Politique : la fin d’une époque

Si l’on avait demandé en 2015 à un sciencepiste comment il verrait l’année 2019, il y a fort à parier qu’il n’aurait jamais envisagé le quart de tous les bouleversements qu’a connu le monde en seulement 4 ans. Cette période paraît bien lointaine, comme si quelque chose avait changé, que la politique avait connu la fin d’une époque, et était entrée dans une nouvelle ère, plus polarisée et plus imprévisible que jamais.

  • Un paysage politique mondial chamboulé

Il faut admettre que les dernières années ont été particulièrement surprenantes en terme de rebondissements. Essayez de vous rappeler de l’année 2015. A cette époque pas si lointaine, François Hollande était le Président de la République française, Barack Obama le Président des États-Unis, Stephen Harper le Premier ministre canadien, David Cameron le Premier ministre britannique, Matteo Renzi le Président au Conseil italien et Mariano Rajoy le Président du gouvernement espagnol. Seulement 4 ans plus tard, tous ces dirigeants ont dû quitter leur poste, et leurs partis ont tous subi des défaites électorales plus ou moins importantes.

Mais que s’est-il passé ? Évidemment, chaque pays à un contexte particulier, néanmoins, tous ces bouleversements ont un dénominateur commun : un appel des citoyens au changement.

Dans le cas de la France, le rejet d’une classe politique perçue comme inefficace et indéboulonnable s’est traduit par la disqualification au premier tour des deux grands partis ayant gouverné la France depuis 1981, et au second tour à l’élection d’Emmanuel Macron. Cet ancien banquier d’affaires, nouveau en politique, promettait de renouveler les pratiques de l’État vers un modèle plus managérial, et portait un projet résolument progressiste et libéral.

Au Canada, le Premier ministre Stephen Harper est très contesté à la fin de son mandat pour son inaction en matière d’environnement, sa politique d’austérité et divers scandales de corruption ayant touché son gouvernement. Cela a conduit en novembre 2015 à la victoire du Parti libéral (centre-gauche) de Justin Trudeau, ayant fait campagne sur une plateforme très progressiste et centrée sur les enjeux écologiques.

Aux États-Unis, la fin des années Obama est marquée par une forte désillusion des citoyens américains qui se remettent à peine de la crise économique. Donald Trump, un candidat atypique sur lequel aucun commentateur n’avait parié, est parvenu à séduire un électorat conservateur considérant la nation américaine comme menacée de l’intérieur par l’immigration et à l’extérieur par des pays émergents comme la Chine. Il remporte ainsi l’investiture du Parti républicain, puis à la surprise générale l’élection présidentielle de 2016.

Au Royaume-Uni, David Cameron a joué sur l’euroscepticisme pour se faire réélire en 2015, puis a tenté une renégociation des traités européens en faveur des intérêts britanniques, sans grand succès. Il a finalement perdu son référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union Européenne, plongeant le pays dans le chaos politique et institutionnel du « Brexit », qui aura raison de Theresa May et amènera Boris Johnson au 10 Downing Street.

En Italie, le leader de centre-gauche Matteo Renzi a également perdu un référendum, portant celui-ci sur une révision constitutionnelle visant à mettre fin à l’instabilité chronique du système politique italien, qui a connu 29 Présidents du Conseil et 64 gouvernements différents depuis la proclamation de la République en 1946. Les élections législatives qui ont suivi en 2018 ont amené au pouvoir une coalition formé du Mouvement 5 Étoiles, un parti anti-système inclassable, et la Ligue, un parti d’extrême-droite. Ce mariage atypique pris fin un an plus tard avec l’éclatement de la coalition par la Ligue, amenant à la formation d’une alliance entre  le Mouvement 5 Étoiles et le Parti Démocrate (centre-gauche).

En Espagne, le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy a dû faire face à une tentative de sécession de la Catalogne et à la condamnation de plusieurs cadres de son camp dans le cadre de l’affaire Gürtell, un vaste scandale de corruption touchant le Parti populaire, principal parti de la droite espagnole. Tout cela a mené au vote d’une motion de censure constructive amenant Pedro Sanchez, leader du PSOE (centre-gauche), au pouvoir.

