même que beaucoup de ses collègues journalistes peuvent utiliser des méthodes critiquables. La généralisation n’est toutefois pas la solution : elle mène des personnes extérieures au débat à être stigmatisé selon leur profession. Cette colère n’est pas saine puisqu’elle écarte toute confiance dans les médias et laisse le champ libre à des sources d’information plus dangereuse. Mais le journaliste assume que dans cette relation tendue, les médias doivent évoluer pour rétablir le lien entre les citoyens et la presse.

« Nous avons une presse, qui ne cherche plus la vérité » déclara Emmanuel Macron sur l’affaire Benalla, « la haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine » s’emporta Mélenchon à propos du traitement médiatique de sa mise en examen… Ils semblent que de plus en plus le secteur politique veuille mettre la presse au pas. Les politiques ont-ils leur rôle à jouer dans la défiance ?

Geoffroy Clavel, le journaliste politique du « Huffpost », s’exprime sur le fait que le journalisme ne peut pas retranscrire à la précision le vrai monde. Même si la population fait preuve d’esprit critique, elle peut aussi tomber dans une haine contre les médias, exprimée notamment à travers les réseaux sociaux. Cette haine peut en effet être menée par les politiques, mais il ne faut pas oublier que les pouvoirs et les contre-pouvoirs sont aussi partenaires : les politiques ont besoin de la sévérité de la presse et la presse a besoin de la liberté et de la sécurité accordées par le politique. De plus même si lorsqu’ils sont au pouvoir les politiques sont très critiques envers les médias,en dehors la presse est leur alliée. Depuis les dernières années, les politiques trouvent des boucs émissaires pour s’exonérer de leurs propres erreurs : l’intervenant utilise l’exemple de l’affaire Betancourt révélée par Mediapart, qui leur a valu d’être accusé par l’ancien président Sarkozy d’être au centre d’un complot… Le secteur politique ne peut se séparer de la presse, elle est le seul élément qui le sépare de l’insurrection : les médias sont l’intermédiaire de la volonté et de la colère de la population. Enfin cette question est plus complexe qu’il n’y paraît : des organisations non politiques peuvent éprouver une colère contre les médias comme les « gilets jaunes » et Geoffroy Clavel assume aussi le fait que cette défiance peut être méritée dans certains cas. Par leur détachement et leurs pratiques parfois douteuses, les médias ne doivent pas fuir leur responsabilité face à la disparition de la confiance du citoyen envers les journaux.

Avec l’arrivée des réseaux sociaux, les politiques ont-ils toujours besoin des médias ?

Le journaliste de Huffpost reprend la parole. Selon lui les politiques ne peuvent se passer de l’intermédiaire du journaliste : les réseaux sociaux sont une grande innovation mais le flux de données y est chaotique, et ce qui semblait au début un paradis de l’info s’est transformé en attroupement de bulles informationnelles. La presse est là, pour structurer et étendre au plus grand nombre la pensée claire du politique. Les journalistes ont la capacité de récréer le lien entre les gens, les syndicats et les politiques.

Pourquoi a-t-on besoin désormais d’une catégorie « fact checking » à l’intérieur des médias ?

Grégoire Lemarchand, journaliste de l’AFP, répond à la question, étant lui-même délégué au « fact checking » au sein de son média. D’après lui de nos jours il est évident que le faux est plus appétissant que le vrai. La désinformation prolifère dans l’actualité (avec le Brexit, l’élection présidentielle aux États-Unis et en France). Elle se repend plus vite car elle est facile à mettre en place et elle fait réagir par son aspect polémique (comparé à la vérité, souvent trop factuelle). Face à ce problème, l’agence de presse ne peut pas rester de côté. Or, il y a plusieurs méthodes pour contrer les fake news, mais celle qui est la plus à notre portée est la manière journalistique : il faut aller sur le terrain numérique (principalement Facebook). Sur le terrain, il ne faut pas prendre les gens de haut ni mettre de côté leurs paroles : il faut essayer de comprendre leurs raisonnements et de leur expliquer pourquoi leur jugement est faussé. Le journaliste, à l’instar de l’éditorialiste souvent très subjectif, tente d’être pédagogue. Il est tout à fait possible pour les citoyens de se détacher de la désinformation : par exemple le groupe des Gilet Jaunes, grâce à l’attention mise en place par les médias, prend garde aux fake news et sont même tentée de les dénoncer, bien plus qu’au début de la crise sociale. Le doute est donc inhérent au métier du journaliste. Il doit construire son travail autour de la culture du doute car beaucoup de personnes ont actuellement, – même au sein des médias – « l’illusion du savoir ».

