Regards d’Outre-Mer : Mai 1967 en Guadeloupe, souvenirs d’outre-tombe.

Dans ce premier numéro de Regards d’Outre-Mer, nouvelle série que vous pourrez retrouver désormais sur le site du Grand Pari, nous réveillerons les souvenirs secrets d’outre-tombe d’une terre meurtrie par une série de crime qui a vu le sang de ses enfants coulé bien trop de fois en bien trop grande quantité.

Tout commence le 20 mars 1967, lorsque Vladimir Srnsky un riche européen blanc, propriétaire de l’un des plus grand magasin de chaussures de la Guadeloupe à Basse Terre se rend coupable de ce qui est qualifiable au plus bas des mots d’un crime raciste. De fait, ce dernier qui se révèle être par ailleurs responsable de l’antenne basse-terrienne de l’UNR (le parti gaulliste) lâche son berger allemand sur Raphaël Balzinc, un vieux cordonnier noir et infirme qui souhaitait exercer devant l’établissement de ce français originaire de Tchéquie. Les témoins de cet assassinat rapportent qu’avant d’envoyer l’animal sur sa victime, Srnsky le harangue en lui hurlant « Dis bonjour au Nègre ! ». Si le malheureux est aussitôt secouru par la foule, le meurtrier ne s’arrête pas en si bon chemin et argue la foule autant choquée que scandalisée de se lever pour le défier. En réaction quasi-immédiate les 20 et 21 mars, le magasin est mis à sac puis incendié, le propriétaire des lieux prend la fuite à temps pour ne pas subir le même sort que sa victime mais cette fois par une foule pleine de haine et du désir de vengeance. Dans la nuit du 23 mars, c’est le frère de Vladimir Srnsky, propriétaire du magasin « Sans Pareil » à Pointe-à-Pitre qui subit à son tour la colère populaire, un groupe de personnes alors non-identifiées place de la dynamite sur la façade et la fait exploser. Pierre Bollotte alors préfet de la Guadeloupe, ancien fonctionnaire à Alger qui a vu la pratique systématique de la torture et d’exécutions condamne mollement ce meurtre, promettant que justice sera rendu. Cependant, il voit notamment dans cette action l’œuvre d’ « agitateurs » qui orchestrent les évènements dans le but de semer le désordre, Bollotte voit là une occasion idéale pour démanteler les mouvements indépendantistes locaux qui commencent à étendre une certaine influence. Il y a par-dessus tout la crainte que ces mouvements aient des rapports idéologiques mais surtout des liens directs avec Cuba, en plein cœur de la Guerre Froide. Des mesures sont alors prises, dignes d’une administration coloniale en perdition avec notamment l’interdiction de tout attroupement et de toute réunion, fermeture des débits de boissons, le quadrillage des villes de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre ou encore des arrestations à l’aveugle. Le mois d’avril voit quant à lui des procès en nombre ou des guadeloupéens arrêtés et emprisonnés lors des évènements sont présentés comme émeutiers et condamnés dans ce qui s’apparaîtra plus tard comme des parodies de procès.

