L’urgence écologique et les programmes pour les élections européennes de 2019

                Biophile enraciné, internationaliste convaincu, passionné des questions politiques et adepte de la vérité, il m’est apparu nécessaire de mettre en lumière la place de l’écologie dans les programmes des différentes listes pour les élections européennes de ce 26 mai 2019. J’ai tenté de le faire avec la plus grande rigueur possible. Mais la tâche fut ardue. Certains programmes – puisqu’il en existe – étant très denses, le principe d’exhaustivité ne fut pas respecté scrupuleusement – auquel cas vous auriez lu des captures d’écran. Enfin, je me suis demandé quel style et quelle perspective fallait-il que j’adopte : j’ai choisi de présenter un maximum de mesures mais en prenant partie avec toute la subjectivité qui me caractérise pour souligner ce que je pensais de leur profondeur ; en revanche, je n’ai choisi de porter mon jugement ni sur leur faisabilité, ni sur leur pertinence. J’espère avoir choisi les justes manières.

Pour les plus pressé-e-s, voici un récapitulatif des 5 principales mesures de chaque liste :

La France Insoumise :

  • Règle verte européenne : « Ne pas produire plus que ce que la Nature peut supporter et ne pas consommer plus que ce qu’elle peut reconstituer ».
  • 100% énergies renouvelables en 2050 avec un seuil à 45% en 2030 associé à la création d’un institut public européen de recherche sur la transition énergétique.
  • Charte européenne des droits des animaux (fin élevage en batterie, fin sévices sur les animaux, limitation nombre d’animaux par ferme).
  • Fin des OGM, des pesticides, des néonicotinoïdes et des perturbateurs endocriniens.
  • Coopérations internationales renforcées (amélioration protection des littoraux avec Natura 2000 ; outre-mers territoires pilotes de la transition énergétique ; un partenariat méditerranéen « 5+5 » (France, Espagne, Italie, Portugal, Malte, Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie, Lybie)).

La République En Marche :

  • Création d’une Banque du Climat avec un investissement de 1000 milliards au total jusqu’à 2024.
  • Associer un Pacte de Soutenabilité au Pacte de Stabilité pour « ne laisser ni dette financière ni dette écologique ».
  • Consacrer 40% du budget de l’Union européenne à la transition écologique
  • Interdire toutes les exploitations des hydrocarbures d’ici à 2050.
  • Proposer un accord international de protection de la biodiversité avec l’Union européenne comme moteur.

Place Publique – Parti Socialiste :

  • Règle d’éco-conditionnalité pour les investissements publics de l’Union européenne.
  • Taxes sur les transactions financières, plus importantes en cas de financement des énergies fossiles, dont la moitié des bénéfices sera dirigée vers l’aide au développement de l’Afrique.
  • Développer un « Airbus » de l’énergie renouvelable.
  • Fin du moteur diesel pour 2030 et du moteur à explosion pour 2045.
  • Renouvellement de la Politique commune de la pêche et de la Politique agricole commune avec des critères sociaux et écologiques.

Debout La France (4 mesures seulement) :

  • Création agences européennes en charge de projets innovants sur la transition écologique.
  • Investissement dans la recherche sur les énergies du futur.
  • Renouvellement de la Politique commune de la pêche et de la Politique agricole commune avec des critères sociaux et écologiques.
  • Recherche d’alternatives non-polluantes au glyphosate.

Parti Communiste Français :

  • Fonds européen pour le développement solidaire et écologique financé par la Banque centrale européenne.
  • Reconnaissance de biens communs européens associée à des institutions chargées de les protéger.
  • Service public européen de la rénovation énergétique.
  • Réforme de la Politique agricole commune avec la fin des pesticides et des prix rémunérateurs pour les agriculteurs.
  • Plan de développement du transport ferroviaire européen.

Génération-s :

  • Adoption d’une directive sur la protection de sols pour préserveur leur vie, leur fertilité et leur capacité absorbante (partagé par LFI) associée à la fin des pesticides et des perturbateurs endocriniens.
  • Intégration au mandat de la Banque centrale européenne du respect des Accords de la COP 21.
  • Cour européenne des droits de la nature (partagé sous d’autres formes par EELV et LFI).
  • Plan investissement vert à 100 milliards par an (partagé par EELV et PP-PS).
  • « Bouclier bio » comprenant une réforme de la Politique agricole commune avec une prise en charge totale de la conversion au bio et une taxation des produits anti-écologiques.