Dans d’autres pays, les rapports de force se sont également renversés. Ainsi, en Autriche, à l’issue des élections de 2018, le nouveau chancelier conservateur Sebastian Kurz a mis fin à la grande coalition entre son parti, l’ÖVP (centre-droit), et le SPÖ (centre-gauche), formant un pacte avec le FPÖ d’extrême-droite. Au Brésil, le candidat d’extrême-droite Jair Bolsonaro a gagné l’élection présidentielle sur un message climatosceptique, économiquement très libéral et socialement très conservateur face Parti des travailleurs (gauche).

Tous ces événements prennent place dans un contexte de profonde remise en question des valeurs fondamentales issues de la fin de la Guerre froide.

  • Une opposition grandissante entre gagnants et perdants de la mondialisation économique

On observe depuis plusieurs années dans les pays développés une poussée électorale de partis populistes critiquant les élites et souhaitant mettre l’intérêt national au centre de la politique gouvernementale. Une des explications parfois apportée à cela est qu’il s’agirait d’une révolte des « perdants de la mondialisation ». Un petit récapitulatif s’impose.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les institutions et organisations internationales comme le GATT puis l’OMC ont plaidé pour une politique de libre-échange, c’est-à-dire un abaissement des barrières douanières entre les différents États. Cela a permis une augmentation  importante des échanges commerciaux, et donc l’essor de la mondialisation économique. Cependant, l’absence d’harmonisation des normes et réglementations sociales, sanitaires et environnementales a créé une concurrence déloyale entre des pays développés aux règles exigeantes et des pays émergents où les salaires sont plus faibles et les normes sanitaires et environnementales quasi-inexistantes.

Les innovations technologiques du transport de marchandises le permettant, de nombreuses entreprises ont ainsi délocalisé leur production industrielle des pays riches vers des pays pauvres pour diminuer leurs coûts de production.  Cela a pour conséquence de créer des « gagnants de la mondialisation » dans les pays émergents, où ces emplois nouveaux ont aidé dans l’ensemble à augmenter le niveau de vie, comme en Chine ou en Inde. Cependant, cela a contribué à créer des perdants dans les pays développés, principalement les ouvriers non qualifiés, qui ont vu leurs emplois se délocaliser, avec des chances très faibles de reconversion.

Cela est résumé par un célèbre graphique réalisé par l’économiste Branko Milanović :

Pour comprendre ces enjeux, on peut se rappeler de l’entre-deux tour de l’élection présidentielle française de 2017,  où les finalistes, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, s’étaient tous deux rendu à l’usine Whirpool, amenée à être déplacée en Pologne. Les deux candidats avaient, face à cette situation, fait des propositions très différentes. Emmanuel Macron se refusait à aller contre la délocalisation, mais promettait de réformer la formation professionnelle pour permettre aux ouvriers de retrouver du travail. Marine Le Pen, proposait de mettre en place des mesures protectionnistes de rétorsion contre les entreprises qui entreprendraient de délocaliser.

C’est dans ce contexte que le candidat Donald Trump, en s’attaquant à des élites considérées comme déconnectées, et en promettant de mettre les intérêts américains au-devant de toute considération (« America first »), a réussi à séduire toute une partie de l’électorat américain ouvrier en perte de repères. Cela l’a aidé à gagner les États-clés de la « Rust Belt », une ancienne région industrielle prospère aujourd’hui en déclin, lui permettant de gagner l’élection présidentielle en perdant le vote populaire.

Parallèlement, on observe également une montée en puissance des courants altermondialistes, critiquant la mondialisation libérale sans toutefois préconiser un repli sur la nation. L’altermondialisme vise à la mise en place d’une mondialisation « solidaire », respectueuse de l’environnement et des droits sociaux. Ce courant est cependant régulièrement critiqué pour le flou concernant la mise en pratique concrète de ses aspirations.