Ainsi, si le mois de mars 1967 a vu son lot de troubles sur l’archipel de la Guadeloupe, c’est bien à partir de mai que comme l’écrit l’Humanité, « les quartiers et rue de Pointe à Pitre sont jetés dans l’effroi, les larmes et le sang ». Le 24 mai 1967, les ouvriers du bâtiment travaillant sur les chantiers Ghizoni-Zagella posent leurs outil et débutent un mouvement de grève sur la base d’une augmentation de 2% des salaires, le paiement des heures supplémentaires effectués, mais plus largement de meilleures conditions de travail, se rapprochant de celles dont peuvent bénéficier les travailleurs en Métropole. Le jour même des manifestations démarrent, les débrayages de chantiers se poursuivent les 25 et 26, date à laquelle des négociations sont censées être entamées. Ces négociations débutent bien que n’étant que de simples formalités tant les délégués patronaux n’ont aucune intention de répondre à la moindre des revendications. Aux alentours de 13h, un des syndicalistes sort du bâtiment de la Chambre de Commerce, s’approche de la foule de grévistes, grossie entre temps par des étudiants ou simplement des passants et leur livre une phrase qui a été prononcée d’une violence symbolique immense « lorsque les Nègres auront faim, ils se remettront au travail ». Ces infâmes mots sont l’œuvre de Georges Brizard, leader de la délégation patronale envoyée aux négociations face aux représentants de la CGT Guadeloupe. Cette fameuse phrase a pour naturel effet de raviver des tensions : des bouteilles en verre vides, des conques vides de lambis et des pierres sont jetés sur l’édifice. A partir de 14h30, le capitaine de police Rupin dirige le déploiement de CRS devant le bâtiment de la Chambre de Commerce alors qu’un autre groupe se place sur la place de la Victoire à Pointe à Pitre dans l’objectif de protéger la sous-préfecture. La police reçoit de la préfecture la mission d’évacuer en toute sécurité les délégations patronales et s’attire alors la colère de la foule. Pendant près d’une heure, les forces de police répondent aux jets des manifestants par des séances de matraquage, d’usage de gaz lacrymogènes et même de tirs à balles réelles. A 15h30, Jacques Nestor, jeune militant de 24 ans du GONG (un parti de gauche aux tendances indépendantistes) est tué par une balle tirée à l’aveugle par la police, la nouvelle de la mort de ce jeune bien connu des quartiers populaires pointois se diffuse dans la ville et déchaîne un nouveau niveau de colère, d’autant plus qu’entre 16h et 17h30, Georges Zadigue-Gougougnan âgé de 16 ans tombe mort dans la rue, touché d’une balle qui lui explose le crâne  et Harry Pincemaille décède quelques dizaines de minutes plus tard de ses blessures en route vers l’hôpital, tous deux victimes du début de ce qui va se révéler être un massacre mené par la police française. A 17h le couvre-feu est annoncé et appliqué par la police : un habitant guadeloupéen dans la rue est susceptible de se faire abattre s’il est surpris hors de son domicile. Pour le journal l’Humanité, un témoin de cette nuit de malheur se souvient et raconte « De nombreux camions de militaires se dirigeaient vers le centre-ville. Nous pouvions tout voir, mon père et moi, du 4e étage où nous habitions à ce moment-là… Vers 21 heures nous vîmes passer une mobylette conduite par un homme derrière laquelle se tenait une femme assise de travers… Au même moment apparut un camion avec des militaires assis à l’arrière sur des banquettes, qui au moment où le conducteur de la mobylette empruntait la voie qui menait vers l’actuel centre sportif, mitraillèrent les deux infortunés. Ils furent balayés par la rafale. Des cris résonnèrent dans l’immeuble : « ASSASSINS ! » Le camion hors de vue, des gens sortirent du bâtiment et ramassèrent les deux personnes. Un homme hurlait sans discontinuer « A l’assassin ! A l’assassin ! »… Sur ce le camion revint sur place et se dirigea vers l’escalier 26. Les pompiers sont intervenus peu de temps après, constatant la mort du conducteur avant d’emmener le corps et la femme gravement blessés vers l’hôpital…». Si la mort imminente n’attendait pas tous les guadeloupéens interpellés, ils se retrouvaient envoyés par camion dans les locaux de la gendarmerie ou de la sous-préfecture. Les témoignages de survivants décrivent de véritables centres de torture où on entre sans vraiment s’il sera possible de voir la lumière du lendemain, des centres où l’on signe de ridicules aveux falsifiés sous la pression physique et psychologique. Dans la cour de la sous-préfecture, des cadavres empilés les uns sur les autres. Les militaires les plus gourmands et avides de mort cherchent des survivants parmi ces tas d’hommes, de femmes et d’enfants de toute âge afin de les achever. Monsieur le Père Jasor tente de survivre, fait le mort des heures entières et livre plus tard : « Le corps d’un jeune homme revêche, semble-t-il, refroidit sur le mien, alors que je souffrais de plusieurs côtes cassées et d’un visage émacié ». Le lendemain le 27 mai, les lycéens de Baimbridge (le plus grand lycée de la Guadeloupe) accompagnés de d’autres jeunes contre les injonctions des officiels, entament une marche de 400 personnes du lycée aux Abymes jusqu’à la place de la Victoire en plein cœur de Pointe-à-Pitre devant la sous-préfecture. Une marche silencieuse jonchant les « voitures calcinées » et les « rues jonchées de gravas » mais où retentissent les slogans « CRS … SS » ou « Billotte Assassin ». Ce dernier donne comme ordre à ses hommes de charger la foule à la crosse de leurs fusils, de nombreux blessés seront à déplorer chez ces jeunes, ces enfants en ce jour. Les affrontements reprennent dans la journée entre militaires et citoyens, d’autres guadeloupéens meurent sous les balles de l’Armée Française. Les armes se taisent aux alentours de 17h lorsque le cortège funéraire de Jacques Nestor, tombé sous ces déferlantes de plombs, sillonne la ville et provoque l’émoi d’un peuple meurtri. Le 30 mai, les représentants patronaux des chantiers dont les travailleurs étaient initialement en grève sont forcés d’accorder non pas une augmentation des salaires de 2,5% mais de 25%. Pierre Bollotte le préfet est rapatrié le 12 juillet 1967 en métropole dans la discrétion la plus totale et affecté à un nouveau poste. Il continue sa carrière de préfet territorial en métropole, est nommé à la Cour des Comptes en 1982, tout en menant sa carrière politique dans le 16e arrondissement de Paris, dont il a été maire-adjoint sous l’étiquette du RPR. Vladimir Srnsky disparait bien aidé par l’Etat et aucune trace de lui n’est trouvé par la suite.