Rassemblement National (1 mesure seulement) :

  • Protectionnisme européen vert avec taxation des importations anti-écologiques (partagé par toutes les listes).

Les Républicains (4 mesures seulement) :

  • Plan européen pour le climat avec un prêt à taux 0 de la Banque européenne d’investissement.
  • Neutralité carbone avec mix énergétique pour 2050.
  • Favoriser l’économie circulaire et la bioéconomie.
  • « Stratégie plastique » pour améliorer et renforcer le recyclage des plastiques.

Europe Ecologie Les Verts :

  • Traité environnemental européen.
  • Fin des accords de libre-échange (partagé par PCF, G-s et LFI).
  • 100% d’énergies renouvelables pour 2050 avec une interdiction totale des placements financiers et des subventions aux énergies fossiles (partagé par LFI).
  • Augmentation du budget de l’Union européenne de 160 milliards à 750 milliards d’euros dont la moitié est consacrée à la transition écologique.
  • Réduction de 60% des émissions de CO2 d’ici à 2050.

Pour les plus méticuleux-ses, voici ensuite un tableau plus complet des mesures des listes :

Vous retrouverez un propos développé en 6 parties : « Traités, investissements, institutions, règlements et directives européens » ; « Coopérations et relations européennes et internationales » ; « Energies fossiles et renouvelables et transports » ; « Agriculture, alimentation, producteurs et droits des animaux » ; « Pollutions des sols et des zones maritimes » ; « Production et traitement des déchets ».

Traités, investissements, institutions, règlements et directives européens

               Des propositions écologiques sont faites dans le sens de la création ou la modification de nouvelles institutions européennes et de la révision des traités européens actuels.

               Certaines listes souhaitent mettre l’écologie au premier plan de l’action de l’Union européenne (UE). Europe Ecologie Les Verts (EELV) instaurerait un traité environnemental européen qui ferait « de l’écologie la norme juridique supérieure ». La France Insoumise (LFI) quant à elle voterait un règlement européen, s’appliquant donc directement aux Etats-membres,  pour mettre en place la « règle verte » : « Ne pas prélever davantage à la Nature qu’elle ne peut reconstituer. Ne pas produire plus que ce qu’elle ne peut supporter. » Pour Place Publique – Parti socialiste (PP-PS), les investissements et les subventions publics de l’UE seraient soumis à « une règle d’éco-conditionnalité » qui prendrait en compte des critères « de cohérence écologique ». Enfin, La République En Marche (LaREM) porterait un « Pacte de Soutenabilité » associé au Pacte de Stabilité pour « ne laisser ni dette financière ni dette écologique ».

               Les contraintes budgétaires de l’UE vis-à-vis des Etats-membres sont également ciblées. Il leur incombe de ne pas aller au-delà, en proportion du PIB, de 3% de déficit et de 60% de dette publics. EELV et PP-PS excluraient de ces calculs les investissements dirigés vers la transition écologique, afin de faire de l’environnement la priorité. LFI  proposerait la suppression totale de cette règle arguant qu’il ne faudrait pas hiérarchiser les investissements sociaux et les investissements écologiques, et qu’ils iraient de pair.

               L’idée d’institutions européennes agissant directement pour la biodiversité et le climat semble former un consensus. C’est le cas de la proposition d’une banque européenne finançant directement la transition écologique. Mais, passé cet élément, déjà les différences se dessinent sur le fond. La liste de LaREM porterait les propositions d’une part d’une « Banque européenne pour le Climat » et d’autre part de consacrer « 40% du budget de l’UE à la transition écologique » tout en soumettant ce dernier au respect des Accords de la COP 21, dits « de Paris ». D’autres listes proposeraient une transformation des institutions financières de l’UE existantes. Génération-s (G-s) intègrerait au mandat de la Banque centrale européenne (BCE) le respect des Accords de Paris de la COP 21 ;  LFI réviserait les statuts de la Banque centrale européenne (BCE) pour qu’elle puisse directement prêter aux Etats-membres, sans l’intermédiaire des marchés financiers ; Les Républicains (LR) mettrait en place un « Plan européen pour le Climat » permettant que la Banque européenne d’investissement (BEI) prête à taux zéro, le tout dirigé par un « Haut-Commissaire européen pour le climat et la biodiversité ». Le Parti Communiste Français (PCF) et EELV se démarquent d’une certaine manière. Les premiers développeraient un « Fonds européen pour le développement solidaire et écologique » financé par la BCE – là aussi, on distingue la volonté d’une transition non seulement écologique mais également sociale ; les seconds créeraient une « Banque européenne du climat et de la biodiversité » avec un plan d’investissement à cent milliards par an pendant 5 ans pour « la sobriété, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et la mobilité durable » – les investissements proposés par les autres listes seront évoqués plus bas.  

