Ramadan et confinement

Beaucoup de françaises et de français regardent leur calendrier pour savoir quand le déconfinement commence. Nous y sommes, du moins en apparence. Mais le fait est que cette période de (dé)confinement à peine certaine nous fait oublier qu’elle croise un autre mois : le mois sacré de ramaḍān. Ce pilier de l’Islam dans lequel les familles musulmanes entament un jeûne intermittent sera particulier en cette année 2020. Comment les musulmans harmonisent ce contexte exceptionnel de crise sanitaire avec ce mois sacré dans lequel chacun est invité à se rapprocher, en termes de comportement comme en termes de pratiques, davantage de sa famille, de son prochain et d’Allah? Petite revue sur le déroulement du ramadan 2020 en France.

Il n’est pas inutile de rappeler en soi ce qui compose ce mois sacré. De l’aube jusqu’au coucher du soleil : abstention de boire, manger, fumer ou d’avoir des relations sexuelles. Bien sûr, des exceptions sont faites pour certaines et certains comme les personnes atteintes de démences, celles qui voyagent, les femmes enceintes et les enfants trop jeunes pour le supporter physiquement.

De lourds problèmes économiques se posent pour les mosquées qui sont fermées en ce temps de contrôle. Premièrement car c’est lors de ce mois sacré que les mosquées remplissent leurs fonds via les dons et les quêtes. C’est un principe de solidarité qui pour un pratiquant sérieux relève de l’évidence : dans certains lieux de cultes en France, c’est près de 80% du budget que constitue le don en ce mois sacré.  Les repas communautaires au sein des mosquées sont impossibles pour rompre le jeûne (iftar) et le sentiment commun de huis-clos devient de plus en plus pesant pour certains. Difficile de se rendre le vendredi soir à la mosquée pour prier. Donc on se débrouille : on prépare des plats le soir qu’on partage à son voisin au porte-monnaie troué; on se débrouille pour faire des dons numérisées; on aide sa propre famille dans les tâches ménagères lorsqu’on ne travaille pas; on lit. Le huis-clos auquel est soumis chaque pratiquant peut avoir un effet double : il peut rapprocher de la famille comme l’en éloigner.

La pratique religieuse au sein de cette religion se confronte alors à ce qui peut sérieusement la bouleverser aujourd’hui : l’ère du numérique. Prenons l’exemple de la prière. La manière dont on l’effectue au sein d’une mosquée est codifiée: les hommes et les femmes sont séparées dans différentes salles et l’imâm doit se positionner devant ceux qui prient. Comment tout cela est-il possible en ce contexte de pandémie internationale ? Encore une fois, on se débrouille sans innover : les prières sont faites chez soi, les imâms répondent aux téléphones pour les questions religieuses et les mosquées aujourd’hui essaient de préparer des paniers-repas aux nécessiteux pour combler l’impossibilité des repas communautaires.

Jusqu’au 23 mai, les musulmans soucieux de ce mois sacré doivent faire avec les moyens du bord… ce qui se corse lorsque l’on traite de la pratique religieuse. Il y a le dogme, et la capacité qu’ont certains et certaines à le suivre selon le contexte. La crise sanitaire pose la question.

Hamza Achouri

Sources :

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