Le cinéma aussi a le sens de la fête !

Le cinéma a beaucoup revêtu ses habits de fête. Entre soirées qui dégénèrent, apéros entre potes et javas au sommet de l’État, plongez dans l’univers très festif du septième art.

Copyright Warner Bros

Vous êtes inconsolables face à l’annulation des gros festivals de cet été ? Depuis le début du confinement, vous vous languissez de ne plus pouvoir inviter vos meilleurs copains pour des petites (ou grosses) soirées endiablées ? Qu’à cela ne tienne. Le cinéma regorge de cadres tous plus exotiques les uns que les autres pour nous aider à faire la bringue sans bouger de notre canapé. Du château de Versailles à une boîte de nuit, des plus hautes sphères du pouvoir à la maison familiale, c’est le moment idéal de replonger avec délice dans ces classiques ou ces œuvres moins connues du septième art.

Nombreux sont les films à avoir choisi la fête comme intrigue principale. Avec plus ou moins de succès. Le plus célèbre d’entre eux reste bien sûr La Boum, qui, en 1980, révèle la jeune Sophie Marceau, dans la peau de Vic, âgée de quatorze ans. Ses parents acceptent qu’elle se rende à cette fameuse boum, à laquelle tous les gens populaires du lycée participent. Qui n’a jamais rêvé d’embrasser son ou sa crush sur le doux air de « Dreams are my reality » ? Cette mémorable comédie romantique, bien qu’un peu niaise et surtout très sage, a été un véritable phénomène de société en enregistrant plus de 4 millions d’entrées à sa sortie en France.

À l’opposé, on retrouve un film comme Projet X, sorti en 2012, qui a aussi la fête pour thème central, mais traité d’une manière complètement différente. Ici, exit les coeurs d’artichaut et la soirée pyjama dans le salon bien rangé de papa et maman. Quand une bande de copains décide d’organiser l’anniversaire de l’un des leurs, ils sont à mille lieux d’imaginer la tournure que va prendre la soirée. L’objectif ? Les rendre populaires aux yeux des gens du lycée. Les parents laissent alors les clés de la maison à leur fils, Thomas, en lui précisant qu’il peut, grand max, inviter « quatre ou cinq personnes ». Plus rien ne semble interdit aux yeux des convives : alcool, filles, drogue, piscine, Mercedes… Tout y passe. Le slogan du film – « Une nuit pour entrer dans la légende » – devient tout à coup très concret. Néanmoins, beaucoup de spectateurs et de critiques cinéma ont pointé les problèmes que pose ce film : scénario mal écrit, acteurs peu convaincants, stéréotypes à la pelle… Allant jusqu’à, comme Télérama, écrire : « Projet X est à la cause féministe ce que la bombe nucléaire est au pacifisme ». Il n’en reste pas moins que Projet X a fait sensation à sa sortie et reste comme une référence pour toute une génération.

Dans le même registre, on retrouve Very Bad Trip. Dans ce film américain de 2009, porté par Bradley Cooper et Ed Helms, on assiste à l’enterrement de vie de garçon de Doug. Ses potes décident de l’emmener à Las Vegas, ville de l’extravagance et de la démesure où tout semble permis. Ils réservent une suite dans un des hôtels les plus luxueux de Las Vegas, le Caesars Palace. Là, ils passent la nuit à boire et faire la fête. Mais le plus drôle du film se passe le lendemain matin, quand ils se réveillent sans se souvenir de ce qui a pu se passer la veille. Doug, celui qui est censé se marier, a disparu. Stu, pourtant dentiste de profession, a perdu une dent. Sans parler du bébé retrouvé dans un placard et le tigre croisé dans la salle de bains. En tentant de passer outre leur gueule de bois, Stu, Phil et Alan partent à la recherche de celui qu’ils doivent marier… dans moins de 48 heures. Une comédie par moment hilarante, qui réserve quelques surprises, et qui renouvelle le genre de la fête au cinéma.

S’en sont suivis deux autres opus, en 2011 et en 2013, toujours aussi drôles quoiqu’inégaux. Dans le deuxième volet, la bande de potes est de retour pour de nouvelles aventures, cette fois à Bangkok, où l’histoire semble se répéter : qui dit grosse soirée bien arrosée dit lendemain compliqué. Et, « puisque l’Histoire se répète deux fois », Doug est une nouvelle fois introuvable. Le troisième film de la saga est nettement moins réussi, porté par un scénario plus faible qui tourne en rond.