  • Un capitalisme contesté face à un communisme délégitimé

Après l’effondrement du bloc soviétique en 1991, l’expérience du communisme étatique est délégitimée. Le totalitarisme et les atteintes aux libertés individuelles sont partout condamnées, et les partis communistes européens commencent à décliner. Les pays d’Europe de l’Est opèrent une transition vers des régimes démocratiques à économie de marché.

Cet échec du communisme a conduit de nombreux penseurs à considérer que l’Humanité se dirigeait vers une uniformisation politique et économique du monde autour du modèle américain de démocratie libérale  et d’économie de marché. Le professeur et chercheur Francis Fukuyama mis ainsi en avant en 1989 une « fin de l’Histoire ». Le journaliste Thomas Friedman voit lui en 2005 dans cette nouvelle donne un « monde plat » qui ne serait plus qu’un grand marché globalisé où les clivages et divisions historiques et géographiques auraient perdu leur pertinence.

La Révolution conservatrice des années 1980 a vu se développer un modèle économique néolibéral, réduisant au maximum les interventions de l’Etat au profit des entreprises privées. Les meilleurs exemples de cette expérience sont les États-Unis de Ronald Reagan, le Royaume-Uni de Margaret Thatcher et le Chili d’Augusto Pinochet. Dans les années 1990, plusieurs personnalités politiques de centre-gauche vont s’affirmer en se revendiquant d’une « troisième voie » située entre le libéralisme et la social-démocratie. Cette tendance est incarnée notamment par Bill Clinton aux États-Unis, Tony Blair au Royaume-Uni et Gerhard Schröder en Allemagne. Ils considèrent que la mission économique de l’État est de créer et maintenir un cadre permettant la concurrence libre et non faussée entre les entreprises, en ajustant aux marges les inégalités et les injustices les plus criantes.

Ce modèle d’« économie sociale de marché », d’abord triomphant du fait de la bonne santé de l’économie mondiale de 1995 à 2005, est fortement remis en cause avec la crise financière des subprimes en 2008. Bien que provenant à l’origine du marché immobilier américain, cette crise va se propager à toutes les banques des États-Unis puis au monde entier, déclenchant la Grande Récession dont les conséquences humaines et sociales furent désastreuses.

Pour pallier à ce problème, les États vont opérer un vaste sauvetage des banques et du système financier, puis mettre en place des plans de relance coûteux visant à sauver l’économie de la déflation voire de l’effondrement. Suite à cela, les États se retrouvent fortement endettés, et certains comme la Grèce échappent de peu à la faillite. Le FMI et la Banque mondiale vont alors préconiser la mise en place de sévères politiques d’austérité visant à assainir les comptes publics, ce qui va se traduire concrètement par l’augmentation des impôts, la suppression de plusieurs allocations, la raréfaction des services publics et la délégation de certaines compétences régaliennes à des entreprises privées.

Face à cette situation, plusieurs mouvements politiques se sont formés,  tels que « Occupy Wall Street » aux États-Unis, le « mouvement des Indignés » en Espagne, « Nuit Debout » et les « gilets jaunes » en France, et récemment le vaste mouvement de protestation au Chili. Ces mouvements, sans remettre en cause le capitalisme, s’inscrivent dans une critique virulente du libéralisme économique. Celui-ci, en dérégulant les marchés et les pratiques des entreprises, aurait pour conséquences sociales une augmentation de la précarité et des inégalités, et pour conséquences environnementales l’accroissement de la pollution et de la déforestation, ainsi que l’effondrement de la biodiversité. C’est sur ce message anti-libéral que se sont développés une multitude de nouveaux partis classés à la gauche radicale, tels que La France Insoumise en France, Die Linke en Allemagne, Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, et dans une moindre mesure les « Democratic Socialists of America » portés par Bernie Sanders aux États-Unis.

  • Une poussée du nationalisme répondant à des angoisses identitaires

Au cours des dernières années, l’augmentation des flux migratoires des pays du Sud vers ceux du Nord a mis à l’épreuve la cohésion des sociétés dans les pays développés. L’immigration a fortement polarisé le débat public en Europe et aux Etats-Unis, laissant émerger 2 visions qui s’opposent de plus en plus violemment.