En février 1968, s’ouvre d’abord les procès à Paris devant la Cour de Sureté de l’Etat à Paris des nationalistes guadeloupéens retenus par les tribunaux comme « instigateurs politiques des évènements » avec comme principale charge le fait d’avoir « entrepris de porter atteinte à l’intégrité du territoire national en se livrant à des actes de propagande, ayant consisté à participer à la rédaction et à la diffusion d’écrits tendant à séparer la Guadeloupe de la France ». Des personnalités telles que Jean-Paul Sartre ou Aimé Césaire viennent à la barre pour dénoncer ces procès. Face à un manque (évident) de preuves, les juges ne doivent se contenter que d’une douzaine d’acquittements et de six peines de prison avec sursis. En avril de la même année, le procès des « émeutiers » s’ouvre au tribunal de Grande Instance à Pointe-à-Pitre avec au début 44 inculpés dont il ne reste que 25 dans le box des accusés. Parmi eux, on retrouve des étudiants, des pères de familles, des professeurs, des ouvriers, en général des individus bien éloignés de l’image de pointe du grand banditisme guadeloupéen présentée auparavant. Les chefs d’accusation sont particulièrement grave : «Incitation à l’émeute ou participation à attroupement armé, port d’armes, rébellion à agent de la force publique, coups et blessures volontaires, incendies, vols ». Il faut également rappeler que la totalité de ces 25 personnes ont été arrêté dans les jours et semaines suivant les émeutes sur de simple dénonciations, certains n’étaient même par présents à Pointe-à-Pitre le jour des faits mais ont été déféré devant le tribunal du fait de leur sympathie avec les milieux anticolonialistes. Aux procès, des centaines de témoins sont appelés à la barre, ils racontent la violence de la répression policière et l’atrocité de ce qu’ils y ont vu. Toute la défense des CRS repose pourtant sur le fait que ces tirs et l’usage de toute cette violence étaient impératives pour se dégager des jets des manifestants. Le commissaire principal Canalès, l’homme qui ordonne aux policiers le vendredi 26 mars 1967 de faire feu sur la foule Place de la Victoire est appelé à comparaitre mais ne donne aucun signe de vie. La faiblesse de l’accusation finit d’achever cette mascarade de procès : la quasi-totalité des prévenus repartent libérés sauf ceux emprisonnés pour vol et les membres d’organisations politiques associées à l’indépendantisme subissent des peines de prison avec sursis. Toutefois, ces procès ne jettent en aucun cas la lumière sur le caractère à donner à ces évènements notamment l’appellation de « massacre ».

Plus de cinquante en plus tard, on se questionne aujourd’hui sur le bilan de ces journées de mai 1967 en Guadeloupe. Si le premier rapport officiel de police fait état de simplement 8 morts, le ministre socialiste des Outre-Mer Georges Lemoine en 1985 annonce le chiffre de 85 morts. Ex-garde des sceaux, Christiane Taubira a avancé quant à elle le chiffre d’une centaine de morts lorsque certaines sources plus récentes ont pu parler d’entre et trois et quatre centaines de morts. Les archives de police relatives à ce massacre ont été classées secret défense pour 50 ans dès 1967. En 2016, une commission présidée par l’historien Benjamin Stora est chargée de fournir une « information et une vérité historique » sur les évènements de mai 1967 en Guadeloupe. Sur le nombre de morts et d’une manière générale le nombre de victimes, la commission écrit les mots suivants : « Les travaux de la commission n’ont donc pas permis d’établir un bilan humain incontestable des victimes des événements de mai 1967. Officiellement, l’État a dénombré huit morts mais ce chiffre est très contesté. Dans ce type d’affaires, l’établissement d’un bilan humain incontestable suppose de dresser une liste nominative des victimes. Or, en l’espèce, nombreux sont ceux qui avancent que des familles auraient elles-mêmes directement récupéré des corps sans prendre le risque de les déclarer par peur de représailles. Il appartiendrait donc aux éventuelles familles qui seraient concernées de se manifester, faute de quoi la connaissance ne pourrait pas progresser sur ce point ». Ces historiens cherchent ainsi à établir avec précision l’origine des trois jours d’émeutes à Pointe-à-Pitre, du début de la grève ouvrière, sa répression puis l’assassinat du syndicaliste Jacques Nestor. Les autorités, la police judiciaire ainsi que la DST (Direction de Surveillance du Territoire) jettent immédiatement une suspicion sur le GONG (Groupement d’Organisation Nationale des Guadeloupéens) pourtant déjà dissoute, l’organisation formant ici un parfait bouc émissaire. Cependant dans les conclusions du rapport, on peut lire que l’on parle dans ce cas « de toute façon d’un massacre au cours d’une manifestation, ordonné sciemment sur le terrain et approuvé par le gouvernement sous la présidence du général de Gaulle ». Ces derniers mots jettent ici une suspicion sur la volonté initiale même de classifier les informations relatives au massacre : de fait ces derniers pourraient prouver l’incorporation de membres des forces spéciales aux effectifs de la police classique. C’est également la première fois que la responsabilité du Général de Gaulle, alors chef de l’Etat est directement engagée, il aurait alors dû être informé du déroulement des évènements en Guadeloupe et aurait pu donner des directives pour le rétablissement et le maintien de l’ordre.

