Analyse du personnage et de la psychologie du « Joker », au cinéma

Quand le méchant vole la vedette au héros

Qui aurait pensé que des psychopathes, ou des aliens, déguisés en clowns seraient à la tête des affiches et des boxes-offices 4 ans d’affilée ? Entre le ridicule mais inquiétant Pennywise de « Ça » et le Joker un peu bling-bling, de « Suicide Squad » on est certain de voir débarquer au moins un ou deux clowns à nos soirées d’Halloween (clin d’œil au meilleur BDA, on a tous hâte les gars). Mais comme vous le savez sûrement, le Joker, ça n’a pas toujours été un gars recouvert de tatouages qui écoute du rap tout en faisant du 100km/h en pleine ville à bord d’une Ferrari. En effet, le rôle a été interprété à plusieurs reprises dans l’histoire du cinéma et de la TV. Les deux performances les plus emblématiques sont celles de Jack Nicholson en 1989 dans le film de Tim Burton Batman; et celle de Health Ledger dans The Dark Knight de Christopher Nolan en 2008. Ce personnage qui a fasciné le monde entier avec sa folie et son obsession un peu préoccupante pour Batman, continu d’être revisité et interprété par les grands noms du cinéma.

Nous allons donc entendre résonner le rire machiavélique et dérangeant du clown à l’humour noir et sadique une nouvelle fois, dans le film de Todd Philips simplement intitulé « Joker » (en salle le 4 octobre) . Le rôle de l’iconique clown aux cheveux verts et au sourire sanglant sera cette fois-ci campé par Joaquin Phoenix. Si ce nom ne vous dit rien, Joaquin Phoenix c’est celui qui interprète l’empereur romain fou qui tue son père et qui a un crush plutôt « malaisant » sur sa soeur dans Gladiator. À croire que les rôles de personnages torturés mais sadiques, c’est son dada. Enfin bref, le film est bien entendu très attendu puisqu’il est le premier à être entièrement consacré aux origines de l’un des plus grands méchants de l’histoire de la bande dessinée; et il fait déjà beaucoup parler de lui. En effet le 7 septembre dernier, Joaquin Phoenix a remporté le Lion d’Or pour sa performance dans le film, au 76ème festival « Mostra de Venise ». Même les journalistes du journal Le Monde, une de nos références sacrée à nous Sciencepistes, le reconnaissent, le jeu de Phoenix est « virtuose ».

Je me demande donc ce qui rend ce personnage atypique, si intéressant ? On parle quand même au départ d’un type qui se balade déguisé en clown et qui assassine sadiquement des innocents… Ah mais les personnages hyper normaux à qui il n’arrive rien et qui n’ont aucune fantaisie, c’est absolument ennuyeux je suis bien d’accord avec vous! (Why so serious les amis? 😉 )

Il est donc intéressant d’observer comment un méchant de bande dessinée qui ne devait au départ survivre qu’à un seul numéro, s’est retrouvé à la tête de l’affiche du film d’une des plus grosses boites de production américaine ?

Avant d’être amené à la vie par des acteurs, le Joker est d’abord un personnage de papier crée par Jerry Robinson, Bill Finger et Bob Kane en 1940. Même plus de 70 ans après sa création, son passé reste toujours mystérieux… échappé d’asile dans une version, humoriste raté ( et visiblement très affecté par cet échec) dans une autre, on ne sait pas vraiment quelles sont ses véritables origines. Dans le film qui sort cette année, le Joker, c’est Arthur Fleck, un homme atteint d’une maladie neurologique qui lui déclenche des crises de rire et qui altère sa perception de la réalité. Il vit seul avec sa mère dans le New York des années 80. C’est peut-être ça qui fascine autant cinéastes et acteurs avec ce personnage, une complète liberté d’exploration et d’interprétation ! Cheveux verts et rouge à lèvres obligatoire pour tout le monde, ça c’est sûr, mais l’apparence, les costumes, même les démarches des 2 personnages sont différents. À la version inquiétante mais charismatique et chic de Nicholson, s’oppose celle chaotique et dérangeante d’Health Ledger, dans laquelle le Joker a fait une croix sur le brushing et opte pour des longs manteaux déchirés et délavés. La version très moderne de Jared Leto dans Suicide Squad est elle aussi à part (on se souvient de ce que j’ai dit sur les tatouages et la Ferrari?).

Reste à voir la proposition que Phoenix a fait pour le personnage; mais selon les photos promotionnelles et bandes annonces, on va avoir droit à quelque chose de complètement différent. L’autre caractère innovant de ce film, est qu’on va voir le Joker sans son super-hero préféré: Batman ! Dans les autres films, les deux personnages étaient extrêmement liés. Joker c’est quand même au départ, l’ennemi juré de Batman. Dans le film du Burton, le Joker est un grand mafieux qui veut contrôler la ville de Gotham et faire la peau aux héros, alors que dans celui de Nolan, le Joker n’a qu’un seul but: semer le chaos et pousser notre pauvre Bat au bout du bout. C’est d’ailleurs cette analyse qui expliquerait les différences d’apparences des deux acteurs: le premier se balade en costume parce qu’il essaie de copier le look du Parrain alors que le second… bah ses fringues reflètent la folie qui habite son esprit… En parlant de folie, une autre des variations du nouveau film, est justement la source de cette folie qui habite le personnage tout univers confondu. Dans les comics, Batman (1989) et Suicide Squad, le Joker devient le Joker lorsqu’il tombe non pas dans une cuve de chewing-gum verte comme ce bon vieux Jacob, mais une cuve d’acide qui déforme à jamais son visage et le rend complètement fou!… Dans la version de 2019, la folie d’Arthur Fleck est déjà diagnostiquée, son cheminement d’Arthur à Jojo sera donc lui aussi sûrement différent !

Enfin bref, comme vous l’avez compris on pourrait s’attarder sur ce personnage et ses interprètes éternellement, mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, je vais conclure! Le Joker, est donc un personnage complexe et très sombre qui est devenu un symbole dans notre société et mêmes dans nos vies: c’est un peu l’équivalent du petit démon dans votre tête qui vous pousse à faire des choses irrationnelles, à vous écarter du droit chemin! On a tous besoin d’un petit Bat pour ré-équilibrer les choses et rester sain. Mais, toujours garder une petite touche de folie quand même! Au cinéma à partir d’octobre ou tranquillement posé dans votre salon devant la télé, préparez-vous à ré-entendre le plus dérangeant rire de la planète.

Aliénor Malevergne

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