Noël à Idleb, province de Syrie

Des villages dévastés, des colonnes de fumée à perte de vue, ici et là, les dernières explosions font trembler le sol et surtout les familles sur les routes, fuyant leur destin. Ce n’est pas le début d’un film d’action mais bien la situation de la dernière semaine de 2019 en Syrie, depuis que les troupes du président syrien Bachar Al-Assad, soutenues par l’aviation russe, ont intensifié les bombardements dans la province d’Idleb.

Cette offensive participe au vaste mouvement de reconquête entamé par le régime de Damas à la fin de 2016 qui enchaîne les victoires sur la rébellion depuis cette date, et contrôle désormais plus de 70 % du territoire. Cette province d’Idleb est située dans le nord du pays, proche de la Turquie et est la dernière à échapper au régime syrien. Si cette province est bien contrôlée par les groupes djihadistes, le véritable problème est encore les 2.5 millions de civils présents sur la zone.

Le nombre de victimes varie selon les sources, mais dépasse aujourd’hui plusieurs centaines de civils tués, selon l’observatoire syrien des droits de l’Homme, et représente un exode massif de plus de 235.000 habitants de la région, selon l’ONU. Ce phénomène ne concerne pas que la Syrie, en effet celle-ci est appuyée par l’Iran. Un gouvernement syrien soutenu dans ses actions par des alliés, mais à qui le président étasunien Donald Trump a réclamé la fin du « carnage » dans la province d’Idleb.

La situation est d’autant plus urgente que la Turquie, qui a déjà accueilli 3.6 millions de réfugiés, refuse d’ouvrir ses frontières aux civils syriens. De surcroît, il y a deux semaines, au conseil de sécurité de l’ONU, la Russie et la Chine ont bloqué avec leur véto l’extension d’un an de l’aide humanitaire transfrontalière de l’ONU à quatre millions de Syriens, se rendant ainsi coupables selon Washington d’un véto « honteux ».

A l’origine de ce conflit, l’on retrouve la volonté omniprésente chez le dirigeant syrien Bachar Al-Assad de lutter contre le djihadisme voire même la montée de l’islamisme, en la présentant, comme son père, telle un rempart au bon fonctionnement du pays. De la même manière, les Assad ont perçu le potentiel de la cause palestinienne pour leur propre survie. Cette instrumentalisation au profit d’une laïcité apparente cache en fait de profonds déséquilibres qui vont bien au-delà d’un conflit religieux mais bel et bien social et humanitaire au sein du monde entier.

Pierre de Charette

Sources :

https://www.rtl.fr/actu/international…

https://www.20minutes.fr/monde/268270…

https://www.lemonde.fr/international/…

https://www.francetvinfo.fr/monde/pro…

Crédits photo : Muhammad HAJ KADOUR / AFP

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