Faire sa fête à la sur-urbanisation des villes littorales

À la recherche d’un sens pour l’urbanisation des villes littorales

Alors que les pires scénarios du GIEC (Groupes d’experts intergouvernementaux sur l’évolution du climat) prévoient une augmentation du niveau marin en moyenne de 26 à 82 cm d’ici 2100, une partie des littoraux européens risque de se retrouver fréquemment inondée sous l’effet conjugué des tempêtes, des pluies torrentielles et de la hausse du niveau de la mer.

Selon le CEPRI (Centre Européen de Prévention du Risque d’Inondation), en cas de montée du niveau de la mer de plus de 45 cm, ce serait près de 440 000 Européens qui seraient amenés à devoir quitter définitivement leur logement d’ici la fin du siècle. Les villes littorales essayent d’aménager leur urbanisme pour parer à ces risques, mais leur démarche globale peut sembler dénuée d’une cohérence de long terme.

Face à la montée du niveau marin et donc des risques de submersion, analyser la cohérence des actions des villes littorales semble essentiel. Pour illustrer notre propos et mieux comprendre l’urbanisation actuelle du littoral, nous allons prendre l’exemple de l’Île-Tudy, une commune du Finistère Sud dont une grande partie du territoire sera submergée d’ici 2100.

Une carte de l’Ile-Tudy, avec en rouge les zones qui seront d’ici 2100 submergées.

            Les nouveaux ouvrages n’ont cessé de fleurir sur cette presqu’île depuis 1945 (carte de gauche ci-dessus), alors que dans 50 ans, l’immense majorité des dernières constructions (datant des années 1990 principalement) se retrouveront sous le niveau des océans. L’Île-Tudy, comme toutes les communes côtières, sous l’impulsion de la dernière loi littoral (2005), a interdit les nouveaux bâtis en zone submersible. Pourtant les propriétaires des bâtis actuels peuvent rénover et étendre leurs habitats. Même si la mairie restreint les travaux dans les zones à risque, les propriétaires d’une maison en zone orange, par exemple, ont le droit d’étendre leur pièce de vie d’une 20m2 en direction de la mer, sachant que leur bâti se retrouvera 2cm sous le niveau de la mer d’ici 50 ans. Le manque de durabilité de ces aménagements urbains est flagrant.

            De plus, 76,6% des habitats de l’Île-Tudy sont des résidences secondaires: faire des travaux de rénovation conséquents sur des maisons occupées qu’une partie de l’année et qui seront inhabitables d’ici 2100 paraît incohérent dans le contexte climatique actuel. Les matériaux utilisés pour des travaux de rénovation ici n’auraient-ils pas une durée de vie plus importante ailleurs, ne sommes-nous pas en train de jeter à la mer des matériaux de construction?

               Face à ce gâchis apparent, un questionnement des communes littorales sur la durabilité de leur politique urbaine doit être imminent. Rechercher une pertinence dans l’urbanisation des villes littorales est essentiel. Même si beaucoup ont pris conscience des risques de submersion qui menacent les villes littorales, il faut pousser la démarche de manière à minimiser les dégâts économiques, matériels et environnementaux maintenant inévitables.

Salomé Trellu

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