Les fausses informations se déplacent plus 6 fois plus vite sur les réseaux sociaux que la vérité. Face à ce constat effrayant, comment faire pour arrêter leurs propagations ?

Le journaliste de l’AFP continue, en évoquant que le fait de pointer les « fake news » pourrait créer l’effet inverse, leur donner une image « antisystème ». Il faut plutôt contrecarrer les principes de viralité : la décontextualisation des propos, les photos/vidéo truquées… De toute manière, avec l’arrivée du fact checking, la « fake news » à son dernier stade va être annulée, mais le temps de cette déconstruction, certaines personnes ont déjà eu le temps d’être influencées. De plus désormais en échange de preuve journalistique suffisante, les réseaux sociaux (principalement Facebook) peuvent faire « tomber » la fausse information ou la supprimer. Il faut étudier la suppression des fake news avec précaution : il ne faudrait pas tomber dans l’excès inverse, celui de la censure.

Quels sont vos avis sur la loi médiatique en discussion : la loi anti- « Fake News » ?

Grégoire Lemarchand donne son avis sur la question. Il n’a pas étudié la loi en profondeur mais il reste très sceptique à son sujet. Selon lui, cette institution va soit devenir une « usine à gaz » remplies de contentieux, mandats et autres « paperasses » ou bien une « coquille vide » qui restera inactive. De plus donner un tel pouvoir juridique à un juge pourrait créer un « effet Streisand » : vouloir cacher à tout prix une information spécifique et par ce tabou, créer l’effet inverse. Suspendre juridiquement une information pourrait faire des « désinformateurs » et des complotiste ,des martyrs qui sont puni pour avoir voulu dévoiler la vérité. Il donc complexe de légiférer la manipulation par l’information.

64% du contenu en ligne est issu du « copier-coller ». Le contenu public et disponible au grand public est donc peu original voire sans intérêt. Aurore Gorius, vous demander sur le journal en ligne dans lequel vous travaillez, de payer afin d’accéder à un contenu original, pourquoi ce choix ?

La journaliste Aurore Gorius commence par présenter sa plateforme de travail : « LesJours.fr ». Il s’agit d’un journal, dont elle est cofondatrice, où il faut payer pour le contenu original. Mais ce contenu est diffèrent tant par sa retranscription et sa présentation : la plateforme impose son « story telling », retranscrit l’actualité sous forme de « série » en suivant des personnages, ne possède pas de catégorie de journalisme ni de certaines temporalités puisqu’une actualité ne doit pas en chasser une autre(Aurore Gorius a par exemple, passé un an à médiatiser la crise du Levothyrox), ni de certaines unités de lieu (par exemple un article sur la polémique du 80 km/h spécifiquement en Dordogne). Le paiement du contenu original sert donc à cela : accéder à un format et un contenu inédit et intéressant, qui sort du cadre du journalisme ordinaire. Mais l’économie du journal est d’un autre cotée difficile à tenir.

Comment convaincre le public à payer pour l’information, alors qu’elle est gratuite et en grande quantité sur Internet ? Ne risque-t-on pas de tomber dans des sources d’information réservées à l’élite, et à une nouvelle division sociale : les informés et les incultes.

Aurore Gorius reprend la parole : selon elle on peut produire une information de qualité sans être un média payant, c’est seulement plus rare compte tenu du fait que les informations y sont souvent simplistes et factuelles. C’est pour cette raison que la plupart des médias, comme le Monde ou Mediapart, commencent à mettre en place des abonnements pour une meilleure information (pour un prix allant de 5 à 9€ par mois). Cet investissement n’est pas sensé diviser socialement, il remet simplement en valeur une information vérifiée et argumentée, et prend en charge une plateforme qui a du mal à tenir au sein d’une profession qui se précarise de plus en plus.

