Artefact ou l’insoutenable beauté de nos IEP

un article de Savannah Ruellan

Du vendredi 18 février au dimanche 20, la plus grande rencontre culturelle inter-IEP de l’année s’est tenue à Saint-Germain-en-laye. Près de 450 élèves venu.e.s de 8 IEP différents se sont rencontré.e.s et produit.e.s sur la scène du Théâtre Alexandre Dumas, à la CLEF et jusque dans notre IEP au cours de la parenthèse artistique de 3 jours que constitue Artefact.

Organisé par un comité plus que motivé et armé d’une patience et d’un sens de l’organisation à toute épreuve, Artefact 2022 s’est révélé être une véritable réussite malgré le contexte. En effet c’est dans un contexte pas tout à fait post-covid marqué par des grèves de train et l’arrivée d’une génération d’étudiant.e.s étranger.e.s à cet évènement qu’Artefact débuta.

Malgré le stress, l’attente et les problèmes de trains, vendredi autour de 13h le théâtre Alexandre Dumas s’est vu repeuplé de sciencepistes avides de se rencontrer. Une fois les étudiant.e.s réparti.e.s dans la salle par délégation et quelques chants d’IEP entamés, la directrice de Sciences Po Saint Germain-en-laye ouvrait le bal avec un discours d’inauguration amplement salué par les Sciences Po en présence. Puis les deux présidentes de la fédération organisatrice d’Artefact, Célia et Clémentine, déclaraient ensemble l’édition d’Artefact 2022 ouverte dans un tonnerre d’applaudissements et d’acclamations. 

Que dire maintenant des épreuves: de l’éloquence, du théâtre, de la danse, du chant et de la musique ? On pourrait dire, simple formulation journalistique que « les performances de théâtre, de danse rivalisaient de talent et de passion »… pourtant non, simple tournure de phrase éminemment fausse. Les étudiant.e.s qui se sont succédé.e.s sur scène n’ont pas fait de « performance » iels se sont pris.e.s au jeu ou sont resté.e.s concentré.e.s, se sont laissé.e.s entraîner par la musique ou par leur personnage, iels ont laissé leur voix s’envoler peut-être mais ils n’ont pas « performer ». Plus encore iels ont tout fait, tout tenté mais n’ont certainement pas « rivalisé », iels ont montré une fois encore, nous avons montré que l’art n’était pas une compétition, une note, un chiffre mais une émotion, un cri, une dissonance qui brave les interdits. 

Nous aurions voulu que cela dure, une semaine, un mois, une vie pourquoi pas à regarder les talents se succéder, à monter sur scène pour entendre à son tour les rires s’envoler. Pourtant dimanche est venu, avec son lot de fatigue et sa remise des prix « coup de coeur » décernés par un jury composé d’un membre de chaque BDA participant. Pour plusieurs catégories il y a eu deux coups de coeur, j’en retiens deux. D’abord la danse qui récompensa à la fois la délégation d’Aix-en-provence (pour sa prestation de Hip-hop hors normes et impressionnante) et la délégation de Strasbourg (pour sa danse contemporaine équilibrant technique et émotion sur fond rouge). De même le théâtre récompensait la troupe de Saint Germain-en-laye sur une dictature du bonheur en l’an 2089 dans un registre humoristique. Ainsi que la troupe de théâtre de Lyon pour un travail autour de la mémoire d’un barman sur fond de guerre froide dans un registre chargé en émotion. En somme des styles différents furent récompensés, comme complémentaires.

En marge de toutes ces belles productions artistiques, Artefact 2022 et plus généralement les événements inter-IEP constituent des moments de rencontres entre les différents Sciences Po. Et au delà du corporatisme que caractérise avant tout nos IEP, on finit par chanter les chants des autres écoles, et au moment de se dire au revoir on pleure de voir notre institut privé de tous ces nouveaux visages avec lesquels on a sympathisé. 

Et conclusion… l’art EST essentiel, notre survie en dépend, nous sciencepistes et pas artistes, étudiants simplement. Oui nous en avons besoin, besoin d’art, de culture, de musique, de chant, de danse, de poésie et pardessus tout de partage! En témoignent nos cris dans cette salle, nos cris résonnant, nos cris de vie face à la pandémie. Viscéralement nous en avons besoin et à l’instant où j’écris, la salle entière se lève, bras en l’air pour hurler le soutien de ceux qui sur la scène se produisent et la cohésion de ses IEP, de ces jeunes privé.e.s d’Artefact une année entière. Privé.e.s de printemps nous avons attendu, tapis sous la neige nous avons espéré et nous voilà plus épanoui.e.s que jamais.

Toujours je me rappellerai les cris, les chants et tous ces humains dont la voix et la joie jamais ne s’épuisent.

Je jette un dernier regard sur la salle, vidée de ses spectateurs.rices, vidée de son sens, de son essence en me demandant : comment a-t-on pu laisser telle salle se vider?

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