               D’autres propositions vont également dans le sens d’une protection juridique et judiciaire de l’environnement. Le constat est fait par EELV, G-s et LFI que l’on devrait pouvoir saisir un tribunal à l’échelle européenne ou internationale contre un Etat ou une entreprise multinationale sur les questions du climat et de la biodiversité : « Parquet européen autonome » pour EELV, « Cour européenne des droits de la nature » pour G-s, et « Tribunal international de justice climatique et contre les écocides » pour LFI. A propos des « biens communs », les choix sont aussi divers qu’inégalement approfondis. LFI ferait de l’eau et de l’énergie en biens communs ; EELV créerait une « Chambre du vivant et du temps long », un organe consultatif de défense des biens communs ; et le PCF préconiserait la « reconnaissance de biens communs européens » associée à la création d’institutions « chargées de leur protection et de l’organisation des coopérations européennes dans ces domaines » tout en refusant leur ouverture à la concurrence.

               Debout La France (DLF) se distinguerait avec la création d’agences européennes en charge de « projets innovants » sur la transition écologique. LFI fonderait un « Institut public européen de recherche sur la transition énergétique ». LaREM agirait pour la signature d’un accord international sur la biodiversité avec l’UE comme « moteur » et pour modèle les Accords de Paris sur le climat. Et PP-PS, pour sa part, développerait un « ‘’Airbus’’ de l’énergie renouvelable ».

Coopérations et relations européennes et internationales

               Ces élections européennes sont par ailleurs l’occasion de débattre sur les coopérations européennes et internationales à établir pour lutter contre le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité.

               La relocalisation de l’activité économique au sein de l’UE semble être une priorité partagée par la plupart des listes. Le levier fiscal aux frontières européennes pourrait être privilégié : un bien produit hors-UE serait taxé selon des critères liés au nombre de kilomètres parcourus ou à son impact sur la biodiversité. Et si les mots des différents partis politiques sont divers pour qualifier ces systèmes protectionnistes, c’est sans doute parce que bien des nuances se dessineraient dans leur mise en œuvre. LR érigerait une « Barrière écologique » ; PP-PS et EELV agiraient eux pour un « protectionnisme vert européen » ; le RN,avec son « localisme », taxerait les importations anti-écologiques ; DLF instaurerait des « droits de douane ‘’anti-pollution’’ couplés à une préférence économique européenne » ; LFI œuvrerait pour une « taxe carbone aux frontières » en élevant plus ou moins son montant en fonction du kilométrage ; LaREM diminuerait les taxes à l’importation sur les biens « propres » ; et G-s armerait l’UE d’un « Bouclier bio » consistant en la surtaxation des produits non-issus de l’agriculture biologique.

               Pour des raisons d’échanges économiquement inégaux et d’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES), le libre-échange est, c’est selon, cible de critiques acerbes constituant une franche opposition ou alors, tout du moins, la source de propositions de réformes. EELV, LFI, le PCF et PP-PS mettraient un terme aux négociations sur le CETA, le JEFTA et l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Les trois premiers s’opposeraient quoi qu’il en soit aux traités de libre-échange arguant que dans les conditions de transport actuelles cela conduirait nécessairement à une augmentation des émissions de GES ; le dernier serait prêt à en négocier de nouveaux à condition que des « critères environnementaux, sociaux et fiscaux » mettant « la politique commerciale au service de la société » soient «  démocratiquement définis ». Il est rejoint d’une certaine manière par LaREM,qui intègrerait aux accords commerciaux des clauses environnementales Elle interdirait également l’importation de « produits non-durables responsables de la déforestation » d’ici à 2030.