Pour certains, l’immigration doit être considérée comme une opportunité de sauver des individus en situation de précarité, qui pourront par la suite s’intégrer à la nation, contribuer à la vie du pays et à l’économie. Pour d’autres, les migrants sont vus comme des parasites prêts à « voler le travail » des européens, qui refusent de s’intégrer et veulent imposer leur mode de vie, et qui constituent donc une potentielle menace de l’intérieur.

La crise migratoire de l’année 2015 en Europe a cristallisé les tensions. La guerre civile en Syrie et la pauvreté dans les pays du Maghreb et d’Afrique subsaharienne ont poussé des milliers de personnes à tenter la traversée de la Méditerranée pour l’Europe. Les arrivées de réfugiés ont été largement médiatisées, et leur prise en charge par les États s’est faite difficilement, conduisant à la formation de camps de migrants comme à La Porte de La Chapelle à Paris, ou dans ce que l’on appelle la « jungle de Calais ». Cette situation a conduit un certain nombre de réfugiés vers la délinquance, contribuant à créer un sentiment d’insécurité physique.

D’autre part, la question de l’intégration  pose également problème. La plupart des réfugiés européens proviennent de pays du Proche et Moyen-Orient, où la langue majoritaire est l’arabe et la religion dominante l’islam. Si une bonne partie des immigrés réussissent à s’intégrer dans leur nouveau pays, d’autres se refusent à accepter les valeurs et les lois de leur nouveau territoire, ce qui conduit à la guettoïsation de certains quartiers en banlieue des grandes villes. Ces lieux vont voir se développer un certain communautarisme, voire par endroits une radicalisation poussant certains vers le terrorisme islamiste.

Le fait que la plupart des migrants charrient avec eux une langue, une culture et des coutumes peu connues et mal comprises par les sociétés européennes contribue à créer à sentiment d’« insécurité culturelle » notamment chez les classes populaires. Le rejet de ces nouveaux arrivants va renforcer un nationalisme identitaire faisant la promotion d’une fierté patriotique exacerbée. Ce nationalisme va se nourrir des discours politiques anti-migrants de nouveaux partis et de nouvelles personnalités d’extrême-droite qui vont alors gagner en popularité et en poids électoral. On peut citer le RN en France, l’AfD en Allemagne, le FPÖ en Autriche, Vox en Espagne, UKIP au Royaume-Uni, la Ligue du Nord en Italie, l’UDC en Suisse, le PVV aux Pays-Bas, et ainsi de suite.

En plus de partis institutionnels, des groupuscules d’ultra-droite vont également se former, privilégiant une action violente contre les musulmans. Ils s’appuient en grande partie sur la thèse du « grand remplacement » popularisée par l’écrivain français Renaud Camus à partir de 2010, selon laquelle les élites politiques dirigeraient secrètement un processus de remplacement de la population française et européenne par une autre venue d’Afrique. Cette thèse, bien que réfutée par la grande majorité des chercheurs en démographie, est devenue très populaire dans les milieux d’extrême-droite. Elle a d’ailleurs inspiré les groupes néonazis aux États-Unis, ainsi que le suprémaciste blanc responsable des attentats islamophobes de Christchurch en Nouvelle-Zélande le 15 mars 2019, qui ont fait 51 morts et 49 blessés.

  • La démocratie libérale face à des critiques contradictoires

Le modèle de la démocratie libérale fait aujourd’hui face à une crise profonde. Sa légitimité est remise en question par 2 types de critiques totalement contradictoires. Il est d’ailleurs fascinant de voir à quel point lui sont reprochés tout et son contraire.

D’un côté, plusieurs responsables politiques considèrent les institutions d’une démocratie libérale comme lentes, inefficaces, trop dans la discussion et pas suffisamment dans l’action. Cette logique a conduit dans plusieurs pays, malgré le maintien d’un processus électoral, à un affaiblissement des contre-pouvoirs, à un contrôle accru de l’État sur les médias, ainsi qu’à une censure de l’opposition.


