« What’s Upon A Time…In Hollywood »: Critique du dernier Tarantino

Quentin Tarantino revient au cinéma avec son 9ème long métrage, 4 ans après les Huit Salopards. Amateur du cinéma de Tarantino, profitez bien de ce film : il est l’avant dernier que le réalisateur mettra en scène. Il l’avait déjà annoncé il y a quelques années mais l’information a été confirmé pendant la promotion de ce film : il n’en fera que 10. Cependant pas de panique, Once Upon a Time in Hollywood ne vous laisse pas en reste.

Once Upon A Time in Hollywood raconte l’histoire d’un acteur sur le déclin, Rick Dalton (joué par Leonardo DiCaprio), et de sa doublure plus au chômage que sur les plateaux (joué par Brad Pitt) en 1969, époque où Hollywood vit sa grande transformation. Pour les fins connaisseurs, l’année peut vous parler. Elle est en effet celle où le tristement célèbre Charles Manson a commandité l’assassinat sanglant de l’actrice Sharon Tate (joué par Margot Robbie), star montante et épouse de Roman Polanski. Si le film n’est pas centré uniquement sur cette histoire, elle prend néanmoins de l’ampleur au fur et à mesure jusqu’à finir en apothéose, avec le lot de surprises que le « genre Tarantino » nous réserve pour chacun de ses films. Le choix de Tarantino de parler de l’affaire Sharon Tate n’a pas été fait au hasard, car cette affaire a signé la fin d’une époque d’insouciance et de l’entrée de la violence et de la criminalité aux Etats-Unis. L’année 1969 est donc un virage dans le cinéma hollywoodien, et cette époque de liberté et d’innocence ne reviendra jamais. Il y a donc tout au long des 2H45 de visionnage une tension qui grandit subtilement, jusqu’à la scène finale.

Le casting 5 étoiles annonçait en théorie des performances d’acteurs et d’actrices impressionnantes, et le résultat n’est en rien décevant.

Il n’est plus à démontrer le talent et les capacités d’acteur de Leonardo DiCaprio. Sa filmographie est presque plus diversifiée que n’importe quel acteur d’aujourd’hui et pourtant, sa performance dans ce film nous surprend encore. C’est probablement la première fois qu’on le voit dans un rôle aussi humoristique, et c’est un pari réussi. Son personnage amène un ton léger au film. De plus, pour la première fois au cinéma, DiCaprio et Brad Pitt sont réunis à l’écran, et le résultat dépasse toutes nos attentes.

Tout comme DiCaprio, Brad Pitt n’a plus à prouver sa valeur en tant qu’acteur. Il incarne parfaitement son personnage, cynique et impulsif, qui n’en reste pas moins attachant.

Le personnage de Margot Robbie est, quant à lui, une petite déception. Si sa performance en tant qu’actrice n’est absolument pas à remettre en question (qui aurait pu mieux incarner Sharon Tate que Margot Robbie !), c’est au niveau scénaristique que se pose un problème. Son temps à l’écran est bien inférieur à quoi on aurait pu s’attendre alors que le film dure quand même 2h45 et ses courtes interventions n’ont pas grands intérêts dans le déroulement de l’histoire. Son personnage ne sert qu’à amener la scène finale. C’est décevant de ne pas avoir mis son personnage plus à l’honneur.

La mise en scène opérée par Tarantino est minutieuse. Les plan-séquences ont été privilégiés pour ajouter plus de réalisme et contraster avec les deux jeux d’acteurs extravagants. Voitures décapotables hors de prix, mode des chaussures montantes et des pulls col roulés, cigarettes aux lèvres, la montée de la génération hippie : bref, toutes les références des sixties sont au rendez-vous. Mais il n’y a pas que le décor et les costumes qui permettent au spectateur d’avoir un aperçu de l’époque, mais également les références cinématographiques. On peut apercevoir de brèves apparitions de personnages incarnant Charles Manson, Bruce Lee ou encore Roman Polanski. Les années 60 c’est aussi la période des western-spaghetti, des feuilletons télévisés kitsch, et de la liberté poussée à l’extrême.

A la sortie du film, la plupart des critiques ont été d’accord sur un point : juste pour la scène finale, Once Upon A Time in Hollywood vaut le détour. Si le scénario peut parfois être bancal, et que certaines scènes sont inutiles et n’apportent rien au film à part ajouter de la longueur, on retrouve la touche Tarantino sur les 20 dernières minutes et la dynamique de cette scène n’en laissera pas un déçu.

Même si le film ne peut pas être mis au niveau de Reservoir Dogs ou Pulp Fiction, il n’en reste pas moins un film réussi, surtout grâce au duo DiCaprio/Pitt qui relève le film. Cependant, attention aux hématophobes !

Si la vue du sang vous dérange, ce film (comme tous les Tarantino d’ailleurs) n’est pas pour vous.

Julie M.

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