               La question de la taxation transnationale est elle aussi soulevée. LaREM instaurerait un prix plancher pour la tonne de carbone, dans le cadre des quotas d’émissions de CO2 dont disposent les entreprises – une réforme du « marché carbone » ; LFI proposerait une taxation carbone et kérosène commune en remplacement du « marché carbone » ; EELV mettrait en place une « taxation environnementale transfrontière » sur les avions, les paquebots, les camions et les GAFAM au sein de l’UE ; PP-PS voterait une taxation sur les transactions financières (TTF) qui serait plus importante dans le cas de placements dans les énergies fossiles.

               Les coopérations internationales sont nécessaires pour mener des actions écologiques puissantes et efficaces : il faut « penser global ». Pourtant, seules deux forces politiques semblent avoir travaillé la question. PP-PS allouerait la moitié des bénéfices de sa TTF au développement des pays d’Afrique avec pour objectif premier de lutter « contre la désertification et le recul des terres agricoles ». LFI quant à elle agirait sur trois axes. Elle soutiendrait financièrement « les pays en développement et les territoires insulaires ou côtiers » dans « l’atténuation et l’adaptation » aux effets du dérèglement climatique ; elle mettrait en place un « Partenariat méditerranéen 5+5 » (France, Espagne, Italie, Portugal, Malte, Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie, Lybie) avec l’extension du réseau « Natura 2000 » et une évaluation écologique et paysagère des projets immobiliers côtiers ; enfin, elle ferait des outre-mer « des territoires pilotes de la transition écologique » vers une « autonomie énergétique », une « autosuffisance alimentaire » et la « préservation de la biodiversité ».

Energies fossiles et renouvelables et transports

               Pour que nos sociétés réalisent une transition écologique aboutie, les énergies et les transports sont des domaines sur lesquels elles doivent concentrer une partie importante de leurs efforts, ceux-ci représentant trois quarts des émissions de CO2. La plupart des listes pour ces élections européennes ont traité la question avec précision.

               Nombreuses sont celles qui ont en effet de fortes ambitions, notamment au sujet de la transition énergétique. EELV et LFI établiraient l’objectif d’une production d’énergie d’origine renouvelable à 100% – avec un seuil à 45% en 2030 pour LFI – pour 2050 associée à une sortie progressive du charbon et du nucléaire – prévue entre 2030 et 2050 pour EELV. LR atteindrait, sans donner plus de détails, la « neutralité carbone » avec un « mix énergétique adapté aux territoires ».

               EELV et LFI s’accorderaient en outre sur l’interdiction totale des placements financiers et des subventions directes et indirectes vers les énergies fossiles. Moins largement, G-s interdirait aux banques de réaliser des placements dans les énergies fossiles et refuserait les exploitations de gaz et de pétrole de schiste. S’engageant de manière plus aboutie, LFI interdirait toute nouvelle exploitation d’hydrocarbures et voterait un moratoire sur la construction de nouvelles centrales nucléaires. LaREM de son côté engagerait l’arrêt des exploitations des hydrocarbures pour 2050 ainsi que de la vente des voitures diesel et essence pour 2040. Et PP-PS assurerait de son côté une « sortie progressive » du moteur diesel d’ici à 2030 et la « fin » du moteur à explosion d’ici à 2045. 

               EELV agirait pour une « économie 0 carbone » avec un objectif de « réduire ses émissions de 60% d’ici 2040 » ; LFI reverrait « à la hausse les objectifs de réduction des émissions de CO2 » de la COP 21 pour parvenir à la « neutralité carbone » d’ici à 2050.

               Mais, en définitive, seules PP-PS, EELV et G-s budgétiseraient leur plan d’investissement : 100 milliards d’euros par an pendant 5 ans. Le « Grand plan d’investissement vert » de PP-PS viserait notamment à financer des projets dédiés à « l’efficacité énergétique » et au « stockage des énergies intermittentes » ;  EELV, en plus de proposer le plan évoqué précédemment, relèverait le budget de l’UE à 750 milliards d’euros – soit une hausse de 370% – et consacrerait la moitié « au climat » ; le « Green New Deal » – inspiré d’outre-Atlantique – de G-s serait dirigé vers « les économies d’énergie, le logement et la rénovation thermique, les énergies renouvelables et les mobilités propres ».