Mais alors qu’en est-il de l’effort de mémoire autour de mai 1967 ? Bien avant la publication du rapport, nombre d’associations et de cutoyens ont pu réclamé la vérité sur les circonstances, les véritables raisons de l’assassinat cautionné et protégé de guadeloupéens par la police française : ces associations sont regroupés au sein de « Kolèktif Doubout Pou Mé 67 ». Si la publication d’un nombre précis de morts est importante, le collectif précise qu’au-delà de ce nombre il est avant tout primordial d’obtenir « la vérité, la justice et les réparations liées à ce crime d’Etat ». Plus largement il subsiste cette idée que l’Etat doit reconnaitre un « crime colonial » en Guadeloupe dont il est seul responsable.

Agée de 20 ans à l’époque, la jeune Lise Robin, habitante de la commune de la Désirade me décrit aujourd’hui ce qu’elle se souvient être une « affaire de fusillade, une véritable guerre sur Pointe-à-Pitre », « on tirait sur les gens, il y a eu plusieurs morts bien que l’on n’ait jamais vraiment su pourquoi ni combien de personnes ont été tuées, on a cru qu’une révolution avait commencé ». Il s’agit maintenant de tenter d’analyser la société guadeloupéenne de l’époque pour y extraire les raisons qui peuvent expliquer une telle réaction de la part des habitants de l’archipel. Cette grève lancée par les ouvriers du bâtiment n’a pour commencer, rien d’anodine. En effet, l’économie guadeloupéenne de l’époque s’est de plus en plus détournée de l’agriculture notamment des champs de canne à sucre, des centaines de jeunes hommes de jeunes travailleurs arrivent de la campagne et cherchent des emplois dans la construction du côté de Pointe-à-Pitre ou des Abymes en Grande Terre ou à Basse-Terre, toutes ces villes étant dans une expansion urbaine. Ce système économique agro centré et héritier direct du passé colonial produit alors du chômage et de la pauvreté que les syndicats guadeloupéens tentent de combattre en cherchant à élever les conditions de vie et de travail sur le plan local. Selon le journaliste à France-Antilles François-Xavier Guillerm, le contexte de 1967 était plus que propice à une telle explosion entre le chômage dont a parlé plus haut, la crise sucrière ou encore les fermetures d’usine : « Il y avait aussi un contexte international : le GONG et le Parti Communiste Guadeloupéen étaient partis en janvier 1966 assister à la conférence de la Havane où ils font adopter une motion pour l’indépendance ». Par ailleurs les promesses de 1946 et de la départementalisation d’un nouveau statut offrant l’égalité de salaires ou les droits sociaux sont loin d’être respectés, le sentiment d’une immense inégalité dans le partage des richesses favorise la superpuissance de partis de gauche à tendance indépendantiste. De plus, les questions de partage de richesse et de leur inégalité d’accès se retrouve très proche de celle du racisme dans ces territoires où le passé colonial est visible partout, notamment sur la question foncière. La question de la réclamation ne se pose alors même pas tant il existe une tradition même après 1946 de répression de la contestation dans les territoires ultramarins, « les autorités administratives ont toujours eu l’habitude de réprimer les mouvements sociaux ultramarins par la violence et par les armes » rappelle Monsieur Guilherm.

Cyril Evuort

Sources :

https://www.humanite.fr/mai-1967-greve-et-manifestation-sanglante-en-guadeloupe-636569

https://la1ere.francetvinfo.fr/guadeloupe-mai-1967-massacre-aux-zones-encore-troubles-477125.html

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-anselme/blog/270516/guadeloupe-mai-1967-la-repression-sanglante

https://la1ere.francetvinfo.fr/commission-stora-evenements-1959-martinique-1962-guadeloupe-guyane-1967-guadeloupe-remis-son-rapport-419137.htmlhttps://www.liberation.fr/debats/2018/04/02/en-guadeloupe-mai-68-est-tombe-en-67-et-il-a-ete-occulte_1640535

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