En Russie, l’arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine a conduit à un renforcement de l’autoritarisme après les années Eltsine. Les principaux médias du pays sont désormais possédés par l’Etat russe, qui les utilise comme un moyen de propagande politique, et les médias indépendants doivent eux faire face à un harcèlement des autorités s’ils ne s’auto-censurent pas pour plaire au pouvoir. Un processus similaire s’observe en Pologne depuis l’accession au pouvoir de Jaroslaw Kaczynski, ou en Hongrie sous l’impulsion du Premier ministre Viktor Orban. Celui-ci a d’ailleurs théorisé la « démocratie illibérale » pour qualifier sa manière de concevoir une démocratie efficace.

Les démocraties anciennes sont également touchées. La Turquie, pourtant pays précurseur de la démocratie au Moyen-Orient,  est en proie à une poussée d’autoritarisme de la part de son président Recep Tayyip Erdogan. À l’issue d’un coup d’État militaire raté en 2016, le chef de l’Etat a prétexté la sécurité de l’État pour mettre en place des purges contre des journalistes, des penseurs, des philosophes ou de simples citoyens considérés comme dangereux pour le pouvoir. Même dans un démocratie bicentenaire comme les États-Unis, le président Donald Trump ne cesse d’employer un vocabulaire guerrier à l’encontre de ses détracteurs. Il a ainsi qualifié à plusieurs reprises les journalistes d’« ennemis du peuple », et considéré les responsables du Parti Démocrate de « traîtres ».

Dans une toute autre perspective, la démocratie libérale est également critiquée pour ne pas être une « vraie » démocratie. On assiste en effet à l’apparition de nouveaux mouvements politiques critiquant le principe-même de démocratie représentative et de délégation du pouvoir, contestant l’autorité des hommes et femmes politiques, et favorables à l’instauration d’une démocratie plus proche du peuple, voire d’une démocratie directe.

Ainsi, le mouvement des « gilets jaunes » né en octobre 2018 en France du rejet d’une taxe sur les hydrocarbures, va rapidement incorporer des revendications institutionnelles, dont la plus importante est le référendum d’initiative citoyenne (RIC). Cette idée vise à permettre aux électeurs de se prononcer non plus sur des personnes mais sur des projets, en permettant qu’une proposition réunissant la signature de 1% de la population française soit soumise à référendum. Dans son acception la plus large, cela pourrait concerner une réforme constitutionnelle, une proposition de loi, l’abrogation d’une loi, et enfin la révocation d’un élu.

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Ailleurs en Europe, le parti de gauche radicale Podemos en Espagne et le Mouvement 5 Étoiles en Italie ont entrepris d’organiser des conseils citoyens visant à ancrer la démocratie dans le quotidien. L’idée est de faire de la démocratie plus qu’un vote tous les 4 ou 5 ans pour des représentants qui n’auront aucune obligation de respecter leurs engagements.

La démocratie libérale est donc critiquée d’un côté parce qu’elle serait « trop » démocratique, et donc faible et inefficace, puis d’un autre côté car elle ne serait « pas assez » démocratique en permettant aux élus de passer outre l’avis du peuple.

Tous ces éléments nous montrent donc qu’une période est révolue, et qu’une nouvelle ère vient de s’ouvrir. Ces changements profonds puisent leur source dans les rancœurs, les colères et les angoisses des citoyens. Partout autour du globe, des peuples se révoltent, dans les urnes ou dans les rues, contre des systèmes politiques et économiques à bout de souffle.

Reste à savoir si ces bouleversements aboutiront à un nouvel ordre mondial basé sur de nouvelles valeurs, pour le meilleur ou pour le pire, ou s’il faut s’attendre à un désordre mondial tout aussi chaotique que le spectacle géopolitique actuel. Cette question sera sans doute au cœur des analyses géopolitiques de la prochaine décennie.

En tout cas, si ces 4 dernières années nous ont appris quelque chose, c’est qu’en politique, rien ne se passe jamais comme prévu. À méditer pour les échéances futures.

Maxime PEYRONNET


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