               Justement, sur le point des mobilités propres – « transports doux », à votre guise – G-s et LFI se retrouveraient. Les premiers agiraient pour une « stratégie industrielle écologiquement soutenable » avec, par exemple, un développement du ferroviaire ; quand les seconds élaboreraient « un plan européen de recours obligatoire au transport ferroviaire de fret sur longue distance […] et plus généralement de report modal de la route vers les modes moins polluants ».

               Il y a d’autre part, çà et là, quelques propositions originales. Le PCF créerait un « service public de la rénovation énergétique » comprenant une étude des territoires et un ciblage des financements publics européens en fonction de leurs besoins. DLF investirait dans la recherche sur les « énergies du futur » comme « le panneau solaire à haut rendement énergétique, le stockage durable et le nucléaire sans déchet (filière Thorium) ».

Agriculture, alimentation, producteurs et droits des animaux

               Une UE véritablement « verte » devra prendre à bras le corps les enjeux d’une agriculture respectueuse de l’environnement, d’une alimentation de qualité, d’une juste rémunération des producteurs et de droits concrets pour les animaux.

               La Politique agricole commune (PAC) est à la croisée des chemins : pour répondre aux problématiques précitées, il faut la révolutionner. Le constat n’est pas unanimement partagé mais, au moins, des avancées sont mises sur la table dans le cadre de ces élections européennes. Pour DLF, elle assurerait une alimentation de qualité et un revenu juste aux agriculteurs ; LaREM doublerait les surfaces du bio et mettrait fin à l’utilisation d’OGM dans la nourriture d’élevage ; celle du PCF garantirait « une agriculture paysanne non soumise aux logiques productivistes » avec un prix rémunérateur pour les producteurs ainsi qu’une sortie des pesticides ;  pour PP-PS, elle instaurerait une « sortie progressive de l’agro-industrie des intrants chimiques » pour réaliser « une transition franche vers l’agro-écologie » en veillant à une juste rémunération des producteurs ; la PAC de G-s financerait son « Bouclier bio » consistant en la prise en charge totale de la conversion des agriculteurs biologiques ; celle d’EELV comporterait des « objectifs nouveaux », notamment le « 100% bio » – avec un palier  30% pour 2025 –, « le retrait des aides de la PAC en cas d’exportation » et « un conditionnement des aides à un critère territorial pour relocaliser l’agriculture » ainsi qu’une « aide plancher revalorisée […] et un plafond de versement pour les grosses exploitations » ; LFI mènerait une « PAC écologique pour une alimentation de qualité » avec d’une part un « transfert massif » des subventions vers « les petites exploitations », « de l’élevage vers les cultures végétales » puis vers le « 100% bio » – conversion, maintien et renforcement – et les circuits courts et d’autre part une réduction des subventions aux « grosses exploitations ».

LFI et EELV se rejoindraient sur la proposition de repas végétariens dans la restauration scolaire. Cette dernière force politique irait même jusqu’à offrir des options végétariennes dans la restauration collective.

               LaREM, quant à elle, plaiderait simplement pour une « Force sanitaire européenne » agissant pour un contrôle qualitatif des aliments accru.

               Sur les polluants, les convergences se font certes, mais sont plus rares. LFI mettrait progressivement un terme à l’utilisation des OGM, des pesticides, des néonicotinoïdes et des perturbateurs endocriniens ; EELV des OGM et des pesticides ; G-s des pesticides et des perturbateurs endocriniens ; LaREM acterait une sortie du glyphosate pour 2021 et une division par 2 de l’emploi des pesticides pour 2025. DLF, enfin, trouverait des « alternatives non-polluantes au glyphosate ».

               A propos des droits des animaux, EELV et LFI se distingueraient tout particulièrement étant les deux seules forces de propositions dans ce domaine. EELV agirait d’une part pour une « sortie progressive des fonds des exploitations ayant des pratiques de maltraitance (castration sans étourdissement, élevage de poules en cage, broyage des poussins…) »  et d’autre part pour « l’interdiction des fermes-usines » ; LFI, elle, interdirait les élevages en batterie ainsi que les sévices sur les animaux, limiterait le nombre d’animaux par ferme et voterait une « Charte européenne des droits des animaux ». LaREM proposerait de mettre fin au broyage des poussins.  