On a souvent l’impression que l’information est rapide. Pourtant la méthode journalistique peut sembler fastidieuse.

Axel Gylden partage son expérience pour cette remarque et montre que le mode de vie du journaliste a beaucoup changé depuis les dernières années. Lors d’une enquête de presse à Caracas, il voyageait en « business classe », séjournait dans de beaux hôtels… Il menait donc une vie professionnelle confortable en échange seulement d’un article de 5-6 pages. Dorénavant le train de vie quotidien est beaucoup plus rapide et improvisé. Les emplois du temps sont beaucoup plus chargés à cause du flux continu d’information et de la montée en puissance de la concurrence. Le métier n’est donc clairement plus de tout repos, même si le grand reporter à l’Express tient à rassurer les intéressés de la profession, en déclarant qu’un journaliste se porte mieux lorsqu’il travaille beaucoup.

Observe-t-on de nos jours des dérapages sur la qualité des articles ?

Axel Gylden reprend encore une fois la question. Il met en avant qu’en effet de nos jours on peut observer une baisse de la qualité journalistique pour plusieurs raisons : l’extension d’un journalisme sur la politique étrangère rend moins de valeur ajoutée, la synthèse journalistique constituée 10% des médias, le « web journalisme » est majoritairement constitué de copier-coller, les journalistes dépendent des réseaux sociaux avec la volonté de fournir toujours plus de contenu et de recevoir toujours plus de clics. Les articles pâtissent donc de l’évolution technologique des médias et de son étendue internationale qui complexifie la création d’un contenu original et exhaustif.

Qu’est que vous pensez de l’arrivée de l’IA dans le journalisme. N’est-ce pas un bénéfice pour la qualité et la quantité du contenu journalistique ?

Grégoire Lemarchand s’attaque à cette réflexion. Il commence par rappeler que l’IA est pratique pour les enquêtes purement factuelles comme le sport, les élections politiques ou les résultats microéconomiques. Ainsi l’IA peut réaliser des efforts dont nous ne sommes pas capables, mais elle n’est pas non plus un miracle puisque de son expérience personnelle, le journaliste affirme que pour avoir lu l’article d’une IA, celui-ci s’avérait très ennuyant… De plus si l’IA ne peut donc pas remplacer ce que l’on fait déjà, elle peut faire des choses dont nous ne sommes pas capables et dans certains cas elle peut s’avérer dangereuse. Désormais certaines technologies peuvent copier les visages voire l’attitude et la voix dans le cas des « deep fake » (une vidéo d’un deep fake d’Obama, qui lui fait dire n’importe quoi, a fait le tour d’Internet et a montré le risque posé l’impact des IA sur l’information). On rentre donc dans une phase « d’Infocalypse », une période où non seulement on ne pourra plus croire les articles de presse, mais où les vidéos pourront elles aussi être manipulé et faussés. On aura le pouvoir de déstabiliser une campagne électorale ou une décision politique encore plus facilement. Entre de mauvaises mains, l’IA peut transformer la désinformation low cost en une désinformation futuriste qui représenterait un grand danger.

Geoffroy Clavel revient lui aussi sur cette question. Il s’exprime notamment sur une polémique récente : l’altercation entre Trump et Jim Acosta. Le journaliste américain lors d’un meeting, refusait de rendre le micro. Un membre de l’équipe de communication tente donc de lui retirer. Or la vidéo montre que le journaliste repousse violemment le bras de la jeune femme. Après une étude en profondeur de la vidéo, les experts se sont rendu compte qu’elle était truquée : une partie de la vidéo a été accélérée pour rendre son mouvement de bras plus brusque. Un journaliste américain a donc été viré sur la base de preuves faussées. Imaginons donc que la Maison-Blanche mette sa force de frappe technologique pour contrôler l’information : ce serait la fin de la liberté d’expression. Donc le journalisme contemporain doit agir concrètement sur le terrain et aussi dans le monde virtuel pour apporter une vérification et de la rationalité.

Le journalisme va-t-il devenir un traitement du faux et plus une étude du réel ?

