Un espoir de justice enfin pour les victimes de la guerre syrienne

Le 23 avril dernier s’est ouvert en Allemagne le premier procès de l’histoire contre d’anciens membres du régime de Bachar al-Assad, actuel président syrien. Les suspects sont deux syriens qui, comme des centaines de milliers de Syriens depuis neuf ans, avaient fui leur pays, avant de rejoindre l’Allemagne où ils avaient demandé l’asile.

 C’est le principe de « compétence universelle » de la justice qui permet la tenue de ce procès inédit pour « crime contre l’humanité » dans un autre pays que la Syrie.

Le principal suspect est Anwar Raslan, 57 ans, ancien colonel de la Sûreté d’Etat. Il est poursuivi pour crimes contre l’humanité. La justice lui reproche d’être responsable de la mort de 58 personnes et de la torture d’au moins 4 000 autres, d’un viol, et d’un sévice sexuel aggravé.  Son présumé complice Eyad Al-Gharib, 43 ans, comparaît pour complicité de crimes contre l’humanité, cela pour avoir participé à l’arrestation de manifestants emmenés dans cette même prison.

Derrière ces arrestations se trouve l’engagement d’une vie ; celui d’Anwar al-Bunni, 59 ans, avocat et militant syrien des droits de l’homme, réfugié en Allemagne depuis 2014. Il travaille à collecter les preuves et les témoignages pour la tenue de procès hors de Syrie. Parmi ces éléments récoltés, le dossier César : 55 000 photographies de corps torturés et exécutés, des documents transmis par un membre de la police militaire syrienne ayant fait défection.

C’est donc ce militant qui, avec l’ONG Human Rights Watch, révèle la culpabilité de ces hommes en recueillant les témoignages des victimes des tortures systématiques, dont on connaît désormais le nom et l’histoire.

Cette ONG se donne pour mission de défendre les droits de l’homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Elle prend donc l’initiative de fournir l’identité de huit des victimes, en retraçant leur arrestation et leur parcours carcéral, sans manquer de pointer les causes de leur trépas : la faim, la maladie ou la torture.

L’homme à l’origine de ce procès, Anwar al-Bunni, estime que le combat contre les criminels ne doit pas s’arrêter là et s’étendre au monde : pour lui, « le temps de l’impunité est terminé ».

Pierre de Charette

Crédits photo : L’Humanité / Vadim Kamenka – Nadjib Touaibia

Sources :

  • France info : Syrie : le premier procès au monde des exactions imputées au régime de Bachar al-Assad s’ouvre en Allemagne
  • Le Monde : En Allemagne, le procès historique des tortures dans les prisons du régime syrien
  • Libération : En Allemagne, un procès historique pour deux tortionnaires du régime syrien
  • RFI : Ouverture du premier procès au monde sur les exactions commises par le régime Assad

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