Pollutions des sols et des zones maritimes

Au sein de l’UE, près de 50% de la population vit à moins de 50 km de la mer et environ 75% de cette même population est urbaine. Cela n’a de cesse d’augmenter.  En conséquence de quoi, les sols sont soumis à une artificialisation croissante et les zones maritimes souffrent d’une altération de la biodiversité toujours plus forte. C’est donc à juste titre que des listes pour les élections européennes ont émis des idées afin de protéger ces espaces.

               Dans le cadre du soutien à la campagne « People4Soil », LFI et G-s défendraient l’adoption d’une directive sur la protection des sols afin de « préserver leur vie, leur fertilité et leur capacité absorbante ».

               En ce qui concerne les zones maritimes, certaines forces politiques proposent des réformes à mettre en œuvre plus ou moins poussées. DLF souhaiterait que la pêche européenne fournisse une alimentation de qualité et un revenu juste aux pêcheurs ; LFI interdirait le financement de la pêche au chalut et engagerait un « plan mer européen » comportant une aide financière aux pêcheurs artisanaux et aux petites flottes, des mesures de lutte contre la surpêche et un développement des énergies renouvelables marines – par exemple, des hydroliennes, des usines marémotrices ou des éoliennes en mer ; PP-PS renouvellerait la politique commune de la pêche sur « des critères de performance écologique et sociale, décidés de façon transparente et collégiale » et interdirait les exploitations d’hydrocarbure en mer ; et LaREM ferait évoluer de 4% à 30% la part des espaces maritimes certifiés « Natura 2000 ».

Production et traitement des déchets

               Si l’activité humaine est à ce point responsable du dérèglement climatique et de l’effondrement de la biodiversité, c’est parce le système économique sur lequel elle repose – le capitalisme – est guidé par le productivisme qui ne se soucie que peu ou prou des conséquences sur l’environnement. Ce n’est pas viable. Mais l’UE est en mesure d’être à la pointe au niveau mondial sur ces questions : elle doit revoir ses quantités et ses processus de production vers une décroissance soutenable.

PP-PS organiserait la fin des « emballages plastiques »  et des « poystyrènes » avant 2030 ; LaREM interdirait le plastique non-recyclable d’ici 2025 et les microplastiques « ajoutés aux cosmétiques, détergents, peintures » pour 2020 et souhaiterait « mettre fin mettre fin à l’obsolescence programmée en étendant les garanties ». LR favoriserait « l’économie circulaire » et « la bioéconomie » avec notamment une « Stratégie plastique » pour étendre, améliorer et renforcer le recyclage des plastiques ; EELV lutterait contre l’obsolescence programmée par « la prévention », « la réparation », « le ré-emploi », « les dispositifs de bonus-malus » et « les extensions de garantie » ; enfin, LFI agirait pour « le recyclage », « la consigne » et « le compostage » mais également contre « le suremballage » et « l’obsolescence programmée » 

J’aurai essayé de montrer au travers de ces lignes qu’il existe des solutions politiques pour répondre à l’urgence écologique. Une chose est néanmoins bien certaine : toutes les listes pour les élections européennes n’ont pas travaillé ces questions de la même manière. Ce qui est assez logique en somme puisque nombreuses sont celles qui peinent à remettre en cause le productivisme – et donc le mythe de la croissance infinie dans un monde fini – qui les caractérise. D’autres ne se sont toujours pas débarrassées d’une réflexion « de salon » amenant à faire de « l’écologie trottinette »  réservée à un club.  Or nous avons 12 ans pour nous préparer au mieux à encaisser le choc dans le mur écologique qui vient, nous disent les scientifiques. Nous avons 12 ans pour changer tous nos modes de consommation et de production. Nous avons 12 ans pour profondément réformer le capitalisme et entrer dans une ère de résilience socio-écologique. L’écologie doit donc être populaire ou elle ne sera pas. Populaire donc sociale et démocratique. Alors finalement, toute force politique qui n’en ferait pas sa préoccupation première, sa feuille de route, sa boussole serait illégitime. 

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