ENTREZ DANS LA DANSE !

Évadons-nous aujourd’hui, l’univers de la danse a tellement de choses à nous faire partager.

C’est en apprenant la projection du ballet Cendrillon le 7 septembre dernier au parc du Prieuré, à l’occasion des 350 ans de l’Opéra national de Paris, que j’ai décidé d’écrire cet article. La danse classique est un aspect peu abordé de la discipline, pourtant si enrichissant même si souvent réduit au tutu et aux pointes. Mon but n’est cependant pas de vous retracer l’histoire de la danse classique avec un grand H, mais plutôt d’éveiller en vous une forme de curiosité artistique.

La danse classique est un art permettant à la fois l’expression du corps et la transmission d’un message ou d’émotions. Au premier abord, ce milieu est jugé très sélectif et concurrentiel. Il est en effet exigé des élèves une rigueur et une assiduité exemplaires. Sont inculquées des valeurs telles que le sens de l’effort et la persévérance, la passion du sport, l’écoute de soi et des autres, etc. Dès le plus jeune âge, seul.e.s les meilleur.e.s peuvent espérer intégrer le « corps de ballet » ou rejoindre le cercle prestigieux des danseuses étoiles de l’Opéra national de Paris, berceau de la danse classique. Pourtant, depuis plusieurs années, la tendance veut que cet art se démocratise. En 1991 par exemple, le programme pédagogique « Dix mois d’École et d’Opéra » (DMEO), lancé par Martine Kahane, avait pour but de favoriser l’accès à l’Opéra national de Paris aux élèves de ZEP. La danse classique évolue peu à peu afin de se rendre plus accessible et devient un véritable vecteur d’intégration sociale. Fanny Fiat, danseuse à l’Opéra de Paris explique : « On essaie de gommer l’image traditionnelle de la discipline. Nous n’hésitons pas à utiliser des musiques pop ou à proposer des cours dérivés, comme la barre au sol ou le Pilate. Plus on crée de ponts, moins il y a de barrières ». Il existe en effet de nombreuses manières de décliner cet art, en l’alliant à d’autres types de danse ou de sports par exemple. Selon un professeur du Centre des Arts Vivants, Julien Mathieu, le cinéma a aussi énormément contribué à la diffusion de la danse classique : Billy Elliott, Flashdance, Black Swan… Autant de films qui ont marqué un large public. La publicité s’est également emparée du symbole de la ballerine : la marque de cosmétique Nuxe a lancé sa campagne « Instinctive Beauty », avec l’aide du chorégraphe Benjamin Millepied, faisant par la même occasion la promotion de la danse classique. Il semble donc que la tendance veuille gommer son aspect élitiste et inaccessible. 

La danse classique est un art qui permet au corps de s’exprimer. L’un de ses atouts les plus épanouissants : la prise de conscience de son corps, qu’un chorégraphe de Basse-Normandie avait défini comme une « archive vivante où le mouvement reste profondément inscrit ». Cette interprétation nous éclaire sur notre rapport à l’espace, dans lequel nous évoluons. Danser est un réel engagement physique visant à se retrouver avec, mais aussi face à soi-même. En cela, le miroir invite à la correction mais aussi à la contemplation : s‘admirer pour s’améliorer. Connaître son corps et écouter ses besoins est un temps essentiel pour chacun : devoir effectuer un « saut de chat » avec grâce ou faire un grand écart exige une certaine connaissance de son corps et notamment des muscles à mobiliser. Cela permet de tirer une forme d’enseignement de soi et des autres, puisque chaque corps évolue différemment. De même, contrairement aux idées reçues qui lui donnent un côté rigide et retenu, la danse classique requiert un certain lâcher-prise et un abandon de soi, où le jugement personnel n’a plus sa place. Souvent sous-estimée, elle apparaît bénéfique au même titre que la relaxation ou la méditation et constitue un moyen de se reconnecter avec soi et le monde.

La danse classique est également un art qui permet de transmettre un message ou de faire ressentir des émotions. Récemment, un documentaire intitulé « Une vie secrète » (2019) a été diffusé dans les salles de cinéma. Le réalisateur, Jérôme Cassou, y suit le parcours de la talentueuse chorégraphe Nadia Vadori-Gauthier, à l’origine d’une initiative originale. Après les attentats de Charlie Hebdo, bouleversée, elle ne voit aucune autre issue que la danse pour aller de l’avant et se reconstruire. Elle décide alors de s’engager : pendant un an, elle se filme une minute chaque jour. À ses yeux, ces minutes ne constituent pas un engagement politique mais plutôt un petit acte de résistance parmi tant d’autres, puisqu’elle danse dans le but d’amener un peu de joie dans la vie d’inconnus. Elle choisit la rue comme théâtre de ses chorégraphies, mélangeant classique et contemporain la plupart du temps, en talons colorés et jupes longues. Une chorégraphie est mise à l’honneur chaque jour, sans motif ou bien pour chaque évènement marquant (manifestation des Gilets Jaunes, grenelle des violences conjugales, scandale du glyphosate…). Le tout dans une ambiance chaleureuse aux quatre coins du monde… qui incite à suivre ses pas !

Et si cet article n’avait pas suffi à vous convaincre, je vous conseille d’aller regarder la performance des danseuses du CRIT (4ème l’année dernière !), alliant plusieurs types de danse !

Chloé Chamard

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