Grégoire Lemarchand répond simplement qu’il espère que sa profession ne se réduira pas à ça. Qu’à l’avenir, le « fact checking » devienne une part minoritaire de l’information non seulement pour donner une importance minime aux complotistes mais aussi pour donner une place plus grande à l’actualité et au travail basique du journaliste.

Quels seront les enjeux du journalisme de demain ?

Geoffroy Clavel commence par donner son avis pour cette conclusion du débat. En tant que représentant et citoyen, le journaliste doit continuer à servir la fonction démocratique, il doit recréer le dialogue avec le lecteur, surtout celui qui hait les médias. Répondre aux « haters » par le mépris ne mène qu’à les enfermer dans une colère non constructive, alors qu’ils recherchent seulement qu’on fait attention à leur parole. Il ne faut pas retomber dans la verticalité de l’information on a au contraire besoin d’horizontalité de l’information, but qui peut être atteint avec des referendums, le respect du dialogue de tous les acteurs et la déconstruction de la « fausse information »

Grégoire Lemarchand dépeint sa vision de l’avenir. L’évolution du monde va pousser le cadre journalistique à ses limites et il faut que pour les générations à venir la profession arrive à trouver un modèle qui aide les journalistes à gagner plus. Pour cela le journaliste cite l’exemple d’un projet de financement de la presse au Texas.

Aurore Gorius rebondit sur l’exemple du membre de l’AFP, et met en avant un journal dénommé « Pro Publica », financé par des fondations indépendantes. Ce modèle professionnel devrait s’exporter à l’étranger notamment pour « déprécariser » la profession mais aussi assurer l’indépendance des médias. Elle ajoute que le journalisme doit s’innover face à une presse en crise depuis 15 ans et doit donc faire en sorte que les propositions éditoriales attirent plus de monde surtout les jeunes qu’on a tendance à écarter (sur « LesJours.fr », la moitié des lecteurs ont en dessous de 35 ans, ce qui montre que les jeunes ont aussi leur rôle à jouer).

Axel Gylden termine la conférence sur sa vision des choses. Aujourd’hui le citoyen ne se sent pas représenté par l’homme politique et le journaliste. Il faut abattre cette barrière, et cela représente un travail de fourmi. Il faut que les journalistes cessent d’utiliser de belles paroles, de faire croire qu’ils savent tout, de céder à la facilité. On ne peut nier les grandes qualités de la presse mais il faut coupler tout ça avec une grande remise en cause à l’avenir puisqu’elle s’est reçue plusieurs claques depuis les dernières décennies.

S’ensuit une courte série de questions :

Est-ce que le journalisme doit être transparent pour résister aux fakes news ?

Axel Gylden met en avant pour répondre à la question, que le journalisme « making of » se démocratise de plus en plus. Montrer cette partie souvent cachée de l’activité journalistique permet de démythifier le côté élitiste des médias et de récréer un lien avec la population.

Geoffroy Clavel, reprend cette réflexion. Un journalisme ne peut pas être totalement transparent car dans un premier temps, le journaliste a légalement le droit de garder ses sources secrètes. Mais cette absence légère de transparence est légitime. Certains médias ont montré que la transparence était possible : lorsque « Libération » a lancé « check news », les internautes ont tenté de piéger le média en leur demandant de se déconstruire eux-mêmes. Or, le journal a joué le jeu et montré ses méthodes de recherche et d’enquêtes. Ainsi ce travail de transparence a été reconnu par tous, même par les détracteurs.

Faut-il suspendre les financements de la publicité des journaux accusés de désinformation pour faire tomber les fakes news ? Cette décision est-elle raisonnable ?

Geoffroy Clavel est mitigé à propos de la question. Il pense que cette solution pourrait être une réponse efficace mais elle pourrait s’avérer injuste : certaine « fake news » sont simplement des erreurs de la part des journalistes. Même si cette décision inciterait à la prudence, il ne faut pas oublier que derrière la « fake news » il n’y a pas de vérité économique, son but est politique.

Axel conclut, légèrement en contradiction, en évoquant le fait que certaines fake news peuvent avoir une visée financière (on parle souvent de contenu « clickbait ») pour aller dans le sens des algorithmes et ainsi rapporter le plus de bénéfices.

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