Un autre film à voir traite peu ou prou de la même histoire : American Pie. Surpris par ses parents alors qu’il traîne sur des sites pornos, Jim prend les paris avec ses copains : être dépucelé avant l’obtention de leur bac à la fin de l’année. Au total, pas moins de quatre opus ont été réalisés, de 1999 à 2012. À chaque fois, des scènes de fêtes à gogo où alcool et sexualité font souvent bon ménage. On se laisse porté par l’énergie des acteurs et les situations souvent très comiques dans lesquelles ils se trouvent. Cela est d’autant plus vrai qu’il n’y a pas de baisse de régime entre le premier et le dernier opus : tout reste un régal.

Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, fête ne rime pas forcément avec comédie au cinéma. De nombreux films, davantage proches du drame, ont pourtant choisi la fête comme thème central. À commencer par The Party, film assez méconnu de 2017, qui mérite pourtant le détour quoique très bref (il ne dure qu’une heure et onze minutes). Fraîchement nommée Ministre de la Santé dans le shadow cabinet travailliste, Janet ressent une joie immense et décide de le fêter chez elle, a priori très sobrement, avec son mari et quelques amis. La grande force du film est d’avoir su construire des personnages en piochant parmi toutes les caractéristiques possibles du genre humain. S’entremêlent une coach de vie et son mari, deux femmes en couple dont l’une attend des triplés et un banquier drogué, dépressif et armé… Bien sûr, rien ne se passe comme prévu et, comme on s’y attend dès les premiers instants de ce film dans lequel tout va très vite, la soirée dégénère. Dans un cadre presque théâtral, – les scènes se déroulent à huis clos dans l’appartement londonien du couple -, le scénario n’a rien de bien original mais on se laisse charmer par des personnages atypiques.

Un peu plus sombre encore, La nuit nous appartient a quelque chose d’hypnotisant. Nul besoin de préciser que dans ce polar, la fête n’occupe pas une place primordiale. Le génial Joaquin Phoenix, alias Bobby, est propriétaire d’une célèbre boîte de nuit à New York qui sert de plaque tournante à un réseau de dealers. C’est là qu’il a rencontré la convaincante Eva Mendes, avec qui il file le grand amour. Mais le hic c’est que le père et le frère de Bobby sont flics, rattachés au service des narcotiques. Dans ce film assez noir, on apprécie les scènes d’insouciance et de fête immodérée où la soirée bat son plein, au rythme de la célébrissime Blondie et de son tube « Heart of glass ». Mais quand, en pleine ivresse de la nuit, la police débarque, la soirée bascule.

Dans une ambiance différente, on retrouve Marie-Antoinette, chef-d’œuvre de Sofia Coppola. Là encore, la haute société se retrouve autour de plats tous plus gourmands les uns que les autres. Vraie provocation pour un peuple en colère qui s’apprête à mener la Grande Révolution, période fondatrice s’il en est. Marie-Antoinette, brillamment interprétée par Kirsten Dunst, trouve dans la fête un exutoire à sa vie morne, plate et rigide. Face aux nombreux interdits imposés par son statut d’épouse du roi, elle chérie l’ivresse que lui offre les soirées au château. Dans un cadre somptueux – l’équipe du film a eu l’autorisation exceptionnelle de tourner au château de Versailles -, on replonge avec délice dans une ambiance historico- romantique où le rose bonbon côtoie les dorures du palais. « C’est Versailles sauce Hollywood », juge pour sa part l’historien Jean Tulard.

Dans la même idée, Baz Luhrmann a réalisé en 2013 le très beau Gatsby le magnifique. Dans la droite lignée de Roméo + Juliette qu’il signait en 1996, le réalisateur propose cette fois de suivre le parcours de Gatsby, joué par le très chic Leonardo Di Caprio, dans un rôle imaginé presque sur-mesure. Jeune millionnaire, Gatsby vit dans une très luxueuse villa new-yorkaise où s’enchaînent les invités, tous bien propres sur eux, pour des soirées mondaines. Entre deux coupes de champagne, le film dresse une critique acerbe de la bourgeoisie pour qui aucune limite n’existe. La musique, fracassante, se conjugue à des danses très frénétiques dans une ambiance presque aveuglante. À travers des tenues de soirée très élégantes, des dialogues irrésistibles et alors que l’alcool coule à flot, on décèle quelques pointes de nostalgie et de mélancolie.

Cette liste n’est en rien exhaustive : impossible de relater l’ensemble des films qui traitent de la fête. La sélection se veut volontairement subjective.

Marceau Taburet

Photo de couverture : http://www.ungrandmoment.be/babysitting/

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